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Varda par Agnès : le dernier documentaire

Dans ce documentaire autobiographique réalisé en 2018, la cinéaste emblématique de la Nouvelle Vague, disparue le 29 mars dernier à l’âge de 90 ans, retrace une dernière fois sa vie et son œuvre. A découvrir en salles américaines le 22 novembre.

« Je disparais dans le flou, je vous quitte. » C’est sur ces paroles prémonitoires et sur l’image d’Agnès Varda s’estompant, emportée dans une tempête de sable sur une plage de Normandie, que s’achève son dernier film. Dans ce testament artistique conçu comme une leçon de cinéma — elle préfère parler de « causerie » — Varda nous ouvre les portes de son univers créatif.

Nous l’écoutons revisiter sa carrière en s’appuyant sur des extraits de ses œuvres et des images d’archives, parfois iné-dites, comme les rushes de son premier film, La pointe courte, tournée à Sète en 1954. Elle évoque la Nouvelle Vague (Cléo de 5 à 7), son cinéma social (Sans toit ni loi) et ses débuts dans le documentaire, quand faute de moyens financiers, elle se contentait de filmer les gens de sa rue (Daguerréotypes).

Elle raconte aussi ses rencontres : les anciens du village de pêcheur qui lui ont appris à réparer les filets ; l’homme de théâtre Jean Vilar pour qui elle photographia le Festival d’Avignon ; Jacques Demy, son époux ; sa vie en Californie où Demy et Varda vécurent à la fin des années 1960 ; la rencontre avec les Black Panthers ; son « oncle d’Amérique » Jean Varda (Oncle Yanco) ; ses actrices fétiches (Jane Birkin, Sandrine Bonnaire) ; ses enfants.

Elle se souvient de ses combats féministes et de ses installations souvent cocasses : le mausolée de son défunt chat Zgougou (La cabane du chat), exposée dans le jardin de la Fondation Cartier ; ou l’installation de pommes de terre Patatutopia, présentée à la Biennale de Venise par Varda elle-même… déguisée en patate. Une joie de vivre qui lui vaudra le qualificatif de « vieille dame espiègle » par le Hollywood Reporter.

En 2017, Agnès Varda devenait la première réalisatrice à être récompensée d’un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Ses pas de danse sur la scène des Governors Awards avaient ravi le public. Peu après, elle décrochait l’Oscar du meilleur documentaire pour son film Visages, villages, coréalisé avec l’artiste JR. Et amusait à nouveau le tout-Hollywood en dépêchant des silhouettes à son effigie et en carton à un dîner auquel elle ne pouvait se rendre.

Inventaire non exhaustif, Varda par Agnès donne une cohérence à plus de soixante ans d’une carrière sans cesse renouvelée, marquée par une liberté de ton salutaire. Le film vient fermer la parenthèse d’un autre film autobiographique sorti en salles l’année de ses 80 ans, Les Plages d’Agnès (2008). Au revoir, Agnès.


=> Varda by Agnès (1h55) sort le 22 novembre au Film Forum et au Lincoln Center de New York et fera ensuite l’objet d’une sortie nationale.

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