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Hollywood honore l’écrivain-scénariste Jean-Claude Carrière

L’écrivain-scénariste Jean-Claude Carrière, qui reçoit samedi à Hollywood un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière d’un demi-siècle, est un virtuose de l’écriture, à mi-chemin entre cinéma et littérature.

Au total, ce natif de l’Hérault, âgé de 83 ans, a signé près de 90 adaptations de films ainsi qu’une soixantaine d’ouvrages (récits, essais, comme ses Dictionnaires amoureux de l’Inde et du Mexique, traductions, fictions, entretiens…). Cet écrivain infatigable et polymorphe a aussi été parolier pour Juliette Gréco, Brigitte Bardot ou Jeanne Moreau. Invité à se prononcer sur un choix cornélien (“ne plus lire que des livres” ou “ne plus voir que des films”), il avait répondu: “Je garderais les livres et, en les lisant, je verrais les films qu’on pourrait en tirer”. “J’ai travaillé toutes les formes d’écriture. Je pense que je possède un bon arsenal. Il y a quelque chose en moi qui se satisfait d’être au service d’un auteur, de se couler dans sa pensée, de l’adapter au mieux. Je n’ai pas d’ego”, avait ajouté cet humaniste distingué et affable à la grande puissance de travail et à l’humour corrosif.

Costaud, barbe courte et moustache légère poivre et sel, cheveux courts, Jean-Claude Carrière a placé sa vie sous le signe des “rencontres, des amitiés et des maîtres de vie”, comme le dalaï-lama avec lequel il a écrit un livre ou le cinéaste espagnol Luis Bunuel, avec lequel il collabora dix-neuf ans, jusqu’à sa mort. Autre rencontre importante: celle du dramaturge britannique Peter Brook pour qui il adapta à la scène l’inégalé “Mahâbhârata”, épopée de la mythologie hindoue, présentée pendant neuf heures d’affilée à Avignon en 1985 devant un public sous le choc.

Multiples récompenses

“Le voir en oubliant que je l’avais écrit fut un des grands bonheurs” de ma vie, assurait-il. Né le 17 septembre 1931 à Colombières-sur-Orb de parents viticulteurs montés près de Paris en 1945 pour ouvrir un café, le jeune homme se révèle vite un élève brillant. Il devient boursier et entre à l’école Normale supérieure. A 26 ans, il signe son premier roman, “Le Lézard”, fait son service militaire en Algérie, rencontre Jacques Tati et le débutant Pierre Etaix avec lequel il réalise ses premiers courts-métrages et très vite un film, “Le Soupirant”.

Comme scénariste, il est au générique de films comme “Le Journal d’une femme de chambre” ou “Belle de jour” de Bunuel, du “Tambour” (Schlondorff, Palme d’or à Cannes et Oscar du meilleur film étranger en 1979, “Cyrano de Bergerac” (Rappeneau), “Sauve qui peut la vie” de Godard ou “Le retour de Martin Guerre”, qui lui vaut le César du meilleur scénario en 1983.

Parmi de multiples prix et décorations, il a reçu un Oscar partagé avec Pierre Etaix pour son court métrage “Heureux anniversaire” en 1962, puis trois nominations pour “Le charme discret de la bourgeoisie” et “Cet obscur objet du désir” de Bunuel, ainsi que “L’insoutenable légèreté de l’être”, de Philip Kaufman, qui lui remettra son prix samedi. Président de 1986 à 1996 de la prestigieuse école de cinéma Femis, il a été administrateur de la Cinémathèque française et de l’Etablissement public du musée des arts asiatiques Guimet. Il partage la vie de l’écrivaine et chercheuse iranienne Nahal Tajadod, avec qui il a une fille. Il est père d’une autre fille, née d’une précédente union. Interrogé cette semaine sur RTL sur le sort qu’il réservera à son Oscar d’honneur, il a répondu qu’il l’offrirait à sa plus jeune fille, Kiara, âgée de 12 ans.

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