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La Francophonie célébrée en musique à l’ONU

Jeudi 20 mars, la Francophonie a été célébrée comme chaque année dans les bâtiments de l’ONU à New York. De nombreux ambassadeurs des pays francophones étaient présents. C’est le saxophoniste camerounais Manu Dibango qui a assuré le spectacle durant une soirée animée qui a vu récompenser certains des acteurs de la Francophonie dans le monde.

La Francophonie c’est, en 2014, 13% de la population mondiale, 220 millions de locuteurs, 32 Etats dont c’est la langue officielle. 57 Etats sont aujourd’hui membres de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) dont la mission est tant politique que culturelle. La promotion du français va de paire avec celles des valeurs démocratiques, si l’on en croit un message du Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. Il déclare que “la Francophonie c’est la volonté de dire non (…) aux aspects néfastes de la mondialisation,(…) aux inégalités, (…) aux conflits oubliés.” La Francophonie c’est aussi tenter de conserver un statut face à un recul de l’utilisation de la langue française jusque dans les institutions et combattre la tendance au monolinguisme.

Le Dr. Koubourath Anjorin Osseni, Grande chancelière du Bénin, présente à la soirée, déplore ce déclin. “Le français est une langue que j’aime, poétique et belle. Pour défendre la langue française, il faudrait que tous les grands Français le parlent. Dans les grandes institutions, les négociations se passent désormais en anglais, sans traduction. En d’autres termes, si l’on ne parle pas anglais nous n’avons pas à être là.”

Le “Vive la Francophonie” de Peter Launsky-Tieffental, Secrétaire général à la communication et de l’information du public, en introduction de son discours, résonne comme un cri d’alarme. Les irréductibles du français, acteurs dans la promotion de la langue, ont été récompensés durant la soirée. Comme Edith Boncompain, qui dirige la New York French American Charter School, située à Harlem. Pour elle la défense du français “c’est tous les jours. C’est bien d’avoir une célébration, mais comme toutes les journées qui célèbrent quelque chose, c’est trop ponctuel. L’important est de se battre au quotidien.”

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, récompensé pour son action, parle d’une journée “qui fait partie des traditions”. “Vous voyez à quel point elle ratisse large ? Il y a des ambassadeurs qui viennent de partout dans le monde, même de pays non francophones mais qui parlent la langue.” Manu Dibango, avant d’entamer un spectacle qui fit danser toute la salle, invitait également à fêter le français : “célébrons cette langue vu que l’on en est propriétaire également ; nous ne sommes plus locataires.”

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