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France – Etats-Unis, quelle est la meilleure façon de boire ?

De nombreux parents français proposent du vin à table à leur enfant. Une tradition qui n’a pas que du bon. À l’opposé, Les Etats-Unis bannissent l’alcool pour les moins de 21 ans. Un juste milieu existe-t-il ?

Moi, ma première cuite, c’était avec papa. Une tradition bien française qui n’a pas que des bons côtés. Dans une majorité de familles françaises, c’est à la maison que les adolescents ont bu leur premier verre de vin, et donc leur première goutte d’alcool. “Aux alentours de 12-13 ans”, précise Bertrand Nalpas, directeur de recherche à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et spécialiste des addictions.

Depuis les années 80, l’apprentissage du boire se fait dans la famille. A l’époque, certains prônaient même une initiation à l’école, c’est une hérésie !” Longtemps, les scientifiques ont affirmé qu’ils valaient mieux commencer à boire avec papa et maman, plutôt qu’en soirée avec ses amis. Mais plusieurs récentes études tendent à prouver le contraire.

Reculer l’âge légal pour consommer de l’alcool à 21 ans, comme c’est le cas aux Etats-Unis, Bertrand Nalpas n’y est pas favorable. “Il y a cette notion d’interdit qui peut avoir l’effet inverse que celui recherché. Aujourd’hui, en France, c’est 18 ans. Mais le problème, c’est que ce n’est pas toujours respecté dans les bars et les supermarchés comme ça peut l’être aux Etats-Unis”.

Selon lui, il n’y a pas d’ailleurs de modèle, tout du moins sur le plan scientifique. “Il n’y a pas d’âge parfait pour goûter à l’alcool. Mais plus on commence tôt à boire, plus on est susceptible de devenir alcoolique.” L’encadrement familial pour les premiers verres de vin peut être une bonne idée, à condition de ne pas commencer l’initiation trop tôt.

Les jeunes, rois de la “défonce”

L’alcoolisme chez les jeunes est actuellement en pleine progression en France, notamment chez les filles. A l’image des rassemblements facebook qui ont parfois débordé, les jeunes boivent vite et beaucoup : c’est le binge drinking. “C’est aussi dû à une politique générale. Avant les Français buvaient plus souvent mais moins. Aujourd’hui parce qu’on ne touche plus vraiment à l’alcool au travail ou lorsque l’on va prendre le volant, on se saoule dès qu’on a l’occasion de boire. La consommation d’alcool est devenu occasionnelle et à fortes doses”.

Mais pour le sociologue, cette ivresse répétée est un effet de mode qui pourrait bien passer. “Il y a eu la génération ecstasy, la génération cannabis, aujourd’hui, c’est génération alcool”.

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