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French Legislative Election (2/6): Education

Les samedis 3 et 17 juin prochains, les Français résidant aux Etats-Unis et au Canada éliront leur représentant parmi dix-sept candidats*. Jusqu’au premier tour, France-Amérique publiera une série d’entretiens avec les candidats sur des thèmes chers aux expatriés : l’éducation, la santé, la consultation politique, la fiscalité et le retour en France.

Après avoir présenté les candidats, nous nous intéressons maintenant à leur programme éducatif. Les Lycées Français d’Amérique du Nord sont hors de portée pour la plupart des familles expatriées. Quelles mesures proposent-ils pour généraliser les bourses et en faciliter l’accès ? Nous publierons ensuite leur programme sur la santé le 26 mai, sur la consultation politique des expatriés le 29 mai, sur la fiscalité le 31 mai et sur le retour en France le 2 juin.

Christine Agathon-Burton (Union Populaire Républicaine) : « Je défendrai une meilleure adéquation du montant des bourses aux besoins des familles dans les Lycées Français, mais il faut aussi savoir qu’ils ne sont pas les seules structures existantes. Les programmes FLAM [Français Langue Maternelle], les écoles indépendantes et l’accréditation FrancEducation sont des alternatives à développer en prenant soin que les critères de qualification des établissements garantissent une éducation de qualité. Après recensement des besoins au Canada et aux Etats-Unis, je prendrai contact avec les écoles publiques locales pour promouvoir les programmes d’enseignement du français. Je soutiendrai les écoles indépendantes et inciterai les Lycées à partager leurs locaux le week-end. Le CNED [Centre national d’enseignement à distance] répondra mieux aux besoins des plus isolés et de ceux qui souhaitent un soutien supplémentaire. »

Vincent Boileau-Autin (indépendant) : « La question de l’éducation reste au centre des préoccupations des Français(e)s expatrié(e)s et donc des nôtres. Aussi, nous simplifierons l’accès à l’enseignement français pour tous(tes) et renforceront les bourses d’études attribuées aux familles les moins aisées. Cette aide apportera davantage de mixité et de diversité dans les filières françaises. En réponse à la pénurie de places dans ces écoles françaises, nous encouragerons la scolarisation des enfants français dans les établissements publics et généraliserons sur l’ensemble du territoire nord-américain le programme FLAM. Assuré par des associations extra-scolaires peu nombreuses, nous augmenterons l’enveloppe de subventions et les maintiendront au-delà de cinq ans. »

Yan Chantrel (Parti Socialiste) : « Je souhaite mettre en place un plan ‘Education française pour tous’ pour notre circonscription. Il y a un travail à faire pour maîtriser les frais de scolarité, établis sur des critères financiers précis, en imposant des règles de bonne gestion aux établissements. Je souhaite aussi élargir les conditions d’attribution des bourses scolaires pour que plus de familles des classes moyennes puissent accéder aux Lycées Français. Il faut pouvoir aussi mettre en place des partenariats avec les pays d’accueil comme cela se fait au Québec, c’est important de travailler main dans la main avec nos homologues canadiens et américains pour généraliser les classes bilingues publiques par exemple. »

Elise Desaulniers (Parti Animaliste) : « Le Parti Animaliste a choisi de ne se positionner que sur la question animale et sur les thématiques qui s’y rapportent. Je ne peux donc pas répondre à votre question. »

Arnaud Dumas de Rauly (A nous la démocratie !) : “L’éducation est l’un des soucis les plus importants des Français à l’étranger. L’enseignement français peut souvent être dispendieux. C’est pour cela que nous proposons de donner plus de latitude aux conseils consulaires pour l’attribution des bourses. Pour les familles de citoyens ne vivant pas à proximité d’un établissement français, nous souhaitons mettre en place une prise en charge des frais liés au CNED en tant que mesure complémentaire. Cette mesure est d’autant plus chère à mes yeux que c’est grâce à ce programme que j’ai pu revenir en France à l’âge de 13 ans et reprendre mon éducation sans accroc dans un établissement français.”

Fanny Etter (Ma Voix) : « Ma Voix est une expérimentation démocratique citoyenne qui, nous le pensons, permettra aux citoyen(ne)s de reprendre part à la table des décisions. Les député(e)s s’engagent, s’ils sont élu(e)s, à relayer les votes des citoyen(ne)s à l’Assemblée nationale ; votes qui auront eu lieu précédemment sur une plateforme numérique. »

Florent Fernandez (Parti Pirate) : « Il est vrai que les coûts de scolarité au Lycée Français de New York (32 950 euros) n’ont rien de comparable avec ceux de l’école française de Mananjary à Madagascar (242 euros). Il ne faut pas non plus préjuger des facilités que certains Français connaissent en vivant à l’étranger. Cependant, le Parti Pirate souhaite que l’accès à l’éducation soit garanti pour tous et gratuitement. Il faudra sans doute en passer par des nouvelles homologations de Lycée Français à l’étranger terin de permettre à tous de bénéficier du même niveau d’éducation. »

Denis Franceskin (Front National) : « L’Education nationale consacre presque 11 000 euros par élève en France quand l’Agence pour l’Enseignement Français a l’Etranger, dont dépendent les établissements français à l’étranger, consacre 1 500 euros par élève. Depuis quelques années, les frais de scolarité, en hausse constante, constituent une charge insupportable : en moyenne 4 500 euros par an. C’est pourquoi je proposerai le principe de gratuité de la scolarité pour les jeunes Français dans les établissements publics français à l’étranger, pour un accès au CNED facilité et la généralisation de l’éducation à distance (pour ceux loin de l’établissement ou en situation de handicap). »

Jocelyne Le Boulicaut (Europe Ecologie Les Verts) : « Encourager un rattrapage nécessaire des moyens à attribuer aux établissements. Augmenter le budget des bourses et réformer le barème d’attribution. Dans le cas d’un jeune en situation de handicap, le montant alloué pour la rémunération d’un(e) aidant(e) doit être en conformité avec les salaires en vigueur dans le lieu de résidence. Prix adapté lors de l’inscription au CNED, meilleure adaptation de l’offre. Faciliter l’arrivée des nouveaux(elles) enseignant(e)s et sécuriser le détachement des enseignant(e)s titulaires de l’Education nationale déjà en poste. »

Clémentine Langlois (La France Insoumise) : « Les Lycées Français d’Amérique du Nord, membres de l’AEFE [Agence pour l’enseignement français à l’étranger], sont des établissements économiquement indépendants qui ont passé une convention ou un accord avec la France. Ils accueillent une majorité de Canadiens et d’autres nationalités. Il n’est pas possible d’y proposer la garantie de la gratuité de l’enseignement. Néanmoins nous sommes en faveur d’un accroissement des subventions de la France à ces établissements, spécifiquement pour prendre en charge une partie des frais de scolarité actuels des élèves français qui y étudient. La déduction fiscale d’une partie de ces frais constitue aussi une piste intéressante. »

David Lawson (indépendant) : « Nos compatriotes doivent accéder à des enseignements en français en Amérique du Nord de même niveau qu’en France. Je négocierai l’augmentation du nombre et du niveau des bourses scolaires — la réduction de l’endettement national n’autorisera pas leur généralisation. J’agirai sur d’autres leviers : ajustement par les établissements français des frais de scolarité en fonction des revenus des familles et du nombre d’enfants scolarisés ; moyens supplémentaires pour notre diplomatie éducative et linguistique (plus d’établissements enseignant en français, subventions aux cursus bilingues, enseignants français supplémentaires, soutien de la francophonie au Canada) ; aides financières à la scolarité des employeurs français de la circonscription ; renforcement de l’enseignement à distance. »

Frédéric Lefebvre (Les Républicains) : « L’éducation reste une priorité. Je me suis battu contre la suppression de la prise en charge systématique des frais de Lycées et la baisse des bourses scolaires dans les Lycées Français. J’ai trois priorités : soutenir financièrement les parents qui scolarisent leurs enfants dans le système français (j’ai obtenu une remise à plat du système à l’automne, il faudra également augmenter les aides) ; maintenir les homologations pour les écoles bilingues dans les zones où le système éducatif français est absent ; développer les programmes FLAM et l’école du samedi en favorisant la mutualisation des ressources ou en offrant des enseignements à distance. J’ai investi 75% de ma réserve parlementaire dans l’éducation. »

Roland Lescure (La République en marche) : « Depuis la suppression de la PEC [prise en charge des frais de scolarité pour les lycéens], les frais de scolarité ont explosé et le système est devenu hors de portée pour la plupart de nos compatriotes. Nous redéfinirons les critères d’accès aux bourses scolaires afin que davantage de familles à revenus modestes et moyens puissent être éligibles. La prise en compte des biens immobiliers des familles devrait être réévaluée et ajustée au coût de la vie locale pour plus d’équité. Par ailleurs, dans les établissements conventionnés et partenaires, l’homologation sur critères pédagogiques pourrait être accompagnée de critères de bonne gouvernance et de bonne gestion pour éviter l’augmentation exponentielle des frais de scolarité. »

Julie Morel (Front de Gauche) : « Je souhaite renforcer et transformer le service public d’éducation nationale, pour transmettre à tous les jeunes la culture de haut niveau nécessaire à leur avenir. Dans les écoles françaises à l’étranger aussi, il est temps de rompre avec les logiques de privatisation et de relancer une politique publique d’éducation. L’école de l’égalité, à l’étranger aussi ! Tous les enfants de familles françaises doivent pouvoir accéder à un établissement français. Je souhaite développer le réseau d’établissements gérées par l’AEFE pour en finir avec le recours forcé aux établissements privés. Je souhaite développer les accords internationaux permettant la gratuité et les bourses. »

Laure Pascarel (Demain en Commun) : « Demain En Commun défend une école émancipatrice, gratuite, accessible à tou(te)s, permettant à chacun de devenir un citoyen libre et éclairé, capable de comprendre les enjeux du monde, de débattre, de s’engager et d’agir dans la cité. Ainsi, nous proposons de faire des Lycées Français en Amérique du Nord des lycées expérimentaux pour un autre modèle éducatif. Une convention avec les gouvernements américain et canadien est à mettre en place permettant une exemption d’impôts pour les familles avec enfants scolarisés. Nous proposons un développement significatif des bourses d’études et une allocation d’autonomie pour les jeunes, facilitant l’accès à la scolarité et au marché du travail. »

Damien Régnard (divers droite) : « Le réseau d’écoles ne répond plus aux attentes de nos concitoyens. Il faut adapter les critères d’attribution des bourses en fonction des coûts locaux. Je suis le seul candidat à promouvoir une refonte législative de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger, comme le recommande la Cour des comptes depuis plus de dix ans. L’Etat ne peut continuer à ponctionner dans la trésorerie des Lycées Français (plus de 100 millions d’euros pour 2017). Nous devons diversifier l’offre : programmes after school, français langue maternelle, écoles à charte, collaborations public-privé, etc. Je propose aussi la création d’un rectorat pour les Français de l’étranger pour mieux gérer les problématiques qui leur sont propres. »

David Sanchez (Nouvelle Donne) : « L’accès du plus grand nombre aux écoles françaises à l’étranger est une priorité. Ceci devra passer par une augmentation des dotations, qui ont été diminuées durant ce quinquennat de près de 10%. Selon le ministère des Affaires étrangères, la population des Français expatriés aurait augmenté d’au moins 11% pendant cette même période. Je compte lancer des négociations avec le gouvernement afin que l’augmentation soit de 20% pour revenir au niveau de 2012 tout en prenant en compte l’augmentation de la population. »

*Marianne-Ségolène Gindrey (100% Citoyens) et Balie Topla (sans étiquette) ont retiré leur candidature, la première pour des raisons de santé, le deuxième en raison de problèmes dans son matériel de campagne.

  • il semble que nombre de candidats ne sont pas familiers avec le fonctionnement des écoles sur le continent. Aucun ne parle du déconventionnement. De surcroît, parler de la PEC sans analyser la méthode de son financement est irresponsable.

  • Impossible d’avoir des établissements à gestion Aefe aux Etas Unis, la loi ne le permet pas. Les frais des parents ou le montant des bourses ne peuvent donc pas être maîtrisés sauf par des conventions.

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