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« La France a une bonne image dans l’Ouest américain »

Nommé consul général de France à San Francisco le 28 juin dernier par le président Nicolas Sarkozy, Romain Serman succède ainsi à Pierre-François Mourier. France-Amérique a rencontré le représentant de l’État, tout juste arrivé dans la Bay Area.

 

Quel a été votre parcours avant d’être nommé consul général ?

Mon parcours est assez bref, car je vais avoir trente-huit ans dans un mois. Je suis entré au Quai d’Orsay en 2000, en sortant de l’ENA. J’étais alors en charge des relations franco-algériennes. Une époque passionnante car nous essayions alors de renouveler les relations entre les deux pays. En 2003, je suis parti à la mission française auprès des Nations unies à New York, où je m’occupais des crises africaines au Conseil de sécurité. Ce fut mon premier séjour aux États-Unis. J’y suis resté quatre ans avant d’être ensuite appelé à l’Élysée en juin 2007, où j’ai rejoint l’équipe du président de la République. J’ai alors travaillé à la cellule diplomatique en charge de l’Afrique.

Une dernière mission vous a également été confiée avant votre retour aux États-Unis…

En décembre 2009, le président m’a demandé d’organiser le sommet Afrique-France, le seul de son quinquennat, qui s’est tenu à Nice il y a deux mois. J’en ai donc été  le secrétaire général, juste avant d’être nommé consul général à San Francisco.

Quel regard portez-vous sur la ville ?

Un regard émerveillé et neuf à la fois, du fait que je viens d’arriver. Je connaissais très peu San Francisco. J’y étais passé quand j’étais en poste à New York. Déjà à l’époque, j’avais été émerveillé par l’énergie, le dynamisme et la culture propres à la ville. Elle est d’ailleurs connue à juste titre pour cela.

Dans quelle situation se trouve actuellement la communauté française dans la région ?

Je n’aurais pas la prétention de répondre à cette question. Pour l’instant, je suis dans une phase d’écoute et d’apprentissage. Avant de me faire ma propre opinion, je commence naturellement à écouter la communauté française et ses représentants. C’est avant tout à eux de me dire ce qu’ils souhaiteraient pour que la France soit bien représentée à San Francisco, mais également dans tout le nord-ouest des États-Unis.

Quel  sentiment ressort de ce que vous avez pu entendre depuis votre arrivée ?

S’agissant de San Francisco, et plus généralement de l’Ouest américain, j’ai toujours entendu dire que le pays a traditionnellement une bonne image. C’est une bonne nouvelle. Le président de la République a beaucoup travaillé depuis son élection (ndlr, en mai 2007) à l’amélioration des relations franco-américaines. Je vais également écouter nos amis américains pour savoir ce que l’on peut faire de plus pour améliorer encore ce volet. C’est mon ambition.

Au moment de dresser son bilan, votre prédécesseur a insisté sur l’enjeu universitaire que représente la ville. Qu’en pensez-vous ?

Je répondrais en toute prudence, car mon parcours fait que je ne suis pas un grand spécialiste du monde universitaire. Mais nous avons la chance d’avoir à San Francisco des universités parmi les plus performantes et les plus prestigieuses au monde. Berkeley ou Stanford, par exemple, réunissent certains des plus grands talents. D’autre part, l’ambition de la France est d’avoir des universités de niveau mondial. D’où les réformes en cours et la création de pôles de compétitivité. Quand je vois ces deux éléments, je pense que notre objectif est de faire en sorte que la diversité française puisse bénéficier de l’expérience et des moyens des universités de la région. Beaucoup a été fait, mais beaucoup reste encore à faire.

Quels sont les prochains projets du consulat ?

Le premier projet concerne son déménagement. Je reste prudent, mais nous pourrons peut-être disposer d’ici l’an prochain de locaux plus modernes et plus accessibles. Afin qu’ils soient mieux adaptés aux besoins de la communauté française, avec laquelle nous allons continuer à développer nos relations, et des Américains ayant besoin de nos services. Ensuite, nous allons devoir être un peu plus créatifs dans nos futurs projets.

Par exemple ?

Nous travaillons sur de nouveaux types de rencontres entre de jeunes scientifiques français, qui travaillent dans la Silicon Valley, et de grands universitaires américains. Des rencontres qui permettent le partage des savoirs et de l’expérience, dans un cadre plutôt informel.

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