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Il est 20h, Paris s’éveille

Digne d’une séquence de film, une partie de Paris s’éteignait, hier, à la tombée de la nuit. Cette initiative écologique, reprise par la Californie, n’a pas non plus rencontré le succès espéré dans l’Etat du cinéma américain.

Ceux qui ont toujours rêvé de jeter de la poudre aux yeux en éteignant la tour Eiffel d’un claquement de doigt, auraient pu surprendre les moins avertis, hier à 19h55. En deux temps, du sommet vers le bas, la Dame de fer s’est évanouie dans l’obscurité. Le symbole de la révolution industrielle reprenait tout son sens l’espace d’un instant en participant à l’opération « 5 minutes de répit pour la planète ». Cette action, née de l’initiative du collectif d’ONG écologiste L’Alliance pour la planète, invitait tous les français à suivre l’exemple du monument parisien en éteignant les lumières de 19h55 à 20h00, heure réputée la plus gourmande en terme de consommation.

Les premiers à porter le flambeau : la Ville de Paris. Tour à tour, les prestigieux monuments de la capitale, comme l’Hôtel de Ville, le Petit Palais, la fontaine Saint-Michel, le théâtre du rond point et une dizaine d’autres édifices ont été plongés dans le noir à la surprise des badauds, non informés. L’Élysée, en signe de soutien au « grenelle de l’environnement » lancé en juin 2006, décidait également d’éteindre silencieusement ses couloirs, son vestibule d’honneur, ses bureaux.

Si le spectacle en valait la chandelle, l’impact sur la consommation d’électricité et l’émission de CO² n’a pas été très brillant. Le RTE (réseau de transport d’électricité français) notait une baisse de 0,9% de la consommation seulement, soit 600 mégawatts ou la consommation de 10 millions d’ampoules de 60 watts pendant cinq minutes.

Rien de comparable à l’effort mené par nos confrères australiens qui ont été 2,2 millions à se mobiliser à Sydney, contribuant à faire baisser la consommation d’électricité de 10%.

Pour rassurer l’orgueil français, cette initiative n’a pas non plus rencontré le succès espéré en Californie, où les principales villes dont Los Angeles, San Francisco et Santa Barbara avaient décidées de suivre les exemples de Paris, Sydney et Londres. Plus difficilement réalisable, la campagne « Lights Out » (« Lumières éteintes ») appelait les Américains à vivre sans la précieuse énergie durant une heure complète, de 19h à 20h, le samedi 20 octobre. Plus significatif aussi: le Département de l’eau et de l’énergie de la Californie annonçait que si 1.4 millions de consommateurs avaient joué le jeu, l’énergie économisée aurait pu suffire à approvisionner 2 500 foyers pendant une année complète.

Les organisateurs ont toutefois prévu d’étendre cette mobilisation à l’ensemble des États-Unis d’ici mars 2009. Et tout laisse imaginer qu’un instant aussi magique que l’extinction générale des feux dans la ville des lumières devienne un motif d’encouragement pour les Français, qui sacrifieront probablement quelques minutes avant le sacro-saint journal du 20h pour rêver d’une autre époque.

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