Subscribe
piaf-the-show-ad-anne-carrere-edith-carnegie-hall-new-york

François Hollande et Barack Obama chez le sage de Monticello

François Hollande a débuté lundi sa visite d’Etat aux côtés de Barack Obama pour célébrer le lien d’amitié entre la France et les Etats-Unis. Ils se sont directement rendus dans le domaine historique de Thomas Jefferson à Monticello, en Virginie.

Peu après l’atterrissage de l’Airbus de la présidence de la République, les hymnes français et américains ont retenti à Andrews, la base aérienne militaire de l’Air Force, située dans le Maryland. Des soldats détachés de plusieurs corps d’Armée ont composé une haie d’honneur le long du tapis rouge, déroulé pour le président français. Une délégation franco-américaine menée par François Delattre, ambassadeur de France aux Etats-Unis, et par Mark Taplin, chargé d’affaires ad intérim à l’ambassade des Etats-Unis à Paris, était présente au pied de l’avion présidentiel. Le chef de l’Etat français a été accueilli par Natalie Jones, la chef par intérim du protocole de la Maison Blanche, avant l’arrivée du président américain.

Monticello, symbole de l’amitié transatlantique

François Hollande et Barack Obama se sont ensuite envolés à bord d’Air Force One pour Charlottesville, en Virginie, où une visite de Monticello était organisée. Le domaine, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a précédemment accueilli la reine Elisabeth II en 1976, ou le dalaï-lama en 1993. C’est la première fois qu’un président américain en exercice visite Monticello avec le dirigeant d’un pays étranger.
Cette colline, située à environ 200 kilomètres de Washington D.C., est un beau symbole pour célébrer l’amitié franco-américaine. Thomas Jefferson, l’ancien maître des lieux qui fut ambassadeur à Paris de 1784 à 1789, est considéré comme le plus francophile des dirigeants américains. C’est moins le président des Etats-Unis qui est convoqué aujourd’hui que l’avocat, tout au long de sa vie, de l’amitié transatlantique.

Jefferson a apporté son soutien indéfectible aux idéaux révolutionnaires français. “L’arbre de la liberté doit, de temps en temps, être arrosé du sang des patriotes et des tyrans. C’est son engrais naturel” écrit-il à ce propos dans une correspondance. En 1796, les élites françaises ont considéré que l’amour de Jefferson pour la France trouvait son origine dans sa détestation du pouvoir colonial du Royaume-Uni. Une visite de Monticello permet de nuancer cette conclusion. Selon Hamilton, depuis son séjour parisien, Jefferson “buvait sans compter la philosophie française en matière de religion, de science, de politique”.

Sur les pas de La Fayette

Les traces de la francophilie de Jefferson sont visibles dans l’architecture, les collections de la bibliothèque et les arts exposés à plusieurs endroits de Monticello. Le dôme de la maison est inspiré de l’Hotel de Salm, le palais de la Légion d’honneur sur le bord de Seine. Cette forme emblématique est présente sur la face d’un nickel (5 centimes de dollar). Le buste de Jefferson, à l’entrée du Visitor Center, est l’œuvre du grand sculpteur français du XVIIIe siècle Jean-Antoine Houdon. Sur demande de Jefferson, Houdon a aussi réalisé la statue de marbre de George Washington située dans le capitole de l’Etat de la Virginie, à Richmond.

Des portraits de Voltaire et La Fayette, qui rendit visite à Jefferson le 4 novembre 1824, sont accrochés dans une pièce de la maison baptisée “galerie des dignes”. “Alliés, nous l’étions au temps de Jefferson et de La Fayette, alliés nous le sommes encore aujourd’hui […] amis nous le sommes pour toujours”, a déclaré aujourd’hui François Hollande.
Comme l’a noté l’historien Ran Halévi, “c’est l’œil fermement rivé sur l’Amérique que Thomas Jefferson aimait la France.” En proposant cette visite d’Etat à son plus ancien allié, Barack Obama doit certainement épouser ce même regard.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related