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Francis Perrin : “La grande force du théâtre de Molière, c’est son universalité”

Francis Perrin vient présenter aux Etats-Unis sa pièce Molière malgré moi, dont il est l’auteur, le metteur en scène et l’unique acteur. La pièce relate les quinze dernières années de la vie du dramaturge français, de son arrivée à Paris jusqu’à sa mort en 1673. Après une première date à New York le 4 octobre, Francis Perrin se produira à Boston, Los Angeles, San Francisco puis à Washington D.C. Le spectacle est joué en français, avec des sous-titres en anglais.

France-Amérique : Vous débutez le 4 octobre la tournée américaine de “Molière malgré moi”, comment est né ce projet ?

Francis Perrin : C’est un spectacle que l’on m’a proposé de faire en France, à la suite de la publication de mon livre, Molière, chef de troupe (éditions Plon). J’ai donné quelques représentations dans des festivals. C’est à ce moment qu’un producteur américain, Ross Mitchell, m’a contacté pour que je vienne jouer cette pièce aux Etats-Unis. C’était pour moi quelque chose d’insensé, je n’y croyais pas ! C’était un rêve d’enfance. C’est un cadeau et une vraie belle aventure qui commence.

Avez-vous adapté la pièce au public américain ? Y’a-t-il une autre façon de jouer quand on change de pays ?

Non. Je vais souvent voir des spectacles aux Etats-Unis ou en Angleterre, et même si on ne maîtrise pas la langue, on peut quand même être passionné par la pièce originale ! La seule différence notable est que le spectacle sera sous-titré en anglais, pour une meilleure compréhension du texte.

Molière incarne la France, sa culture. Est-ce que cet esprit français est exportable aux Etats-Unis, et susceptible de plaire aux Américains ?

Je pense que oui, parce que Molière, c’est avant tout une histoire. Dans ma pièce, je raconte les quinze dernières années de la vie de Molière, de son arrivée à Paris en 1658 jusqu’à sa mort en 1673. Je joue tous les personnages, je n’incarne pas seulement Molière, mais aussi sa troupe, Louis XIV, etc. Et puis surtout, la grande force du théâtre de Molière, c’est son universalité : il est encore joué dans le monde entier. Ses pièces ont su dépeindre la nature humaine, et des personnages qui montrent les travers de nos sociétés : Harpagon, Scapin ou les Précieuses Ridicules ne se démodent pas.

Quel est l’objectif, pour vous, de cette pièce ? Faire réfléchir sur la vie de Molière ? Faire rire les spectateurs ?

Tout à la fois ! Molière était un saltimbanque, mais surtout un génie. Son vrai talent est de décrire la vie des hommes à travers la comédie. Je trouve cela bien plus fort de faire réfléchir par le rire qu’en faisant pleurer. On apprend aussi beaucoup sur sa vie. Molière était un chef d’entreprise avant l’heure. Il a fait vivre 50 personnes, grâce aux pièces qu’il écrivait, grâce à son talent de comédien ou encore aux subventions données par le roi. Il a eu une vie formidable ! Et puis c’est un grand plaisir pour moi quand les spectateurs viennent me voir à la fin, et me disent qu’ils ne connaissaient pas ce pan entier de la vie de Molière.

Molière est connu pour avoir joué jusqu’à son dernier souffle, vous voyez-vous jouer encore longtemps ?

Je raconte cet épisode dans la pièce, lui n’est pas vraiment mort en scène, il y a fait un malaise puis est mort quelques heures plus tard… Mais je ne pense pas en arriver là ! J’ai bien sûr la passion du théâtre, mais je pense que je saurai m’arrêter avant.

Y’a-t-il des acteurs, des films américains qui vous ont marqué ?

Je suis un fan absolu du cinéma américain ! J’ai une salle de projection chez moi, où je projette mes films favoris, et beaucoup sont américains. Par exemple, La Vie est Belle, de Franck Capra avec James Stewart, est sans doute mon film préféré, je le regarde au moins 4 fois par an. C’est pour moi le chef d’œuvre absolu. J’aime aussi beaucoup Orson Welles et Martin Scorsese. Je suis également un grand adepte de séries américaines ; récemment, j’ai par exemple adoré la série True Detective (NDLR : série policière américaine diffusée en France depuis le 13 janvier 2014).

Vous êtes engagé dans la lutte contre l’autisme, dont votre fils est atteint. Voyez-vous une différence réelle de perception de cette maladie entre la France et les Etats-Unis ?

Bien sûr. C’est grâce à l’Amérique que mon fils Louis parle, vit normalement, est autonome. Si mon épouse et moi n’avions pas connu l’ABA (NDLR : Applied Behavior Analysis), méthode de lutte contre l’autisme née aux Etats-Unis, nous n’en serions pas là. Je suis redevable éternellement aux chercheurs américains qui ont permis de grandes avancées et qui continuent à faire progresser la recherche. Quand on voit les résultats de cette méthode sur mon fils, et sur d’autres enfants, on se dit qu’il serait bon qu’elle soit plus connue en France.

Dates de la tournée :

Le 4 octobre à New York au Florence Gould Hall

Les 5 et 6 octobre à Boston au Modern Theatre

Le 8 octobre à Los Angeles au Théâtre Raymond Kabbaz

Le 10 octobre à San Francisco au Théâtre du Lycée Français

Le 16 octobre à Washington D.C. à l’ambassade de France aux Etats-Unis

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