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Week-end électrique au PS où le divorce Royal-Peillon semble consommé

Rappel à l’ordre cinglant d’un côté, attaque en règle de l’autre… Le divorce semble consommé entre Ségolène Royal et son ex-principal lieutenant, Vincent Peillon, pour qui la candidate du PS en 2007 s’est « disqualifiée » pour la présidentielle de 2012.

Visiblement bien décidée à reprendre la main sur son courant L’Espoir à gauche, la finaliste à la présidentielle de 2007 s’est imposée samedi à Dijon aux premières rencontres du rassemblement « social, écologie et démocrate ».

Au grand dam de l’organisateur, l’eurodéputé PS Vincent Peillon, qui l’a accusée de torpiller ses efforts en vue de promouvoir une nouvelle alliance allant des communistes au MoDem.

La présidente de Poitou-Charentes, qui n’a fait que croiser M. Peillon à Dijon, a tancé vertement son ancien bras droit, accusé d’avoir « commis une faute politique et un dérapage verbal qui ne doit pas se reproduire ».

« Tout naturellement, je reviens travailler dans mon courant », a-t-elle encore prévenu. « Personne ne va décider à quel endroit je dois être (…) et je serai là chaque fois que ce sera utile et nécessaire ».

En réponse, M. Peillon s’est montré plus définitif encore en affirmant dimanche sur Canal+ que Mme Royal ne « pourra pas nous faire gagner en 2012 » car elle « s’est disqualifiée » à Dijon.

« J’entends Ségolène Royal dire +je vais recadrer+. Mais il faut qu’elle se recadre elle-même ». « Je crois qu’elle voulait se recadrer dans un mouvement qui lui échappe », a estimé l’eurodéputé en rappelant qu’elle était absente de la première rencontre organisée en août à Marseille de « L’Espoir à gauche ».

Il l’a accusée d’avoir « abîmé » le rendez-vous de Dijon, ce qui « rend service à la droite ».

« C’est du théâtre de boulevard. C’est des portes qui claquent, des gens qui sortent par la fenêtre, qui rentrent par la cheminée », a d’ailleurs ironisé sur Radio J le ministre du Budget, Eric Woerth.

Le patron de l’UMP Xavier Bertrand a renchéri en se disant « effaré par un tel niveau de haine » au PS.

Ségolène Royal « fait un procès en infidélité » mais « la réalité, c’est que c’est nous qui (l’)avons soutenue », a encore déploré M. Peillon. « Tous ses amis s’en vont, Jean-Pierre Mignard (avocat), Dominique Besnehard (agent des stars) et nous-mêmes, nous prenons nos distances. Pourquoi ? Parce qu’en réalité, ses comportements ne sont pas bons ».

Mme Royal, en campagne dans les Deux-Sèvres pour sa réélection au Conseil régional, ne lui a pas directement répondu dimanche, se contentant de réaffirmer que « la politique, c’est rassembler, pas exclure ».

Mais son porte-parole Guillaume Garot est monté au créneau pour exiger, dans une déclaration à l’AFP, que « ces agressions verbales répétées contre Ségolène Royal cessent ».

Le malaise est bien réel chez les ex-partisans de Mme Royal, qui entendent plus que jamais voler de leurs propres ailes. Manuel Valls a ainsi regretté dans Le Journal du Dimanche qu’elle « continue de gâcher ce qu’elle représentait, au détriment des autres ».

« Elle est allée se donner en spectacle à Dijon en sabotant une tentative de dialogue des gauches, des écologistes et du centre », a-t-il asséné.

Arnaud Montebourg (PS) a regretté « le spectacle » donné par ces bisbilles tout en estimant que M. Peillon n’avait pas à « abattre la guillotine de cette manière » sur Mme Royal.

Tout juste revenu d’une mission en Corée du Nord, Jack Lang (PS), invité de TV5Monde/RFI/Le Monde, s’est lui dit « atterré par l’attitude » de Ségolène Royal, qui jette sur le PS « une certaine forme de discrédit ».

 

 

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