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Il n’est pas dit que Velib’ se fera mettre des batons dans les roues

Publié le mercredi 29 août 2007 



Velib’, le sytème de transport mis en place par JCDecaux SA a rencontré à Paris, en un peu plus d’un mois, un succès inespéré. Pourtant, plus de deux millions d’utilisateurs sont aujourd’hui inquiétés par le durcissement des sanctions liées au code de la route.


 


Le 15 juillet dernier, la direction de la PUP, Police Urbaine de Proximité à Paris, faisait passer une note à ses hommes pour leur demander de « sanctionner le comportement dangereux des cyclistes ». Cette note, rendue publique aujourd’hui seulement, soulève un problème majeur : le boom des infractions au code de la route par les utilisateurs du deux roues.


Pratique, ludique, innovant et presque gratuit,  le réseau de bicyclettes créé par le génie français Jean Claude Decaux a rencontré un succès immédiat. Au total, entre 50 000 et 70 000 locations par jour qui sillonnent la toile des 750 stations parisiennes. Un transport sain et récréatif qui a ennivré les Parisiens et les touristes pendant les beaux jours de l’été : pour rentrer de soirée, on envisage désormais de prendre un vélo, plus amusant et moins risqué qu’une voiture.


 


La légèreté de ces comportements a été vivement critiquée par les taxis et les chauffeurs de bus qui témoignent, sur les blogs et autres sites internet, des nombreuses conduites à risque. Mi-juillet, la direction de la police a donc communiqué sur l’importance de resserrer encore la vis de ceux pour qui, quoi qu’il arrive, « tout roule ». Au nom de la sécurité, on interpelle. Pourtant, les attitudes négligentes et  leur répression avaient été anticipées par la municipalité avant même le lancement de Velib’. Les autorités, qui avait enregistré deux morts et quarante-et-un blessés graves à Paris en 2006, avaient déjà augmenté les verbalisations de 63% pour la première moitié de l’année 2007. Par ailleurs, concernant le problème du danger, nous pouvons nous étonner de l’absence d’une quelconque règlementation sur le port du casque.


 


Pour éviter trop de mécontents, la PUP a demandé aux commissaires de la capitale de prévoir des « opérations d’alternative à la sanction consistant au classement des poursuites » si le « contrevenant accepte de participer à un stage de prévention ». Une alternative qui devrait freiner les infractions mais ôter le sourire des « vélib’eurs » insouciants dans la mesure où le prix d’un tel stage avoisine les 250 euros.


 


Les amateurs du deux roues ont néanmoins trouvé un défenseur en la personne de Denis Baupin, adjoint (Verts) aux transports de la Mairie de Paris. L’élu a en effet jugé « suspect » ce nouvel engouement pour la sécurité : « Pour protéger les cyclistes, on les réprime », déclarait-il aujourd’hui à l’AFP. « Ca ne veut pas dire que je pense que les cyclistes doivent faire n’importe quoi », a-t-il aussitôt précisé. Comme compromis, l’adjoint à la municipalité souhaite la mise en place d’un « code de la rue », mieux adapté au vélo urbain que le code de la route auquel les adeptes du mode de déplacement doux sont aujourd’hui soumis. Ce dispositif, actuellement en discussion, a des chances d’aboutir si l’on considère les projets d’extension du système Velib’ pour les villes de Marseille, Toulouse, Mulhouse et Besançon.


 


Retrouvez les bons gestes sur le http://www.velib.paris.fr/actualites/la_velib_attitude/bien_conduire_et_se_conduire_a_velo

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