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French Legislative Election: Clémentine Langlois (La France Insoumise)

Les samedis 3 et 17 juin prochains, les Français résidant aux Etats-Unis et au Canada éliront leur représentant parmi dix-sept candidats. Clémentine Langlois, candidate de La France Insoumise, nous parle de son programme.

France-Amérique : Présentez-vous. Qu’est-ce qui fait de vous la candidate idéale pour représenter les Français d’Amérique du Nord ? 

Clémentine Langlois : J’ai 44 ans et j’habite à Ottawa avec mon mari et nos deux filles de cinq et onze ans. Je suis entrepreneure dans le numérique, essentiellement dans le secteur santé-social. Je suis également la fondatrice d’une association africaine, Fongwama, qui développe des applications libres dans le domaine de la santé et de l’éducation. Je soutiens depuis plus de vingt ans les mouvements de gauche républicains et me suis engagée dans la France Insoumise aux côtés de Jean-Luc Mélenchon. En devenant député de la première circonscription, je m’engage à porter à l’Assemblée nationale les valeurs défendues par notre programme.

Les Lycées Français d’Amérique du Nord sont hors de portée pour la plupart des familles expatriées. Quelles mesures proposez-vous pour généraliser les bourses et en faciliter l’accès ?

Les Lycées Français d’Amérique du Nord, membres de l’AEFE [Agence pour l’enseignement français à l’étranger], sont des établissements économiquement indépendants qui ont passé une convention ou un accord avec la France. Ils accueillent une majorité de Canadiens et d’autres nationalités. Il n’est pas possible d’y proposer la garantie de la gratuité de l’enseignement. Néanmoins nous sommes en faveur d’un accroissement des subventions de la France à ces établissements, spécifiquement pour prendre en charge une partie des frais de scolarité actuels des élèves français qui y étudient. La déduction fiscale d’une partie de ces frais constitue aussi une piste intéressante. 

Quelles réformes proposez-vous pour faciliter l’accès aux soins pour les Français résidant en Amérique du Nord ?

Les expatriés ne bénéficient pas du système de protection français. Le coût de la santé les dissuade d’effectuer des consultations médicales préventives. Je propose que les expatriés français bénéficient à minima d’une visite médicale régulière locale en ce sens, financée par la France. Par ailleurs, les réformes du système de santé doivent mieux inclure les droits des Français à l’étranger, et les textes régissant les organismes mutualistes complémentaires doivent être moins contraignants, plus clairs et mieux appliqués. Enfin, le droit à la couverture santé par les Français à leur retour en France doit être mieux garanti, par exemple par l’extension de la CMU [Couverture maladie universelle] dans ce sens.

Comment comptez-vous améliorer la participation des Français de la première circonscription à la vie politique française, et notamment l’accès au vote ?

Conformément à notre programme, nous allons développer l’usage des technologies numériques et des plateformes collaboratives afin de développer la citoyenneté participative et de mettre en œuvre les valeurs de notre République. Chaque citoyen de notre circonscription sera invité via ces plateformes à participer au débat parlementaire national. Je mettrai le numérique au service des citoyens de notre circonscription pour qu’ils retrouvent leurs droits politiques de citoyen. Il est du devoir de l’Etat, de s’assurer ensuite de la bonne tenue des centres de votes afin de permettre aux citoyens d’exercer leur devoir dans les meilleures conditions.

Quelles réformes du statut fiscal des Français de l’étranger prévoyez-vous ?

Payer l’impôt sur les mêmes bases est un devoir et un droit. Contrairement à ce que nos adversaires laissent entendre, il ne s’agit pas d’une double imposition mais d’une imposition sur la différence entre l’impôt qui devrait être payé en France et l’impôt effectivement payé à l’étranger. Toute personne qui paie plus d’impôts dans son pays de résidence qu’elle n’en paierait en France ne sera donc pas assujettie à cet impôt. Ce qui est le cas de l’immense majorité des Français d’Amérique du Nord. L’imposition différentielle est un moyen de taxer les plus hauts revenus qui échappent à un impôt fort dans de nombreux pays et de lutter contre l’évasion fiscale.

Enfin, quelles mesures proposez-vous pour faciliter le retour en France des expatriés ?

Les Français qui rentrent en France doivent immédiatement retrouver leurs droits. Nous voulons faire en sorte que les Français qui reviennent de l’étranger puissent être immédiatement protégés des maladies et des accidents de la vie. Aujourd’hui, les démarches peuvent prendre plusieurs mois. Nous proposons donc leur inscription immédiate, sans délai de carence et sans condition de résidence, à la Sécurité sociale ou à la PUMA [Protection universelle maladie, l’ancienne Couverture maladie universelle]. En matière d’éducation, nous souhaitons favoriser l’inscription des enfants dans les établissements étrangers d’enseignement primaires et secondaires membres de l’AEFE [Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger]. Le cursus qu’ils y suivent garantit la continuité de leurs études dans le système français à leur retour.

=> Jusqu’au premier tour, les candidats répondront aux questions de France-Amérique sur des thèmes chers aux expatriés : l’éducation, la santé, la consultation politique, la fiscalité et le retour en France.

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