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Saint-Barthélemy, la perle française des Caraïbes

Surnommée l’Île des milliardaires en raison des célébrités qui la fréquentent, la collectivité d’outre-mer de Saint-Barthélemy attire les touristes américains en quête de soleil et de culture française.

C’est un caillou volcanique de 25 kilomètres carrés, à plus de dix heures de vol de la France, et trois des Etats-Unis. En 1946, quand pour la première fois le pilote et aventurier français Rémy de Haenen y fait atterrir son biplace, il se pose entre un troupeau de moutons et un étang. L’île est alors un sanctuaire sans eau douce ni électricité.

Il en devint le maire pendant quinze ans et donna son nom à l’aéroport, dont la piste de 650 mètres fait face à la mer des Caraïbes. De petits avions à hélices s’y posent chaque jour dans un ballet d’allées et venues qu’interrompt le coucher du soleil.

La piste de l’aéroport Rémy de Haenen ne fait que 650 mètres de long. Les pilotes autorisés à s’y poser sont titulaires d’un permis spécifique. © Robert Dilworth

Les 180 000 passagers qui débarquent chaque année sur le tarmac sont des privilégiés. Pour rejoindre ce confetti marin, il faut passer par Saint-Martin, à vingt-sept kilomètres au nord-ouest. Cet isolement a entravé le développement de Saint-Barthélemy, avant de devenir son principal atout, lorsqu’elle s’est changée en destination de tourisme de luxe.

Les 27 degrés de l’air et de l’eau invitent à la baignade. © Robert Dilworth

Le milliardaire américain David Rockefeller est le premier à se rendre compte du potentiel de ce morceau de France. En 1957, depuis son bateau, il aperçoit la baie de Colombier à la pointe nord-ouest de l’île. Séduit, il s’y fait construire une villa sur un terrain de vingt-sept hectare, inaccessible par la route — il s’y rendait en yacht. Bientôt, les Rothschild et la jet-set new-yorkaise l’imitent. Saint-Barthélemy devient la destination la plus chic des Caraïbes.

Locaux, stars et touristes se mélangent sur la terrasse du Select, le plus ancien bar de l’île, ouvert depuis 1949. © Robert Dilworth

De la période de Thanksgiving à avril, les touristes viennent passer les mois d’hiver au soleil. Saint-Barthélemy est l’endroit en vogue pour fêter le réveillon du Nouvel An : la population y atteint alors les 17 000 (contre 9 500 personnes le reste de l’année). A l’occasion, des dizaines de yachts jettent l’ancre dans le port. La gastronomie et l’hôtellerie « à la française » attirent autant que le climat.

La marina de Gustavia, capitale de l’île, accueille en temps normal une trentaine de bateaux. © Space SBH

Les villages colorés et les plages étincelantes se succèdent le long des routes départementales sinueuses. Partout, la végétation est luxuriante : les plantes grasses, les cactus « à tête d’anglais » et les palmiers abritent tortues, oiseaux endémiques et iguanes. L’agriculture y est inexistante : tous les produits sont importés de métropole.

« Nous sommes quasiment victimes de notre succès : les gens apprécient la propreté, la sécurité et le développement harmonieux de l’île », constate Bruno Magras, président du Conseil de la collectivité. « Mais trop de développement gâcherait nos atouts et aboutirait à un désastre économique. » Si certains critiquent la « bétonnisation » de Saint-Barthélemy, 66% du territoire est classé en zone naturelle protégée et demeure non constructible.

Malgré le passage de l’ouragan Irma en semptembre 2017, l’œil non averti ne verra pas trace des dégâts causés par les vents car l’île a puisé dans ses fonds propres pour se reconstruire à une vitesse éclair.

Quelques cases traditionnelles, recouvertes de bois ou de chaux, ont été épargnées par les cyclones et par les projets architecturaux. © Robert Dilworth


=> Retrouvez notre dossier consacré à Saint-Barthélemy dans le numéro de septembre 2018 de France-Amérique.

  • L’île de St-Barth est paradisiaque ! On est joyeux et soulagé de voir le rétablissement de la vie normalisée et prospère au jour le jour là-bas après le menace de l’ouragan Maria et les cauchemars dans son sillage.

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