Subscribe

La crise du subprime gagne la France

La Banque Centrale Européenne et la Réserve Fédérale américaine ont pris des mesures exceptionnelles face à l’annonce, hier du gel de trois fonds investis par BNP Paribas dans le crédit hypothécaire aux États-Unis. Le Président américain a aussitôt tenu a rassurer les investisseurs.

L’initiative de la BNP Paribas de geler ses trois fonds (Parvest Dynamic ABS, BNP Paribas ABS EURIBOR et BNP Paribas ABS EONIA) pour un encours estimé a environ 2 milliards d’euros, ainsi que les rumeurs concernant la faillite d’un hedge fund détenu par la banque Goldman Sacks alimentent les inquiétudes sur les marchés financiers européens et ne peuvent empêcher une répercussion sur les cours de la bourse.

La crise s’est également repercutée sur la Banque Française entraînant le Crédit Agricole, la Société Générale et Natixis dans sa chute.

La situation exceptionnelle a conduit la BCE (Banque Centrale Europeenne) à injecter en deux temps un montant record de 150 milliards d’euros (soit 205 milliards de dollars), somme inégalée depuis les attentats du 11 septembre. Cette initiative, visant à permettre aux banques de faire face à une pénurie de liquidités, a été suivie d’une action de la Réserve Fédérale Américaine qui en deux jours a ajouté à cette somme 46 milliards de dollars (34 milliards d’euros) en vue d’aider le système bancaire américain.

La situation que connaît le monde économique actuel tient son origine des années 2000. A cette époque, l’augmentation manifeste aux États-Unis des prix du marché immobilier a engendré un système de crédit particulier dit « subprime ». Le principe était donc de permettre aux foyers américains les plus modestes d’emprunter de l’argent pour rembourser leurs précédents prêts, en apportant en hypothèque la valeur marchande de leur logement. Les subprimes ayant alors une rentabilité plus élevée que la moyenne, les investisseurs ont vu un moyen de gagner rapidement de l’argent.

La baisse des prix de l’immobilier aux États-Unis dans le courant de l’année 2006 et la remontée en parallèle des taux d’interêt des crédits a inversé cette tendance économique, les ménages ne parvenant plus à rembourser leurs créances. Pour pallier cette tendance inverse, des produits financiers ont été mis en place pour dériver et morceler ces prêts hypothécaires en obligations appelées MBS (« mortgage based securities ») ou ABS (« asset based security ») et leur variante comme les CBO (« collateralized debt obligation).

Cette solution n’aura pourtant pas permis de remonter la pente. Les fonds d’investissement -dépendants des ménages- ne cessant de chuter, Wall Street Bear Stearns en juin, puis BNP Paribas hier, se sont vus obligés de geler leurs fonds, empêchant les investisseurs qui y avaient placé leur argent de le retirer.

Cet événement, en marge –notamment- de la hausse des cours du pétrole, de la faillite d’organismes prêteurs comme Home Mortgage et des investisseurs qui, faute de trouver des liquidités sur le marché du crédit ont cherché à se financer sur le marché monétaire, ont conduit a la baisse rapide des liquidités en circulation et à la hausse des taux sur le marché.

Face à cette instabilité économique qui touche désormais l’Europe autant que les États-Unis, le Président G. W. Bush a tenu à apaiser aussitôt les esprits inquiets. Lors d’une conférence de presse, il a ainsi affirmé qu’il y avait « assez de liquidités » pour permettre aux marchés de s’ajuster à la situation. Il a par ailleurs déclaré soutenir les « organisations financières aidant les gens à refinancer leur logement », bien qu’il se soit montré sceptique quant à un éventuel plan de sauvetage pour les victimes de la crise immobilière.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related