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La culture urbaine française « kiffe » New York

Le festival « I kiffe NY » organisé par les services culturels de l’Ambassade, en hommage à la culture urbaine, a débuté ce lundi 6 octobre. Réactions du cinéaste Melvin Van Peebles, parrain de l’événement.

Le festival « I kiffe NY » organisé par les services culturels de l’Ambassade, en hommage à la culture urbaine, a ouvert ses portes, ce lundi 6 octobre. Une cinquantaine d’artistes français, représentant des disciplines aussi variées que la musique, le cinéma, la danse ou les arts visuels, mais partageant un même attachement à la culture de rue, est invitée à se produire durant tout le mois d’octobre, dans les différents lieux partenaires de l’événement : institutions diurnes comme le FIAF, NYU, Columbia University ou retraites noctambules comme le Hiro Ballroom ou Joe’s Pub…

Pendant un mois, la très institutionnelle Ambassade de France se met donc au rythme de la rue, comme pour rendre hommage à la « street culture » américaine : New York la multiculturelle n’est-elle pas une source féconde d’inspiration pour les banlieues françaises ? Au programme des festivités (voire notre Agenda), des films, maintes fois primés comme ceux de l’incontournable Abdelatif Kechiche, ou plus confidentiels comme « Regarde moi », le premier film d’Audrey Estrougo. De la musique, aussi : soul rêveuse des Nubians, nappes electro de Wax Tailor ou hip-hop hypnotique de La Caution… On prend rapidement conscience de la diversité de cette mouvance urbaine, dont il semble difficile de cerner les contours.

Lorsque l’on pose la question à Melvin Van Peebles, président d’honneur du festival, il se refuse à réduire la culture de rue à une culture de revendication. « Ces jeunes -et moins jeunes- sont le langage de leur lieu, l’expression d’une colère et d’une romance. La seule chose que je peux vous dire, c’est que c’est vivant. »

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Melvin Van Peebles est, à 76 ans, à la fois le père et l’éternel enfant de la culture de rue. Il vit entre New York, Los Angeles et Paris, et file avec la France une histoire d’amour qui commence dans les années 1960, lorsque Henri Langlois (NDLR : Fondateur de la Cinémathèque Française), le premier, prend la défense de ses films, quand les États- Unis n’y voient que les arrogances d’un jeune noir. Le touche-à-tout de génie est alors réalisateur, mais également rédacteur au magazine satyrique Harakiri (NDLR : ancêtre de Charlie Hebdo), avec ses « copains » Jodorowsky et Topor (NDLR : artistes et intellectuels pluridisciplinaires, fondateurs du mouvement Panik), producteur, acteur, musicien… Il vous raconte, non sans poésie, qu’il a inventé le rap en écoutant Aristide Bruant !

Le réalisateur, décoré de la Légion d’Honneur, est considéré comme le pionnier de la Blaxplotation (Le cinéma fait par les noirs pour les noirs et dont Spike Lee serait le nouveau représentant), mais là aussi il refuse les cases: « Je suis l’ambassadeur de que dalle, moi ! ». Il semble en tout cas très heureux d’être celui du festival, et très simplement, lance à tous ces jeunes artistes qui constituent sa relève : « Continuez ! ».

 

 

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