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Hommage américain à Régine Crespin



Avec la disparition de Régine Crespin à l’âge de 80 ans, l’opéra français perd l’une de ses plus belles voix. La cantatrice était très populaire aux États-Unis


 


Artiste renommée en France, elle est considérée comme l’une des plus grandes voix de l’opéra français de la seconde moitié du XXe siècle. La soprano avait également fait une grande carrière internationale, en particulier aux États-Unis. Dès les années 1960, elle se produit dans les opéras américains les plus prestigieux comme le Metropolitan Opera de New York. « Elle était devenue l’une des artistes préférées à San Francisco », explique David Gockley, directeur de l’opéra de la ville.


Marseillaise d’origine, elle grandit à Nîmes et rêve d’abord de chanter les chansons de Charles Trenet avant de tenter l’opéra. En 1947, encouragée par sa mère et sa grand-mère, elle participe au concours de la revue Opéra et remporte le premier prix. Elle intègre le Conservatoire de Paris où elle suit l’enseignement du ténor Georges Jouatte. Pendant ses études, elle reçoit trois premiers prix en opéra, opéra-comique et chant. Elle finit le Conservatoire à 22 ans et fait ses débuts à Mulhouse en 1950, où elle joue Elsa dans Lohengrin de Richard Wagner. On la voit ensuite à l’Opéra-comique, au Palais Garnier dans le rôle de Tosca puis de Marguerite dans le Faust de Gounod. Par la suite, elle est la Maréchale du Chevalier à la rose de Richard Strauss, qui devient un de ses rôles préférés. La soprano monte sur la scène internationale en 1958 à Bayreuth en Allemagne lors du festival d’opéra, événement annuel en l’honneur de Wagner. Elle y chante Kundry dans Parsifal. 


 


Bien que souvent représentée comme une diva, Régine Crespin se disait timide. Ses amis, en particulier, Elise Dmitriew qui organisait certains de ses déplacements aux États-Unis, la décrit comme quelqu’un de « généreux, une personne qui aimait partager sa passion pour le chant ». En effet, dès 1976, la cantatrice retourne au Conservatoire de Paris, cette fois-ci pour y enseigner le chant. Elle forme ensuite des jeunes chanteurs dans différents opéras à l’étranger notamment pour les “master classes” du programme Merola de l’Opéra de San Francisco jusqu’en 2002. Dans la presse, Mme Crespin expliquait souvent que ses élèves étaient comme les enfants qu’elle n’a jamais eus. Tout au long de sa carrière, Régine Crespin a reçu de nombreuses récompenses dont celles de commandeur de la Légion d’honneur, Grand’Croix de l’Ordre national du Mérite, et commandeur des Arts et des Lettres. Lui survivent son filleul, Philippe Rivier, et la fille de celui-ci, Alexandra Rivier.

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