Je m'abonne

Une Française centenaire à San Francisco

Le 22 octobre, Mélanie Girerd, résidente américaine depuis une quarantaine d’années, fêtait ses 102 ans à San Francisco. Rencontre avec l’une des doyennes des expatriés français aux États-Unis, à la vie bien remplie et au caractère bien trempé.

« Elle fait tout elle-même », constate son ami Alfred, un peu désemparé. Mélanie Girerd, 102 ans depuis un peu plus d’une semaine, bidouille toute seule son sonotone. « Ça fait « toc-toc » », soutient-elle. Elle enlève l’appareil, puis le remet. Difficile de conduire une interview dans ces conditions. Mais c’est elle qui décide, et il faut la suivre. « Elle est très indépendante », souligne son amie Suzanne.

Quelques minutes en compagnie de cette centenaire pleine de caractère suffisent à comprendre pourquoi sa longue vie a été jalonnée de succès. De simple fermière à Mimizan, dans les Landes, Mélanie Girerd a fini comme une vraie princesse, dans une demeure cossue de Nob Hill à San Francisco. Un vrai conte de fée où le prince charmant avait les traits d’un concessionnaire automobile américain. À l’origine partie pour de simples vacances chez des amies à San Francisco, Mélanie se voit offrir un emploi de bonne chez un particulier, alors qu’elle déposait de l’argent à la Bank of America. Elle avait alors 50 ou 60 ans – sa mémoire lui fait défaut – et une vie professionnelle déjà bien remplie à Bordeaux et Nice, où elle fabriquait des chapeaux. Mais, prise de court, et tentée par l’aventure, elle accepte. Son charme et son esprit conquirent son employeur, qui un genou à terre, finit par lui demander sa main. Une demi-heure plus tard, ils s’envolaient pour Las Vegas concrétiser leur union.

S’ensuivit une vie de dîners mondains, de voyages et de cadeaux dont l’amoureux époux n’était pas avare. « Il ne voulait plus me quitter ! », s’exclame-t-elle, encore surprise de la chance qui n’a cessé de l’accompagner. « Tout me réussissait », constate-t-elle, simplement. Aujourd’hui veuve, Mélanie n’est pas pour autant isolée. Entourée d’une poignée d’amis pour fêter – en retard – son 102e anniversaire, elle affirme être heureuse malgré la fatigue physique. Elle a personnellement choisi le champagne pour l’occasion, du Moët et Chandon. « J’en ai essayé beaucoup d’autres, mais celui-ci est le meilleur », déclare l’amatrice de bonne chère qui croque à pleines dents un toast de foie gras. Son secret de jouvence ? Du vin rouge, à chaque repas. Au moment de partir, ses proches nous disent à bientôt. « On risque de vous revoir pendant encore 5 ou 10 ans », glissent-ils, confiants dans la vitalité de leur amie centenaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related

  • L’art de jouer en françaisL’art de jouer en français Agathe Azzis, une mère de famille francaise installée à  San Franciso,  propose aux Franco-Américains âgés de 5 à 10 ans des camps de familiarisation avec la littérature enfantine […] Posted in Education
  • Silicon Valley, la matière grise de l’État doréSilicon Valley, la matière grise de l’État doré Territoire informel aux frontières floues et mouvantes, la Silicon Valley continue à attirer les cerveaux du monde entier. Dans ce flux d'innovation constante, les Français ont su se faire […] Posted in Education