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La France se fait remarquer pour sa diplomatie

Publié le lundi 27 août 2007


Actualisé le mardi 28 août 2007


 


Alors que Nicolas Sarkozy, en hausse dans les sondages, exposait sa politique étrangère aux 180 chefs de la mission diplomatique, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki demandait au ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, de présenter ses excuses pour avoir réclamé son départ du gouvernement.


 


Grâce aux derniers sondages politiques, Les Français ont pu jugé les premiers cent jours du nouveau chef de l’État en charge de la politique extérieure, Nicolas Sarkozy. Depuis son entrée en fonction, la persévérance du président de la République, notamment sur l’image de la France à l’international, semble avoir porté ses fruits. Plus 3% de popularité au dernier sondage Ifop.  Le taux de satisfaction des français se monte désormais à 69%, diminuant rationnellement le nombre de mécontents d’un point, le portant à présent à 29%.


 


Fort de ce soutien, Nicolas Sarkozy a exposé aux 180 chefs de la diplomatie française les grandes lignes de sa politique étrangère pour les cinq ans à venir. La 15e conférence des ambassadeurs à Paris a été l’occasion pour lui de faire le point sur les grands chantiers de la diplomatie. Il a notamment évoqué « l’Europe comme priorité », rappelé qu’ « alliés ne veut pas dire alignés » concernant les nouvelles relations entre la France et les États-Unis, et mentionné que la question de l’arme nucléaire en Iran était « inacceptable ». Le chef de l’État a éclairé les grandes lignes de son « équipe remarquable », comme il le déclare lui-même, concernant, entre autres, le Liban, les relations israélo-palestiniennes, le Kosovo ou l’ouverture du Conseil de sécurité de l’ONU à de nouvelles puissances comme l’Afrique.


 


Lors de cette conférence, Nicolas Sarkozy a également rendu hommage à son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sommé la veille de présenter ses excuses au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. Le ministre irakien reproche en effet au chef de la diplomatie française d’avoir réclamé son départ du gouvernement d’Union nationale. Le 24 août dernier, lors d’un entretien pour l’hebdomadaire américain Newsweek, le ministre avait répondu, sur une question concernant le « fort sentiment » en Irak de voir M. Maliki partir, « Oui. Je viens d’avoir Condoleezza (Rice, Secrétaire d’État) au téléphone il y a dix ou quinze minutes et je lui ai dit ‘Ecoutez, il doit être remplacé’ ». Suite à cette déclaration, Bernard Kouchner s’est justifié en évoquant un mal-entendu et a déclaré lundi sur RTL : «  Si le Premier ministre irakien veut que je m’excuse pour avoir interféré dans les affaires irakiennes de façon aussi directe, je le fais volontier. Il s’agissait des propos de mes interlocuteurs, si j’ai été mal compris, j’en suis désolé. »  


 


Alors qu’il obtenait le soutien du chef de l’État, Faouzi Lamdaoui, le Secrétaire national du PS à l’égalité déclarait, en parlant de Bernard Kouchner : « il a gravement dégradé notre crédibilité à l’étranger après son absence dans le dossier des infirmières bulgares et cette nouvelle grave erreur diplomatique ». Une remarque « équilibrée » par la déclaration de Pierre Moscovici, le Secrétaire national du PS aux questions internationales, qui a approuvé les « évolutions fortes » dans le discours sur la politique extérieure, exprimé ce lundi par Nicolas Sarkozy.


 


A travers ce discours, le président a également su retenir l’attention des américains qui titraient, dans le New York Times du lendemain : Sarkozy Lists Foreign Priorities, With Iran First, par Elaine Sciolino et Ariane Bernard. Les journalistes relèvent la déclaration du chef de l’État sur la crise nucléaire iranienne et sur la possibilité d’une attaque militaire si le pays ne respectait pas ses obligations internationales qui sont de suspendre son programme nucléaire. «  Mr. Sarkozy a souligné qu’un tel résultat final serait un désastre, mais n’a pas dit que la France ne participerait jamais à des actions militaires contre l’Iran. Le simple fait qu’il n’ait pas écarté l’usage de la force pourrait être perçu par l’Iran comme un avertissement sur les conséquences qui auraient lieu si le pays continuait ses actions », écrivent les deux journalistes. Cependant, elles précisent que le président de la République n’a jamais proposé de soutien français aux forces américaines basées en Irak et que Nicolas Sarkozy a par ailleurs tenu a rappeler que « la France était et reste hostile à cette guerre » et qu’ « il ne peut y avoir qu’une solution politique ».

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