Subscribe

La bulle de la création enfantine

Deux Françaises ont créé en 2006 le salon Bubble, dédié à la mode enfantine, pour offrir une alternative aux gros marchés fourre-tout proposés à New York. Une stratégie payante, qui attire un nombre grandissant d’exposants et de visiteurs. Visite guidée.

Un petit mot personnel pour chacun, des saluts, des compliments, des coups de cœur… Arpenter la longue allée unique du salon Bubble en compagnie de l’une de ses organisatrices prend un certain temps. Il faut dire que Florence Rolando, qui nous fait guide en ce mois d’août, connaît bien ses clients, certains sont des fidèles de la première heure. Avec son associée Vanessa Boz, elle a créé le salon en 2006, mais le concept est né en 2003 : « Je travaillais comme pigiste pour Milk, un magazine français dédié à la mode enfantine et, en arpentant le Enk Children’s Club, qui est le salon où exposent les plus grandes marques pour enfants à New York, nous avons eu l’idée de créer un petit salon, où on sélectionnerait les exposants pour proposer aux acheteurs des créateurs plus confidentiels, mais aussi plus originaux. » La première édition a lieu en 2006, avec 40 exposants. Il se tient désormais 2 fois par an, mi-mars et début août, lors de la semaine des salons à New York, et a essaimé à Londres, où Vanessa Boz est maintenant installée.

Nos organisatrices ont donc une position idéale pour observer les dernières tendances, dans ce marché de la mode enfantine qui explose aux États-Unis depuis 2003. Si les créateurs présents au salon s’inspirent souvent de la mode française et italienne, la suprématie européenne semble être finie. « Sur 115 exposants cette année, 30% viennent d’Europe, contre 45% lors de la précédente édition. Nous accueillons seulement 5 marques françaises et 4 marques belges. » Mais ajoutez à cela quelques créateurs français établis aux États-Unis, des Japonais qui vendent des T-Shirts et coussins imprimés en français, et les marques américaines qui portent un nom français, et vous avez quand même une ambiance francophone.

Dans les collections, les influences européennes sautent aux yeux: premières chaussures de marche style fifties, vêtements en toile à matelas, en liberty… La créatrice belge Melanie Ireland, fondatrice de la marque Simple Kids, donne une explication à l’influence franco-italo-belge sur la mode pour enfants : « Contrairement aux pays anglo-saxons, les enfants ne portent pas d’uniforme pour aller à l’école, il faut donc les habiller tous les jours. De plus, les parents prennent grand soin de la façon dont leurs enfants sont habillés, même les jours d’école. »

Aux États-Unis, on oscille plutôt entre le très « casual » pour tous les jours et le très chic pour les grandes occasions, surtout pour les garçons. Les chaînes de vêtement comme Children’s Place et Old Navy ne proposent pas d’alternative. Les boutiques spécialisées dans la mode enfantine fleurissent donc dans toutes les grandes villes américaines.

La tendance de cette année ? Les marques « vertes ». « Nous avons 40 exposants exclusivement bio, c’est-à-dire que toute leur collection est en coton biologique, fabriquée dans les conditions du commerce équitable, ou dans des tissus recyclés. » Cette tendance ne concerne pas seulement les vêtements, mais aussi la peinture sans produits toxiques, les cosmétiques pour les futures mamans, et les jouets en carton.

Au détour d’un stand, Florence Rolando nous présente le coup de cœur des organisatrices : la marque Faubourg Saint Denis, créée par un Français basé à Hong Kong. « C’est une collection complète, très construite, homogène… Exactement ce qu’on recherche pour nos acheteurs. » Des acheteurs triés sur le volet par les deux organisatrices, et qui font la force des salons Bubble : « Nous leur proposons une sélection, il font confiance à nos choix, et en même temps ils sont sûrs de découvrir de nouvelles marques. La présentation est soignée et la taille du salon est humaine. Cela favorise les contacts. » De plus, les créateurs sont le plus souvent présents sur le stand pour présenter leur collection. Grâce à divers partenariats, à des frais de fonctionnement réduits et au recours au système D., les organisatrices n’ont jamais perdu d’argent. Ce qui leur permet d’envisager sereinement l’ouverture d’un Bubble Tokyo et un Bubble Los Angeles dans les années à venir.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related