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La crise du subprime fait atteindre des records à l’euro

Mercredi, la devise européenne se haussait au taux record de 1,39 dollar. Cela s’explique, notamment, par le recul de l’emploi outre-Atlantique, une situation sans précédent depuis quatre ans.

Vers 16h00 mercredi, l’euro a dépassé un nouveau record en atteignant la valeur de 1,3914 dollars. Du jamais vu depuis la création de la monnaie unique européenne en 1999. Cette situation, anticipée par les économistes, trouve son explication dans la chute, de l’autre côté de l’Atlantique, du billet vert. Les économistes américains craignent une possible récession. En effet, si le taux de chômage est resté à 4,6% aux États-Unis, les entreprises et administrations américaines ont supprimé 4000 emplois depuis le mois de juillet. Du jamais vu depuis l’été 2003. Principale raison de ce ralentissement économique : la crise du subprime. « En juillet, l’emploi dans l’industrie, la construction et l’éducation publique a chuté », écrit le United States Department of Labor dans son rapport du 7 septembre. L’analyse relève une suppression de 22 000 postes dans le bâtiment et de 46 000 emplois dans l’industrie. La crise, qui a été partiellement équilibrée par la création de 59 000 places dans le secteur de la santé, du loisir et du service, pourrait toutefois connaître des jours plus difficiles dans les temps à venir. Comme l’analyste Nigel Gault de Global Insight le souligne, ce rapport ne couvre que le début du mois « c’est-à-dire la période qui précède le gros des répercussions des turbulences du mois d’août ».

Pour redresser cette situation, les regards sont désormais tournés vers la FED (Réserve Fédérale Américaine). Les intervenants la poussent à baisser son principal taux directeur, actuellement établi à 5,25%, d’au moins 0,5 point. Le taux devrait être fixé pendant la prochaine réunion du comité de politique monétaire le 18 septembre.

La BCE, de son côté, a confirmé jeudi, vouloir attendre un retour au calme des marchés mais pourrait augmenter son taux aujourd’hui fixé à 4% de 0,25 point et réduire ainsi le différentiel entre les taux américains et européens. Cette mesure soutiendrait la devise européenne et, par conséquent, ferait gagner en valeur les actifs (titres ou contrats financiers). En contrepartie, une telle initiative prise hâtivement, pourrait également augmenter les risques d’inflation, selon les experts.

Par ailleurs, si cette hausse de l’euro dynamise le pouvoir d’achat –en particulier à l’étranger-, la classe politique française redoute les conséquences d’une augmentation trop importante. À la sortie du Conseil des ministres, le ministre du Budget Éric Woerth notait que cette situation « pose problème pour le commerce extérieur » et « pèse sur les déficits, pèse sur la croissance ». Cette vision est également celle partagée par les analystes américains qui voient dans cette baisse du dollar, un moyen de réduire les énormes déficits aux États-Unis.

Autre problème économique, la flambée du pétrole. Le prix du baril atteignait hier le seuil de 80 dollars. Cette perspective ne devrait pas avoir de conséquences directes sur les Français dans la mesure où, comme le rappelait Jean-Louis Schilansky, délégué général de l’Ufip (Union française des industries pétrolières), « la hausse de la monnaie unique compense en partie la hausse des prix du pétrole qui sont libellés en dollars. Ramené en euro, le prix du baril reste en deçà de ses sommets atteints à l’été 2006. »

Retrouvez le rapport du United States Department of Labor de Washington D.C. sur l’emploi aux États-Unis sur http://www.bls.gov/news.release/empsit.nr0.htm

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