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Isild Le Besco : égérie dégourdie

Isild Le Besco est, avec son film « Demi-tarif », l’une des têtes d’affiche du nouveau festival de la FIAF qui se déroule cet automne à New York

À première vue, Isild Le Besco a tout d’une jeune fille rangée : blonde aux yeux bleus, son air fragile et ses rondeurs poupines laissent imaginer un personnage complexé, voire intraverti. Pourtant, à 25 ans tout juste, elle affiche déjà une filmographie exceptionnelle. Actrice dès l’âge de 8 ans, elle a été révélée à 14 ans dans un court métrage d’Emanuelle Bercot, La Puce, où elle interprétait le rôle difficile d’une adolescente qui découvre le sexe avec un homme d’âge mûr. La suite de sa carrière est parsemée de rôles un peu sulfureux, où elle est souvent le point de convergence du désir. Cédric Kahn la choisit en 2000 pour incarner la petite amie de Roberto Succo dans le film éponyme, la seule qui aura le respect et l’amour du meurtrier en série. Dans Sade, à 15 ans, elle est une des multiples aventures du divin marquis, sous la direction de Benoît Jacquot qui la met à nouveau en scène dans À tout de suite en 2004, où elle est la compagne d’un meurtrier en cavale. Groupie perturbée dans Backstage d’Emmanuelle Bercot, Isild Le Besco apparaît dans un registre plus léger dans Le coût de la vie, comédie grand public de Philippe Le Guay. Elle sera cet automne sur les écrans américains dans L’intouchable, de Benoît Jacquot, incarnant une jeune femme qui revient sur les origines de son père, un Indien dont elle apprend qu’il était issu de la caste des intouchables – un rôle qui lui a valu le prix Marcello Mastroianni de la meilleure jeune actrice de la Mostra de Venise en 2006. Son physique particulier – mêlant des origines algérienne, kabyle, bretonne et vietnamienne – son visage doux et angélique, ses rondeurs féminines, la placent en tête de liste des actrices envoûtantes et mystérieuses dont un metteur en scène peut s’emparer, à l’instar d’Isabelle Adjani. Mais l’actrice est aussi un fort caractère, et sa précocité à l’écran est aussi démontrée derrière la caméra grâce à Demi tarif, le premier long-métrage qu’elle a réalisé à 18 ans. Isild Le Besco y évoque son enfance, et règle ses comptes avec une mère absente. Elle n’est pas la seule dans la fratrie à avoir éprouvé le besoin de revenir sur son éducation : sa soeur Maïwenn Le Besco a créé un spectacle en 2002 au Café de la gare, Le pois chiche, sur les relations qu’elle entretenait avec sa mère, puis un long métrage en 2006, Pardonnez-moi. Tourné avec très peu de moyens, le frère aîné derrière la caméra, le frère cadet devant, Demi-tarif est une histoire à la Cocteau, entre fiction et biographie, de trois jeunes enfants livrés à eux-mêmes dans un appartement sans maman.

Demi-tarif

Le 25 septembre à 19 heures, suivi d’un débat avec la réalisatrice. Florence Gould Hall, 55 East 59th Street, New York, NY www.fiaf.org

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