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Hillary Clinton écarte les questions de “sécurité mondiale”

Vendredi et samedi, Manhattan accueillera le premier « sommet » des femmes dirigeantes. Des sujets de politique internationale et notamment sécuritaires seront débattus par des figures politiques féminines venues du monde entier pour cette occasion. Une seule n’a pas répondu à l’appel, la sénatrice de l’État de New York et future candidate aux présidentielles : Hillary Clinton.

« Nous voyons désormais des femmes dirigeantes à tous les niveaux, dans les entreprises, dans les communautés locales, à la tête des États. Nous voulons réunir ces forces pour forger une diplomatie collective », déclarait l’ancienne chef d’État irlandaise Mary Robinson, aujourd’hui co-présidente du forum avec Kim Campbell, ancien Premier ministre canadien.
Au cœur des sujets discutés, les principales questions de la diplomatie internationale. Combat contre le terrorisme, changements climatiques, pauvreté seront notamment abordés dans un hôtel, à quelques blocs du siège de l’ONU, par une centaine de personnalités affluant du monde entier. Le point commun, entre ces députées, présidentes d’associations, ministres, diplomates et autres chercheuses – outre leur appartenance à la gente féminine – n’est autre que leur volonté de « mettre en œuvre des actions collectives dans le domaine de la sécurité mondiale ».

« Femmes dirigeantes et Sécurité mondiale » est d’ailleurs le thème qu’elles ont choisi de mettre en avant sur la bannière de l’entrée au forum. « Nous voulons que les femmes s’impliquent plus dans les questions plus graves, et qu’elles assument des positions claires », avançait Mme Robinson en déclarant également que de « graves erreurs sont actuellement commises ». Loin de se revendiquer « Chiennes de garde » et de vouloir opposer les hommes aux femmes, les organisatrices mentionnent simplement les « approches différentes » des deux sexes face à certaines situations.

Hillary Clinton, invitée à participer au débat, a répondu qu’elle ne pourrait venir en raison d’un « calendrier chargé ». Une absence surprenante si l’on considère que la candidate aux présidentielles américaines est au centre même du sujet. À en croire la sénatrice de New York, critiquée au sein de son propre parti pour son soutien à la guerre en Irak et ses prises de position conservatrices, sa candidature serait mise en péril par le « boy’s club ». Des propos qui viennent en partie justifier sa piètre performance lors du dernier débat, il y a deux semaines, contre ses rivaux démocrates. L’échec de Philadelphie fait figure de première ombre au tableau pour Mme Clinton, qui accuse, par répercussion, une perte de vitesse dans les sondages. À la suite de cet épisode, l’ancienne First Lady déclarait à ses fidèles vouloir recentrer ses efforts pour le débat télévisé de jeudi à Las Vegas. La ville du jeu et des mariages-minutes sera une occasion pour elle de parier sur de nouvelles alliances et de s’affirmer face à ses deux rivaux démocrates, Barack Obama et John Edwards, jugés plus honnêtes et plus transparents par les électeurs démocrates de l’Iowa et du New Hampshire (sondage New York Times). Mais si elle a décidé de relancer ses fidèles en appelant massivement à la récolte d’un million de dollar avant jeudi, elle a probablement opté pour le profil-bas concernant les questions internationales soulevées au forum de New York. Souvent pointée du doigt par les républicains et les démocrates pour son manque de diplomatie et sa fermeté extrême sur la politique extérieure, elle ne veut surement pas risquer un nouveau faux pas. En particulier lorsque les dirigeantes du forum vantent la qualité du dialogue et l’approche plus humaniste des femmes à l’égard de ces sujets sensibles.

Les nombreuses objections à une candidate féminine n’est pas sans rappeler la situation vécue par l’ancienne candidate aux présidentielles françaises, Ségolène Royale. Une situation paradoxale si l’on considère que la France et les États-Unis se revendiquent comme des modèles de démocratie à travers le monde. L’Allemagne, le Chili, la Finlande, l’Irlande ou la Nouvelle Zélande, pour ne citer qu’eux, ont déjà sauté le pas en mettant une femme à la tête du pouvoir. Si ces exemples sont encourageants, il faut néanmoins rappeler que plus de 95% des pays dans le monde sont encore dirigés par des hommes.

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