Subscribe

La cote de la France continue à baisser auprès des entreprises américaines

L’attractivité de la France vis-à-vis des entreprises américaines ayant investi dans le pays a atteint un nouveau point bas cette année, selon une enquête réalisée par la Chambre de commerce américaine en France et le cabinet de conseil Bain & Company.

La proportion d’investisseurs américains croyant à une amélioration du contexte économique en France est toutefois remontée par rapport à l’an dernier, soulignent les deux organisations dans un communiqué. “Seulement 12% des répondants estiment que la perception de la France par leur maison mère (en tant que destination d’investissement, ndlr) est positive”, note l’étude, réalisée auprès de 83 dirigeants de filiales françaises de sociétés américaines. Un résultat qui traduit une chute continue : cette proportion était de 13% l’an dernier, de 22% en 2012 et de 56% en 2011.

Autre chiffre spectaculaire : lorsqu’on demande à ces dirigeants à quel point ils recommanderaient la France à une entreprise américaine cherchant à s’implanter à l’étranger, seuls 2% mettent une note de 9 ou 10/10 et sont donc considérés comme prescripteurs par l’étude. 76% sont des “détracteurs” (note comprise entre 0 et 6) et 23% sont neutres (7 ou 8). L’écart entre prescripteurs et détracteurs, considéré par Bain comme crucial dans l’image d’un pays ou d’une entreprise, tombe ainsi à -74%, après -63% l’an dernier et -28% en 2011.

Ce décrochage s’explique par un creusement de l’écart d’attractivité de la France par rapport à ses principaux voisins, a expliqué Clara Gaymard, présidente de General Electric France, qui dirige la Chambre de commerce américaine (AmCham) en France. “L’investissement productif, on ne le fait que dans un seul endroit. Il ne faut pas seulement être bon, il faut être ‘best in class'”, a-t-elle souligné, lors d’une présentation de l’étude à la presse. Or “des pays voisins se sont considérablement améliorés par rapport à la France”, a-t-elle ajouté, en référence aux réformes du marché du travail et de la fiscalité. Allemagne et Royaume-Uni sont les principaux concurrents du pays à l’heure d’attirer les investissements américains, tandis que Espagne et Portugal améliorent leur position, juge l’étude.

Le baromètre annuel établi par Bain et l’AmCham, qui en est à sa quinzième édition, note en revanche un rebond du “moral” des investisseurs américains en France. 19% des dirigeants interrogés affirment en effet percevoir une amélioration du contexte économique en France dans leur secteur d’activité, contre 10% l’an dernier. Un “rebond” à relativiser, tempère Marc-André Kamel, associé chez Bain, quand on voit que les investisseurs sont “toujours deux fois plus nombreux à penser que ça va se détériorer” (37%, contre 60% l’an dernier).

Autre élément de prudence : les réponses ont été recueillies cet été, donc avant la révision à la baisse par le FMI de ses prévisions économiques, et la récente vague d’inquiétude sur les marchés européens. De plus, ce léger mieux ne se traduit pas dans les prévisions d’embauches : seuls 21% des investisseurs anticipent une augmentation nette des effectifs sur l’année, un chiffre globalement stable depuis quatre ans. Près du tiers prévoient même une baisse des effectifs.

Si les entreprises américaines reconnaissent toujours les atouts traditionnels de la France – qualité de vie, infrastructures, niveau de qualification de la main d’oeuvre -, ces facteurs ne sont aujourd’hui pas les plus déterminants dans les décisions d’investissement des groupes, souligne également l’étude. Le coût global de la main d’oeuvre et la souplesse du temps de travail sont les plus cités comme “facteurs essentiels”, deux points considérés comme des faiblesses de la France. Les Etats-Unis restent “la première source d’investissements étrangers créateurs d’emplois en France”, avec quelque 4 000 entreprises employant plus de 440 000 salariés, rappelle l’étude.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related