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Secrets d’histoire, la recette d’un succès

Les lundi 10 et 24 décembre, deux épisodes inédits de la douzième saison de l’émission Secrets d’histoire seront diffusés pour la première fois sur TV5MONDE. Après Christophe Colomb, J.P. Morgan, Andrew Carnegie et le marquis de La Fayette, découvrez les mystères qui entourent les vies de la reine égyptienne Néfertiti et de Jésus de Nazareth.

Présenté par Stéphane Bern, le programme dresse le portrait de personnalités historiques et de leurs époques, au moyen d’images d’archive, de reconstitutions et d’interviews filmées dans les lieux d’exception qui ont fait l’histoire. Une formule efficace, qui rassemble une audience internationale.


France-Amérique : Comment sensibiliser le grand public à l’histoire et à la vie de personnages issus de l’Antiquité ou du début de notre Ere ?

Stéphane Bern : Pendant longtemps, on a enseigné l’histoire à travers les grandes dates, les guerres et l’évolution des idées. J’essaye de la raconter par les personnages qui l’ont écrite et auxquels nous pouvons nous identifier. Il faut raconter leurs vies comme des histoires intimes, comme s’il s’agissait de gens que vous avez connu. Je veux donner une vision d’eux qui soit humaine, faite de chair et de sang, et capter l’intérêt du public à travers ces destins hauts en couleur. Je ne suis pas un historien mais un raconteur d’histoires ; c’est peut être ce qui fait le succès de l’émission. Ma méthode consiste à laisser parler les spécialistes. Je ne cherche pas à vulgariser l’histoire mais à la populariser et à la rendre accessible au plus grand nombre, dans le monde entier. A travers les destins de figures historiques, on peut faire le portrait en creux d’une époque et de ses mœurs.

Quelle est la recette de l’émission, dont le succès ne se dément pas depuis plus de dix ans ?

Tous les ingrédients d’une bonne histoire existent depuis la nuit des temps : l’amour, le pouvoir et l’argent. On n’attire pas des mouches avec du vinaigre ! Pour intéresser un public large, notamment les plus jeunes, il faut raconter des histoires sous un angle un peu « people ». On raconte aussi les événements depuis les lieux où ils se sont déroulés, surtout lorsqu’ils font rêver. J’emmène les téléspectateurs dans des lieux extraordinaires où il n’ont pas toujours l’occasion de se rendre. Il y a d’ailleurs 30% d’augmentation des visites dans les lieux du patrimoine que nous montrons dans Secrets d’histoireEnfin, nous essayons d’être le moins artificiel possible. Nous avons cessé d’utiliser des images tirées de films, qui peuvent créer confusion et anachronismes chez le spectateur, au profit de reconstitutions muettes qui permettent d’incarner les personnages et viennent étayer le récit des historiens.

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Stéphane Bern à Jérusalem. © Laurent Menec/SEP

Vous consacrez un épisode à la reine égyptienne Néfertiti. Que dit un tel personnage de son époque ?

Chaque épisode décline des thèmes de société : la médecine, l’esthétique, la gastronomie… Néfertiti, dont le nom signifie “la belle est venue” est l’une des figures féminines les plus fascinantes du monde antique. Elle nous raconte l’histoire de la beauté. En 1 300 avant notre ère, elle était déjà une femme politique associée à son époux Amenhotep IV. Ensemble, ils ont fait évoluer la société en créant une nouvelle religion, première tentative monothéiste qui a changé la face du monde. Son parcours prouve qu’à cette époque, les femmes pouvaient être les égales des hommes. A travers sa vie, on devine l’évolution de l’Egypte, de la religion, du rôle des femmes et du culte de la beauté.

Pour la seconde fois, un des volets du programme retrace la vie de Jésus. Pourquoi cette récurrence ?

Nous avons réactualisé notre épisode sur Jésus car des fouilles archéologiques ont été depuis menées à Reims, Saint-Denis et Jérusalem, autour de son tombeau et de la maison de ses parents en Galilée. La science avance aussi à grands pas : l’ADN et le carbone permettent de dater plus précisément les choses, ce qui nous oblige à revoir nos théories historiques et à les actualiser. La difficulté est d’éviter de tomber dans le catalogue de théories théologiques. Nous cherchons à raconter un Jésus de Nazareth historique, au plus près de la vérité des faits et des récits d’historiens, et à le confronter aux récits de la foi. On découvre par exemple que l’on peut célébrer la naissance symbolique de Jésus dans la nuit du 24 décembre, alors qu’il est certainement né au printemps.

Comment éviter les raccourcis et erreurs historiques ?

On nous reproche plus souvent d’être trop exhaustifs plutôt que de faire des raccourcis. L’émission se veut didactique sur la forme et très pointilleuse sur le fond. Les historiens spécialistes du sujet apportent des points de vue rigoureux. On les laisse s’exprimer, sans réduire leur propos. Et si nous ne parlons que de personnage illustres, c’est pour une question d’audience : Clemenceau intéresse moins que Louis XIV et Jésus attire plus de téléspectateurs que Monet.

 

 => L’épisode Néfertiti, mystérieuse reine d’Egypte sera diffusé pour la première fois sur TV5MONDE le lundi 10 décembre à 20h30 EST ; et Un homme nommé Jésus le lundi 24 décembre à 20h30 EST.

=> Découvrez le programme de la chaîne TV5MONDE.

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