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Frenchy Le Freak, chic DJ de San Francisco

Frenchy Le Freak, DJ, producteur et promoteur de soirée, est une des personnalités les plus connues des night-clubs de la Baie. Installé depuis 10 ans aux États-Unis, le DJ français, qui a aussi mixé à Los Angeles, Las Vegas, New York ou encore Miami, profite à fond de sa vie américaine, sans jamais oublier la France et le Sud, où il a passé toute son enfance.

À l’été 2000, Wilfried Eisinger, Toulousain de 22 ans en vacances aux États-Unis, entre dans le bar le Butter de San Francisco pour prendre un verre avec un ami. Il a apporté avec lui quelques vinyles de France, où il pratique l’activité de DJ. « Le propriétaire a accepté de me laisser jouer trois ou quatre morceaux aux platines. C’était l’époque de la French Touch, Daft Punk ou Bob Sinclar étaient très à la mode… Tout le monde

était debout dans le bar et dansait, c’était la folie ! » raconte l’intéressé d’un ton enjoué, avec son bel accent du Sud. Sans le savoir, le jeune Wilfried vient de lancer sa carrière de DJ aux États-Unis et de gagner un nouveau nom de scène : Frenchy Le Freak.

« Frenchy », comme tout le monde l’appelle aujourd’hui, a grandi à Fonsorbes, un village de 5000 habitants à côté de Toulouse. Fils d’un électricien, il était destiné à reprendre la petite entreprise familiale. Mais sa passion pour la musique lui a donné de tout autres projets : « J’ai eu mes premières platines vinyles à 13 ans. Comme j’étais doué en électricité, j’ai bricolé ma table de mixage moi-même, en assemblant les composants dans un boîtier. » Comme un clin d’œil à son destin américain, « Frenchy » était déjà un self-made man. Durant son adolescence, il anime des boums et soirées de collège. « À l’époque, je jouais des morceaux que mon père écoutait : beaucoup de funk, du Depeche Mode, Serge Gainsbourg, du vieux hip hop français… »  Une expérience qui lui servira par la suite.

Des débuts américains difficiles
Jusqu’à son arrivée à San Francisco, « Frenchy », qui porte alors le nom de DJ Will, mixe dans des boîtes de Toulouse, d’Agen et du Cap D’Agde. Puis l’opportunité américaine se présente. « Après mon passage au Butter, le propriétaire m’a proposé de devenir leur DJ résident. Il m’offrait 200 dollars pour mixer tous les vendredis soirs de 20 h à 2 h du matin. À l’époque ça me paraissait beaucoup mais en fait ce n’était vraiment rien ! » s’exclame-t-il en riant. Plus que l’idée de venir s’installer aux États-Unis, il y voit surtout l’occasion de jouer ce qui lui plaît en soirée, contrairement aux boîtes de nuit françaises où « tout est trop contrôlé ».  Au Butter, il peut passer la musique house et électro qu’il affectionne.

Mais les trois premiers mois à San Francisco sont difficiles : « Je ne parlais pas un mot d’anglais. Avec mes 200 dollars par semaine je partageais une chambre dans un motel horrible. Il me restait 70 dollars par semaine pour manger. Au début, j’ai vraiment vécu à la dure. Je le cachais à mes parents pour qu’ils ne s’inquiètent pas. » Grâce à son expérience dans le bâtiment et l’électricité, il parvient finalement à gagner un peu d’argent. Au bout d’un an, il produit un CD qu’il distribue à des promoteurs de San Francisco. Sa carrière est lancée.

Tout est vraiment parti du bar le Butter, puisque trois mois à peine après son arrivée, le jeune Français rencontre sa future femme, américaine. « Je mixais un soir où elle était dans le bar », raconte-t-il. « Elle est venue me parler pendant dix minutes sans savoir que je ne comprenais pas un mot d’anglais ! À la fin, je lui ai dit qu’il fallait qu’elle parle plus lentement. Elle m’a quand même donné son numéro… » Ils sont mariés depuis huit ans et mènent une existence paisible dans la Baie d’Oakland.

L’art du DJ
« Frenchy » a une conception très précise de son métier . Selon lui, le DJ est un artiste dont le rôle est de faire découvrir de nouvelles musiques aux gens. « Je déteste quand on me demande de jouer tel ou tel morceau. On ne demanderait pas à un peintre de mettre telle ou telle couleur dans son tableau, » affirme-t-il. « Pour moi, un bon DJ c’est quelqu’un qui arrive à faire danser les gens sur des musiques qu’ils ne connaissent pas. Si un DJ joue tous les tubes qui passent à la radio, autant faire une soirée entre potes, c’est moins cher ! »

Le DJ français, qui passait quelques morceaux commerciaux au début de sa carrière,  a évolué vers une musique plus underground. Et surtout, une improvisation totale. « Quand je mixe, je ne sais jamais ce que je vais jouer le soir même. J’analyse quelles sont les personnes dans la salle. Par exemple, s’il y a plus de filles, je vais passer des morceaux chantés parce que c’est ce qu’elles préfèrent en général. » Ses premières expériences en France ont favorisé sa diversité musicale.

« Frenchy » a une autre passion : la cuisine. Un soir, à Las Vegas, il discute avec un chef français. Ce dernier lui avoue qu’il aurait aimé faire DJ s’il n’avait pas travaillé dans la restauration. L’échange est vite trouvé : « On s’est mis d’accord pour s’apprendre nos activités respectives et quand je suis parti, il m’a laissé sa carte… C’était Hubert Keller, le patron de Fleur de Lys ! (ndlr, restaurants très réputés de Las Vegas et San Francisco). » Une grande amitié est née. Le DJ côtoie aujourd’hui la plupart des chefs de San Francisco.

« My mind is American, mais mon cœur est en France »
« Frenchy » avoue que la cuisine française lui manque, tout comme le rugby ou les férias de son Sud natal. Il rentre en France tous les six mois, en été et en février. « Je n’aurais pas pu rester ici, si je ne retournais pas en France régulièrement. » avoue-t-il. « Je suis très famille et je ne pourrais pas m’en passer longtemps. Ici, j’écoute la radio française, je regarde la télé française… Comme je dis souvent : my mind is American, mais mon cœur est en France. »

Aujourd’hui, « Frenchy » a pour objectif de percer dans la production. Il voudrait continuer à mixer, mais déléguer tout ce qui concerne l’organisation des soirées, qui lui prend « énormément de temps ». Frenchy Le Freak est ainsi l’organisateur de l’after-party du Bastille Day de San Francisco, ou encore de la « Fireworks soirée » du nouvel an. Son rêve serait de pouvoir vivre quatre mois en France l’été, et de rentrer en hiver aux États-Unis. « Le 29 décembre prochain, ça fera 10 ans que je suis aux États-Unis. Je vais faire une grande fête avec tous mes amis. » Ça promet niveau cuisine et ambiance !

Liens :

Le site internet de Frenchy Le Freak

La page myspace de Frenchy Le Freak

La page facebook de Frenchy Le Freak

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