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Gérard Bertrand : le rugbyman devenu négociant en vin

Le chantre des vins du Sud de la France était mardi au restaurant Per Se à New York pour promouvoir sa gamme. Rencontre avec un géant.

« Les Américains aiment qu’on leur raconte des histoires », lance Gérard Bertrand, du haut de ses presque deux mètres. C’est peut-être pour cela que les bouteilles de l’ancien troisième ligne du Racing club narbonnais, aujourd’hui l’un des plus grands négociants en vin de France, plaisent tant aux Américains.

Les belles histoires, Gérard Bertrand en a plusieurs. Il y a d’abord celle de son père, Georges, également négociant. A une époque où le Languedoc était connu pour ses vins de table, où les vignerons faisaient « pisser la vigne » avec des rendements poussés à l’extrême, il était persuadé que des grands crus pouvaient naître en Languedoc. « Il avait 20 ans d’avance », insiste Gérard Bertrand. A 22 ans, lorsque son père décède, il reprend le domaine de Villemajou, tout en continuant le rugby. Il a depuis prouvé que son père avait raison. Les vins « Gérard Bertrand, l’art de vivre, les vins du Sud » sont aujourd’hui servis dans les grands restaurants comme ceux d’Alain Ducasse, ainsi qu’à Matignon ou à l’Assemblée nationale.

Celui qui a su faire monter le Stade français en groupe B en 1994 lorsqu’il était capitaine, met aujourd’hui son ambition et sa capacité de meneur d’hommes au service des vins du Sud. « Le Sud c’est entre Nîmes et Perpignan, précise-t-il avec l’accent narbonnais, le reste c’est le Sud-est ! » Un rien chauvin, il estime – cela fait-il partie des histoires qu’il aime à raconter – que c’est la meilleure région de France. Et d’insister avec conviction sur la qualité du vin, de la gastronomie, et surtout sur les paysages. Pour partager son amour du Languedoc, de son art de vivre et de ses vins, il a créé plusieurs festivals dans sa propriété de l’Hospitalet : l’art est mis à l’honneur en mai, le jazz en août et la truffe au mois de décembre.

Fier de son terroir, il est attentif à sa préservation. Le quart de ses bouteilles, soit 2 millions et demi d’unités, sont bio. « Il y a des régions où les gens font tout pour que rien ne change, explique t-il, une heure après avoir servi le même discours aux distributeurs américains. « L’histoire du bordeaux s’est écrite dès 1850, celle du bourgogne depuis le XIe siècle. Celle du Languedoc, elle, reste à écrire ! » Sa principale ambition : conforter son succès aux Etats-Unis. « C’est le premier marché au monde en quantité, et les Américains sont prêts à payer pour avoir de la qualité », ne cache pas l’homme d’affaires. Il vend déjà 400 000 bouteilles dans 45 des 51 Etats, mais ce n’est pas encore assez pour Gérard Bertrand.

Si son business ne fonctionnait pas aussi bien, on pourrait croire qu’il a la folie des grandeurs. En effet, en quinze ans, depuis qu’il a abandonné le rugby suite à une blessure au front, il est passé de 60 à 400 hectares de vignes sur six domaines différents, et de 5 à 65 pays d’exportation. La machine de communication est en marche. Le négociant, qui fait la moitié de son chiffre d’affaires à l’étranger, veut conquérir le monde.

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