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Koralie et SupaKitch, promoteurs du pop art

En couple, ce binôme d’artistes français établi à New York façonne un univers haut en couleurs, peuplé de créatures étranges et d’animaux surréalistes, dans une démarche warholienne. Ils signent à quatre mains la pochette du dernier album d’Émilie Simon.

Situé à Clinton Hill, à Brooklyn, l’atelier-studio de Koralie et de SupaKitch est une sorte de sanctuaire pop où le rétro côtoie le post-moderne, l’art de l’estampe japonaise celui du manga et l’illustration traditionnelle la technologie numérique de pointe. Influencés par l’art de rue, ces trentenaires originaires de Montpellier ont fait de l’acculturation un modèle de conduite. Il y a neuf mois, ils posaient leurs valises et leurs pinceaux à Brooklyn, avec leurs deux enfants qui, paraît-il, ont déjà pris l’accent du quartier. « On y croise la clientèle bobo du Pratt Institute (ndlr, école d’art de réputation internationale), des Mexicains et les habitants des ghettos noirs situés quelques pâtés de maison plus loin », s’amuse Koralie. Cette favela chic d’artistes insuffle un esprit multi-ethnique à leurs compositions qui se déclinent sous forme de peintures, de dessins, de graphisme ou d’objets design.

En techno-héritière de la culture manga, Koralie emprunte des éléments de son univers au popisme japonais, rempli de femmes kawaii qu’elle affuble de codes identitaires multiples. SupaKitch, lui, convertit la musique en images dans un concept unique, « Listen to my picture ». Un genre de pianocktail de l’image qui révèle des correspondances inattendues entre les notes musicales et le support graphique. « Mes visuels illustrent un son. Son poids, sa rythmique, sa texture », explique l’artiste, qui réalise aussi des pochettes de disques et peint des performances de DJs électros. Pop jusqu’au bout des ongles, SupaKitch nourrit aussi un culte pour l’esthétisme classieux des années folles, le monde des gangsters et les dérives du matérialisme. Pour illustrer ce sentiment d’attirance-répulsion, il recourt à la métaphore de l’homme-animal et détourne les truands de ce monde en personnages animorphes. Comme SupAlCapone, l’alter-ego de plumes du célèbre bandit qu’il a créé. « Al Capone est devenu un personnage fétiche de la culture populaire américaine », dit-il. « Mais derrière le sourire impeccable et les revers de soie se cache un animal », rappelle l’artiste.

Fascinés par la jungle urbaine et les cultures plébéiennes, l’entité couple-artiste glane ça et là les ingrédients de son œuvre. En 2005, Koralie et de SupaKitch créent Plastique Graffiktee, une ligne de vêtements et accessoires portant les formes et les couleurs de leur univers graphique. Mais leur plus grosse co-production artistique est sans doute la réalisation de la pochette du prochain album d’Émilie Simon, sorti en septembre 2009. Ce travail collectif est le fruit de leur amitié pour la chanteuse française aux allures de femme-enfant. Également originaire de Montpellier, elle est aujourd’hui leur voisine new-yorkaise. Les trois amis se sont tout de suite trouvé des références communes. « Brooklyn, l’exode, un petit côté sombre et fantastique », résument les artistes.

Par delà leur procédé multi-créatif, qui emprunte beaucoup au pop art, le couple s’amuse des références kitsch sans toutefois les convoquer. « C’est dans l’air du temps, mais nous ne nous imposons rien. Nous n’essayons pas de faire du beau mais de nous faire du bien. L’art pop est avant tout un élan du cœur », rappelle Koralie. Une remarque qui évoque un bon mot de Picasso, « Le bon goût est l’ennemi de la créativité. »

Infos pratiques

Koralie présentera une sélection de ses toiles à la Galerie L.J., à Paris, en décembre 2009.

www.supakitch.com

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