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“Happn”, une application française pour géolocaliser l’amour à New York

Happn est la dernière née des applications de “dating” et a déjà séduit un demi million de personnes dans le monde en quelques mois. L’application française vient d’être lancée à New York, à l’attention des célibataires américains. A condition qu’ils acceptent d’être géolocalisés publiquement.

Il y a quelques mois était lancée à Paris un application déroutante, utilisant le système de géolocalisation de nos smartphones : Happn. Ses créateurs sont trois Français, Fabien Cohen, Didier Rappaport and Antony Cohen. Leur projet : offrir au marché de la rencontre en ligne un semblant de réalité et proposer une solution au problème de la “rencontre manquée”. L’application est un “coup de pouce pour engager une conversation. Elle a été créée pour les timides, pour savoir qui sont les gens qu’on n’arrête pas de croiser sans jamais les avoir rencontrés, et pour permettre aux personnes qui ont été au même endroit au même moment de se retrouver”, explique Marie Cosnard, porte-parole d’Happn.

Si vous avez un coup de foudre pour l’homme/la femme qui attend de l’autre côté du trottoir, Happn permet de retrouver son profil, à condition qu’elle soit inscrite sur le réseau. La timeline de l’application affiche les comptes de toutes les membres croisés dans un rayon de 250 mètres. Le lieu et l’heure de la rencontre sont précisés. Le profil comprend des photos, le prénom, la profession et parfois une biographie plus détaillée quand l’utilisateur prend le temps de la rédiger. La connection se fait obligatoirement via Facebook ; une volonté de rendre l’application rapidement utilisable et de récupérer les informations collectées par le réseau social via la mention “J’aime”. Les intérêts communs sont affichés de sorte à cibler les affinités sans passer par la case formulaire comme sur les sites de rencontre traditionnels.

500 000 personnes sont inscrites entre Paris, Berlin, Barcelone et maintenant New York. “Les New-Yorkais vont adorer Happn. Il  y a beaucoup de jeunes citadins connectés. Ils sont curieux de connaître les personnes qui les entourent et qu’ils croisent tous les jours lors de leurs trajets, au travail ou dans leur quartier, mais qu’ils n’ont pas le temps ou le courage d’aborder. Happn se prête très bien au style de vie urbain qui caractérise le quotidien des New-Yorkais”, ajoute Marie Cosnard.

L’hyper-géolocalisation pour donner un semblant de réalité

Pour engager une conversation, il faut que les deux personnes se soit mutuellement “likées”, comme sur Tinder. L’inscrit de sexe masculin peut acheter des crédits qui lui permetteront d’envoyer des “charmes” — autrement dit une demande de contact s’il n’y a pas une concordance — à la personne désirée, comme sur un autre site de rencontres à succès, Adopte un Mec. Happn utilise sans complexe les fonctionnalités d’applications et de sites de rencontre qui ont déjà fait leurs preuves, en y ajoutant l’outil de l’hyper-géolocalisation.

Génial ou effrayant, à l’utilisateur de se faire sa propre opinion. Le connecté en viendra parfois à scruter les alentours, afin de repérer cette personne juste à quelques mètres, que lui indique Happn. Petit bémol toutefois, la majorité des profils sont forcément ceux de gens que l’on a pas remarqué. Happn joue sur l’espoir du coup de foudre, ou sur celui de soulever l’attention de quelqu’un.

Concurrencer le géant américain Tinder

En 2013, le marché de la rencontre en ligne atteignait 1,3 milliards de dollars dans le monde. Il a fleuri au point de devenir un phénomène de société. Une étude récente du PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) montrait qu’un mariage sur trois aux Etats-Unis était le fruit d’une rencontre sur internet entre 2005 et 2013. Des sites par affinités, aux sites communautaires en passant par des sites spécialisés en infidélité, dans le domaine tout à été fait. Quand la cible est jeune, l’application mobile semble être le support le plus opportun. La génération des ultra-connectés apprécie ce qui est simple et rapide.

Le précurseur en matière de simplification est Tinder, une application née en 2012 à Los Angeles et basée sur le concept de la notation de photos, comme cela se faisait sur Facebook à ses débuts. Il existe dans la même veine Grindr pour les homosexuels. Ces deux applications américaines à succès utilisent déjà la géolocalisation pour séduire leur cible, mais ne vont pas aussi loin que le français Happn, qui montre plus précisément la position géographique des inscrits. Avec le support mobile, la rencontre a un goût d’immédiateté, est possible à tout moment et partout. Un mode opératoire qui parle aux 18-35 ans. Avec le temps, les freins ont sautés et être repérable sur une carte est devenu acceptable, alors qu’avoir son nom sur internet n’était pas envisageable avant l’arrivée de Facebook.

La stratégie d’Happn est de générer un maximum de nouveaux inscrits, car une application de ce type ne fonctionne que si les retours sont conséquents. Tinder, avec au total 5,8 milliards de votes photos et 58 millions de compatibilités générées (des chiffres qui n’ont de cesse d’augmenter) détient une bonne avance. Happn réussira-t-il a concurrencer le géant américain ? 15 000 personnes ont déjà téléchargé l’application à New York en deux semaines. Tablons que la curiosité, et des instincts voyeuristes de moins en moins tabous, seront sa rampe de lancement.

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