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Iliad persiste sur T-Mobile, privilégiant les Etats-Unis par rapport à la France

Iliad, la maison mère de Free, confirme ses ambitions aux Etats-Unis et cherche des partenaires pour croquer l’opérateur américain T-Mobile US, renonçant dans le même temps à participer à la consolidation des télécoms en France.

L’offre de rachat de T-Mobile US, déposée fin juillet par Iliad est “toujours valable” mais pourrait “évoluer en termes de capital” et inclure des partenaires, a indiqué lundi le directeur financier du groupe français, Thomas Reynaud. “Elle est plus pertinente que jamais car à l’époque il y avait une autre offre concurrente, celle de Sprint”, a-t-il rappelé au cours d’une conférence de presse.

Sprint, 3e opérateur mobile des Etats-Unis, filiale du Japonais Softbank, qui convoitait lui aussi le 4e opérateur du secteur, a en effet été contraint début août de renoncer à court terme face à l’opposition des autorités américaines de la concurrence. Moins bien armé financièrement, Iliad envisage une augmentation de capital “de 2 milliards d’euros maximum” pour financer son offensive aux Etats-Unis, avec un prix maintenu à 33 euros par action de T-Mobile US, tandis que la part du capital de l’opérateur américain acquise pourrait être augmentée si des accords avec d’autres partenaires étaient conclus, a déclaré le responsable.

Iliad a soumis le 31 juillet au conseil d’administration de T-Mobile US une offre de 15 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros, ndlr) en numéraire pour 56,6% du capital de l’entreprise. “On est sur un gros projet que l’on espère voir aboutir”, a souligné pour sa part le directeur général du groupe, Maxime Lombardini. Cette tentative d’expansion américaine, qui est selon M. Reynaud “une idée de Xavier Niel”, constitue “une porte d’entrée formidable sur le plus grand marché du monde”, où “les consommateurs sont prêts à payer des montants plus élevés qu’ailleurs”.

L’opération est financée, selon Iliad. “Un syndicat de banques européennes et américaines nous accompagne sur cette offre” et “il y a des possibilités de désendettement rapide si l’offre est concluante”, a souligné le directeur financier. En l’état, il n’est pas sûr du tout qu’elle soit suffisante pour convaincre Deutsche Telekom, qui possède 67% de T-Mobile US, même si le géant allemand des télécoms désire s’en désengager depuis plusieurs années. Le recours à des tiers semble donc nécessaire.

Le cours affecté

Après le dépôt de l’offre, “on a reçu un certain nombre d’appels de partenaires industriels mais aussi financiers, qui sont intéressés”, a révélé M. Reynaud, sans nommer ces interlocuteurs. Quoi qu’il en soit, cette offre ne change pas la stratégie sur le marché français d’Iliad, qui a précisé ne pas y être intéressé par des acquisitions. “Nous n’allons pas nous impliquer dans la consolidation en France, ce n’est pas à l’ordre du jour”, a assuré M. Lombardini.

Bouygues Telecom, fragilisé après son échec face à Numericable dans la bataille pour SFR, ne figure donc plus parmi les cibles potentielles d’Iliad, alors qu’une offre informelle de ce dernier avait été mentionnée en juin.

C’est donc en priorité sur le marché américain qu’Iliad va tenter d’opérer une croissance externe, par le biais d’un acteur à la stratégie assez similaire à celle qui l’a fait connaître. Car T-Mobile US mène une politique très offensive sur les prix en multipliant les rabais. Il a gagné 1,5 million de clients au deuxième trimestre et dépasse désormais la barre des 50 millions.

“On ne va pas faire un copier-coller de Free aux Etats-Unis, on connaît les spécificités de T-Mobile”, prévient toutefois M. Reynaud, pour qui “ses offres sont agressives mais ses tarifs ne correspondent pas à sa stratégie, ce qui met en cause sa perennité à terme”. Le cours d’Iliad était affecté lundi par les doutes entourant le pari de Xavier Niel, et en particulier sur sa capacité, en cas de succès de son offre, à impulser une dynamique suffisante pour lutter face aux géants Verizon et AT&T, qui dominent le marché américain des télécoms.

Vers 13H45 , l’action Iliad, il est vrai plombée par des résultats inférieurs aux attentes au premier semestre, perdait 4,55% à 159,60 euros alors que le CAC 40 était en légère baisse à -0,23%.

 

 

 

 

 

 

 

 


© 1994-2014 Agence France-Presse

 

 

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