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La diminution du brouillard sur la côte californienne menace les séquoias

Le brouillard a nettement diminué le long de la côte californienne durant l’été depuis un siècle, mettant potentiellement en danger les forêts de séquoias qui dépendent de cette humidité pour ne pas se dessécher durant la saison chaude, selon une étude publiée lundi.

Il n’a pas été établi si la cause de ce phénomène est naturelle ou résulte de l’activité humaine mais ce changement pourrait perturber non seulement les séquoias, mais aussi l’ensemble de l’écosystème de ces forêts d’arbres géants, soulignent les chercheurs de l’Université de Californie, à Berkeley (ouest).

“Depuis 1901, le nombre moyen d’heures de brouillard le long de la côte en été est passé de 56% à 42%, ce qui représente une perte d’environ trois heures par jour”, précise James Johnstone, spécialiste de l’étude de l’environnement au département de géographie de l’Université de Californie, principal co-auteur de cette recherche parue dans les Annales de l’Académie américaine des Sciences (PNAS) datées du 15 février.

“Le fait que la côte soit fraîche et l’intérieur des terres plus chaud est l’une des caractéristiques du climat côtier de la Californie mais la différence de température entre la côte et l’intérieur a diminué notablement au cours du siècle passé, simultanément avec la diminution du brouillard en été”, explique-t-il.

La perte de brouillard et l’augmentation des températures l’été signifient que “les forêts de séquoias et les autres écosystèmes de la côte ouest américaine pourraient être de plus en plus affectés par la sécheresse”, ajoute Todd Dawson, professeur de biologie à l’Université de Californie (Berkeley) et co-auteur de ces travaux.

“Le brouillard permet d’éviter aux forêts de séquoias des pertes d’eau résultant de l’évaporation en été, et c’est important pour les arbres et les forêts”, poursuit-il. “Si le brouillard disparaît, nous pourrions très bien ne plus avoir les forêts de séquoias que nous avons aujourd’hui”, craint ce biologiste.

“Les séquoias adultes le long de la côte ne vont probablement pas périr mais il pourrait y avoir moins de nouveaux arbres pour les remplacer aux mêmes endroits et les forêts de séquoias pourraient se développer dans des zones plus humides et plus fraîches”, relève Todd Dawson.

Ces chercheurs espèrent pouvoir établir une relation entre la fréquence du brouillard et les cercles de croissance des arbres, de manière à établir des tendances climatiques sur plusieurs siècles.

Cette découverte surprenante a résulté de l’analyse de données récemment publiées par l’Institut national américain des données climatiques (National Climate Data Center) dont les informations proviennent en partie des stations météo de tous les aéroports américains prélevées depuis plus de 60 ans tels que la hauteur du plafond nuageux, la visibilité, les vents et les températures.

Les auteurs de l’étude ont particulièrement analysé les données des aéroports le long de la côte nord de Californie. Ils ont découvert que deux de ces aéroports, Arcata et Monterey, avaient des archives contenant des données sur le brouillard remontant à 1951.

Ils ont déterminé que la présence de brouillard est quasiment toujours liée à un écart de température important entre la côte et les terres intérieures.

Utilisant des archives de stations météo le long de la côte du Pacifique, ils ont pu retrouver les températures de la région côtière et de l’intérieur depuis le début du XXe siècle. Ces chercheurs ont découvert que l’écart de température entre ces deux sites était passé de 9,4 degrés Celsius en 1901 à 6,11 degrés aujourd’hui.

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