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« La danse classique est une machine à broyer les faibles »

Tous les ans depuis 1987, Le Joffrey Ballet de Chicago offre, pour les fêtes, son adaption originale de Casse-Noisette. Formé à l’Opéra de Paris, Fabrice Camels est danseur étoile  pour cette compagnie qu’il a intégrée en 2002. Portrait.

« Je ne me souviens plus du nombre exact de Casse-Noisette que j’ai dansé », raconte Fabrice Calmels danseur étoile au Joffrey Ballet de Chicago. Mais cela fait douze ans que je vis aux États-Unis et que je danse ce ballet tous les ans, avec 35 spectacles en moyenne par saison. [dont une année record avec 68 représentations en l’an 2000 avec le Boston Ballet, ndlr]. Selon les rotations des spectacles avec le Joffrey, je danse les rôles du « Roi Neige », du « Café d’Arabie » et bien sûr, celui de « Casse-Noisette ». Une version originale, créée par le cofondateur de la compagnie, Robert Joffrey, en 1987, devenue au fil du temps une véritable tradition de fin d’année à Chicago.

Fabrice Calmels est né en France, où il a commencé la danse classique dès l’âge de 3 ans. Admis à l’École de l’Opéra de Paris en 1991 sous la direction de Claude Bessy, il a étudié avec les grands maîtres de la danse comme Serge Golovine, Gilbert Mayer,  ou encore  Violette Verdy. C’est à l’Opéra Garnier de Paris qu’il réalise ses premières performances.  En 1998, John Meehan, directeur de l’American Ballet Theatre’s Studio Company découvre Fabrice Calmels, alors âgé de 17 ans, et l’invite à New York. Il restera aux Etats-Unis jusqu’en 1991. Il danse avec the Rock School, pour le Pennsylvania Ballet. Il apprendra également les techniques du ballet russe avec les maîtres danseurs Tatiana Terekhova et Sergei Berezhnoi au Boston Ballet et le style « Balanchine » au sein de la School of American Ballet.  En 2001, Fabrice Calmels, rentre en France et électrise la scène du célèbre cabaret du Lido à Paris.

C’est la compagnie du Joffrey Ballet de Chicago, alors sous la direction de son cofondateur Gérald Arpino, qui lui offre l’occasion de revenir aux Etats-Unis en 2002. Fabrice Calmels, est nommé danseur étoile deux ans plus tard, à l’âge de 24 ans. Il est, depuis, resté fidèle à la compagnie qui a cru en lui. « J’y ai trouvé une famille, des gens qui se préoccupent plus des autres que d’eux-mêmes, explique le Francais. Quand je danse, je danse pour mon public, je danse pour tous ceux qui m’ont donné la chance de devenir la personne que je suis, pour ceux qui ont cru en moi, ceux qui se sont battus pour garder la compagnie à flot et pour ceux qui viennent nous voir danser et qui croient en l’art de la danse. Tout cela vibre dans mon coeur, et ça explose sur scène. »

En effet, sur scène, Fabrice Calmels, un athlète de 2 mètres,  à la beauté d’Apollon, est un danseur puissant et envoûtant. Il a une grâce aérienne alliée à une force physique étonnante. « La danse classique est une discipline, une machine à broyer les faibles. C’est une demande très physique, un vocabulaire très précis à maîtriser. Malgré la difficulté, le danseur simule afin de lui donner un caractère léger, aérien et facile, créant délicatesse et élégance. »

Infos pratiques

Casse-Noisette de Tchaikovski, par l’orchestre du Chicago de Sinfonietta, jusqu’au 26 décembre.

Infos et réservations : www.joffrey.org

 

 

 

 

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