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Hollande sur toutes les chaînes à 20H pour annoncer la nomination de Valls à Matignon

François Hollande s’adressera aux Français à 20H pour annoncer la nomination de Manuel Valls à Matignon au cours d’une allocution télévisée, au lendemain de la cinglante défaite de la majorité aux municipales.

“Cette allocution enregistrée de quelques minutes pourra être diffusée par toutes les chaînes qui le souhaiteront”, a simplement indiqué l’Elysée. La nomination de Manuel Valls pour succéder à Jean-Marc Ayrault a été confirmée de sources concordantes dans la majorité, après avoir été avancée par plusieurs médias peu après 17H00. Peu avant 18H, Matignon a annoncé la démission de M. Ayrault et de son gouvernement. La nomination du Premier ministre est une prérogative du chef de l’Etat.

Ce dernier, pressé de répondre au message de défiance adressé par les Français dans les urnes, a conduit lundi des consultations à l’Elysée où il s’est entretenu pendant deux heures lundi matin avec le Premier ministre. Un entretien également prévu lundi matin avec le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, favori des Français pour Matignon, a en revanche été “décalé”, selon l’entourage du ministre.

François Hollande est pressé de toute part – y compris dans son camp – de remanier sans tarder son gouvernement, mais aussi de changer de cap. Jean-Vincent Placé – dont le mouvement EELV compte deux membres au gouvernement – a lancé une petite bombe en disant “stop au pacte de responsabilité”, un dispositif que François Hollande a placé au coeur de sa stratégie de relance de l’emploi. “En l’état, il est invotable et il ne sera pas voté par la majorité”, a tranché ce membre influent du parti.

A quelques semaines du deuxième anniversaire de son entrée à l’Elysée et à deux mois d’élections européennes qui s’annoncent au moins tout aussi périlleuses pour la majorité, le président a essuyé dimanche une défaite personnelle: sanction d’une impopularité record sous la Ve République, d’une crise de confiance symbolisée par la forte abstention des électeurs de gauche et d’une hausse du chômage qu’il ne parvient pas à juguler.

Le chef de l’Etat aura du mal à se contenter d’un jeu de chaises musicales, car il affronte désormais l’impatience, voire la colère d’une partie de sa majorité. Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a plaidé pour un “allègement de cotisations salariées”. Et quatre courants de la gauche du PS ont donné rendez-vous aux députés lundi soir à l’Assemblée nationale pour demander “une réorientation” de la politique menée et aborder la question de la confiance au prochain gouvernement. “Après ce sinistre politique majeur, la confiance n’est pas automatique”, a prévenu Christian Paul, député PS de la Nièvre.

Avalanche de mauvaises nouvelles économiques

“Il y a un besoin de justice sociale”, reconnaissait l’entourage du président dans l’entre-deux-tours. Il faut être “plus juste, peut-être plus conforme à nos promesses”, ajoutait-il, laissant augurer un geste – au moins symbolique – en direction des classes populaires. En perdant au moins 155 villes de plus de 9 000 habitants – certaines à gauche depuis plus de 100 ans – le camp socialiste permet à la droite d’effacer largement ses pertes du scrutin de 2008 (82 villes de plus de 10 000 habitants), abandonnant du même coup son statut de premier pouvoir local. “Ce premier test pour François Hollande a été une véritable catastrophe, la victoire de 2008 a été complètement effacée”, résume Frédéric Dabi de l’Ifop.

Le président de l’UMP, Jean-François Copé, a triomphé toute la soirée de dimanche sur le thème de cette “vague bleue” que son camp n’espérait même pas, tandis que Marine Le Pen a salué “une nouvelle étape” dans l’histoire du Front national, qui gagne onze mairies. Selon un sondage BVA pour Le Parisien/Aujourd’hui en France, près des trois quarts (74%) des Français ne souhaitent pas que Jean-Marc Ayrault reste Premier ministre.

Parmi les favoris pour lui succéder, Manuel Valls arrive en tête (31%), loin devant Martine Aubry (17%) et Laurent Fabius (16%). Bertrand Delanoë (8%), Jean-Yves Le Drian (6%), Claude Bartolone (5%) et Michel Sapin (3%) ferment la marche. Et comme si tout cela ne suffisait pas, la matinée de lundi a été marquée par une avalanche de mauvaises nouvelles économiques: dérapage du déficit public et recul des marges et des investissements des entreprises l’an dernier, fléchissement du pouvoir d’achat des ménages au 4e trimestre 2013… Quant à la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, elle est dans le collimateur de la Haute Autorité pour la transparence qui a évoqué “un doute sérieux” sur sa déclaration de patrimoine et a saisi le parquet de Paris.

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