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« Occupy Wall Street » : des Français soutiennent le mouvement

Le mouvement des « indignés » américains prend chaque jour de l’ampleur. Mercredi, ils étaient environ 5 000 à manifester contre les inégalités à New York. Reportage.

« Tout est à nous, rien n’est à eux », brandit Stéphane au cœur de Zuccotti park, l’espace vert proche de Wall Street qui canalise la contestation depuis le 17 septembre. Sa pancarte est en français : cet artiste de 41 ans, venu au départ pour exposer à Minneapolis, se donne le rôle d’un « ambassadeur « . Le pays des grèves soutient le mouvement, et cet anarchiste tient à ce que les Américains le sachent.

Sarah et sa mère Monique, toutes deux en visite à New York, étaient elles aussi ravies de pouvoir « participer à ce moment historique » qui a rassemblé au moins 5 000 personnes au rythme des percussions. Les deux Parisiennes qui portent une stricte veste trois-quarts et un petit chapeau avouent ne pas être des habituées des manifestations mais soulignent tout de même « l’enthousiasme débordant des Américains ». Ceux-ci se livrent en effet à un véritable concours de la pancarte la plus amusante, les meilleures déclenchant des salves de rires et de compliments. Les manifestants ne cessent également de se prendre en photographie.

Si Stéphane parle de « convergence des luttes » et se réfère au printemps arabe et aux  » indignés  » espagnols, les Américains estiment, comme Lily, que  la situation est un peu plus compliquée. « On ne peut pas attribuer notre mouvement à autre chose qu’à la manipulation qui nous a été faite. » Halley, qui campe ici depuis le début du mouvement pense que « s’il y a une filiation, elle est plutôt à chercher du côté de celle des manifestations du Wisconsin » qui ont opposé en février les fonctionnaires au gouverneur républicain Scott Walker. Comme tous les manifestants, elle dénonce les inégalités, s’insurge contre les très riches 1 % de la population, qui accaparent tous les biens. Taxation des grandes entreprises et des très hauts salaires, emploi pour tous, un système de santé égalitaire et des frais de scolarité moins élevés : tous les manifestants sont là pour la même chose. Ils sont  » les 99 % « , comme ils clament en chantant, et ils souhaitent que leur voix soit entendue.

Un mouvement organisé

On dit les « indignés » désorganisés, mais ils font tout pour montrer le contraire. Des bénévoles distribuent dans le calme des tortillas gratuites, des containers recueillent les bouteilles et canettes recyclables, des branchements ont été installés pour recharger les téléphones et « rester connecté » . Il y a même des stands d’information installés sur des tables de fer à repasser. Deux jeunes projettent en temps réel sur un écran le nombre de messages de soutien sur Facebook. A 19 heures, on en comptabilisait 24 600.

Sur place, le nombre de participants est si important que l’on peut à peine circuler. Karyn et Danny se sont assis à l’écart de la foule. Ces deux quinquagénaires ont manifesté pour la première fois de leur vie et sont épuisés. « Le monde attendait que l’on fasse quelque chose » , expliquent-ils. « Les Américains auraient dû être les premiers à se bouger ». S’ils n’ont pas été les premiers, ils sont en tout cas bien décidés à faire changer le système, et pour cela, à occuper Wall Street le temps qu’il faudra !

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