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La France et les Etats-Unis à l’unisson sur la question irakienne?

Publié le lundi 20 août 2007


 


Au moment où le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se rendait à Bagdad dimanche pour la première fois depuis l’intervention américaine en mars 2003, le New York Times rapportait le témoignage de 7 soldats américains sur le bilan de l’occupation en Irak.


 


Alors que le gouvernement irakien subissait l’affaiblissement de sa cohabitation mise en place progressivement depuis janvier 2005, le président kurde Jalal Talabani a appelé la France a soutenir leur pays. C’est en tant que haut représentant de l’État français que Bernard Kouchner s’est rendu dans le pays pour apporter son soutien à la nation arabe, et commémorer l’attentat du 19 août 2003 qui avait détruit le siège des Nations Unies en Irak, provoquant la mort de 22 membres de l’organisation, dont le représentant spécial du Conseil de sécurité et ami du ministre, le brésilien Sergio Vieira de Mello.


 


À l’occasion de ce déplacement, il a également affirmé que la France était prête à venir en aide au pays en crise, mais que la solution était entre les mains des irakiens eux-mêmes. « La France est prête à participer à cette lutte contre la violence mais je n’ai pas de solution miracle. Notre volonté est d’être au côté de ce grand pays indispensable à l’équilibre et à la naissance de la démocratie dans cette région tellement importante », at-il déclaré. Bernard Kouchner, autrefois haut fonctionnaire des Nations Unies, n’a par ailleurs pas oublié de souligner le rôle important de cette organisation inter-étatique concernant le futur de l’Irak : « Une part de l’avenir de ce pays pour lutter contre la violence et rétablir la paix et la démocratie peut passer par les Nations Unies », a-t-il déclaré. Il a en outre mentionné l’importance d’une « participation plus grande » de cette organisation internationale en suggérant les relations désormais amicales entre les Etats-Unis et la France sur le conflit irakien. Si les deux nations ont connu des divergences sur la question, «cette page est derrière nous », a rappelé le ministre français, « Tournons-nous vers l’avenir ».


 


Cette visite, tout comme la déclararion de Bernard Kouchner sur les nouvelles relations franco-américaines, a été vivement critiquée par Jean-Pierre Chevènement qui dénonce la perte du « non-alignement », en référence à l’opposition du pays à la guerre en Irak. Il s’interroge également sur la véritable teneur de la visite informelle, le 11 août dernier, du président Nicolas Sarkozy à son homologue américain George W. Bush.


 


Il est vrai que l’article The War as We Saw It, publiée le 19 août 2007 dans le New York Times, le plus célèbre quotidien américain, remet singulièrement en question l’efficacité américaine dans la gestion de ce conflit. Dans cette interview, sept soldats de la 82e division aéroportée des États-Unis, témoins directs de la situation au Moyen-Orient et membres du corps de l’État, ont eu des propos très durs concernant l’occupation en Irak. « À la fin, nous devons reconnaître que notre présence aura peut-être libérée les irakiens des griffes d’un tyran, mais nous leur avons aussi volé leur dignité personnelle. Ils réaliseront vite que la meilleure manière de regagner leur dignité est de nous appeler par ce que nous sommes, une « armée d’occupation » et d’obliger notre retrait », déclaraient-ils en indiquant qu’ils exprimaient-là leur point de vue personnel et non un point de vue officiel. « Croire que les Américains, avec une force d’occupation qui a du survivre à un accueil réticent il y a longtemps, peuvent convaincre une population locale et gagner contre cette insurrection est peu plausible », admet l’un d’entre eux.


 


Que l’initiative de Bernard Kouchner ainsi que celle des soldats américains ne soient qu’une pure coincidence, ou, comme le suggère Jean Pierre Chevènement, un accord tacite qui ait fait suite au déjeûner informel entre les deux chefs de l’État, il semblerait que la question irakienne trouve enfin un terrain familier entre la France et les Etats-Unis. Cette nouvelle alliance pourrait également donner un autre relief à la situation en Irak dans la mesure où elle permettrait une plus grande participation de l’ONU dans ce conflit.   

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