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La croissance française n’atteindra pas 2 % cette année

L’Insee annonce une croissance « douce » de 1,8 % pour 2007. 340 000 emplois seraient créés.  ALORS qu’il prévoyait encore à la veille de l’été une croissance de 2,1 % pour 2007, l’Insee a finalement revu sa copie et rejoint l’avis de la plupart des experts : la progression du PIB français cette année n’atteindra pas 2 %. L’Institut national de la statistique et des études économiques annonce aujourd’hui une croissance « douce » de 1,8 %. Dans sa note trimestrielle, intitulée « La France entre rattrapage et incertitude financière », il met pour ainsi dire fin aux espoirs du gouvernement d’atteindre une croissance comprise dans la fourchette retenue par Bercy, 2 % à 2,5 %. Ce qui complique, au passage, l’équation des finances publiques. En dépit d’un contexte international qu’il décrit « moins porteur », l’Insee ne voit pas la croissance française fléchir durant la seconde partie de l’année. Au contraire : elle devrait progresser de 0,7 % au 3e trimestre et de 0,5 % au 4e. Ce rebond est d’abord technique. Après la déception du 2e trimestre (pendant lequel l’activité n’avait progressé que de 0,3 %), la croissance ne pouvait que mieux se porter au suivant. Mais il traduit aussi « le retour en meilleure forme de certains secteurs », comme l’automobile, confrontés ces dernières années au besoin d’adapter leur outil de production. «Décrue du chômage» La production manufacturière devrait ainsi retrouver de la vigueur en seconde partie de l’année. La pause de l’investissement des entreprises devrait aussi prendre fin (voir graphique). Le commerce extérieur cesserait de peser sur la croissance à la fin de l’année. Et les dépenses de consommation des ménages devraient demeurer vigoureuses. Elles seraient soutenues par une amélioration du pouvoir d’achat, due à la baisse de l’impôt sur le revenu, celle des cotisations salariés liée à la défiscalisation des heures supplémentaires au 4e trimestre, et surtout à une amélioration de l’emploi. De fait, après 285 000 emplois créés en 2006 (dont 187 000 marchands), le chiffre pourrait atteindre 340 000 (dont 256 000 marchands) cette année. Ce qui, compte tenu du ralentissement de la population active, devrait se traduire par une « décrue sensible du chômage (…), de l’ordre de 200 000 personnes, au sens du BIT ». L’Insee conditionne ce scénario à l’hypothèse que les effets de la crise financière « resteraient limités au 4e trimestre ». Si cette crise devait persister, prévient-elle, les entreprises pourraient être conduites à différer de nombreux projets d’investissements, « par manque de visibilité sur la croissance des débouchés ou par difficulté à obtenir le financement ». Alors, la croissance en serait amoindrie. Si l’Insee ne chiffre pas cet impact, ni pour cette année, ni pour l’an prochain, Bercy s’est livré à l’exercice. La crise financière pourrait, au pire, amputer de 0,5 point la croissance en 2008, la ramenant dans une fourchette de 1,5 % à 2 %, écrivent les experts du ministère de l’Économie dans les annexes au projet de loi de finances, estimant toutefois qu’une crise du crédit généralisée n’est pas l’hypothèse « la plus probable ».

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