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La “French tech” séduit le marché américain à Las Vegas

Les start-up françaises présentes au salon high-tech International CES de Las Vegas se sont fait remarquer pour leurs innovations et beaucoup espèrent trouver rapidement des nouveaux marchés, partenaires ou financements, malgré les contraintes.

“La France n’est pas seulement un pays de fromage et de vin, mais aussi de technologies”, affirme Christophe Lecourtier, directeur général de l’agence publique de soutien aux exportateurs français Ubifrance. Pour le prouver, Ubifrance a accompagné la venue à Las Vegas des start-up, dont la plupart exposent dans un espace commun au salon sous le label “France” des vêtements sportifs intelligents, des services de musique en ligne, des logiciels de visualisation en 3D…

Elles espèrent gagner à Las Vegas un peu de notoriété, mais aussi des contacts commerciaux ou des financements. “On cherche des partenaires, des distributeurs, et des investisseurs qui pourraient accélérer notre développement”, résume Raphaelle Seyfried, cofondatrice de MEG, qui espère trouver des marchés internationaux pour un pot gérant tout seul l’arrosage des plantes, conçu avec des horticulteurs.

Les start-up françaises très suivies aux Etats-Unis

A peine installées dans le salon, les 40 start-up françaises (sur les 200 présentes au salon) ont pu constater l’attrait de leurs produits. Souvent désignées comme les plus “inventives” et “innovantes” par les médias américains couvrant les événements, les start-up françaises surfent sur le succès des 90 start-up françaises présentes en 2013, dont trois avaient été récompensées par le salon en offrant une visibilité mondiale à leurs produits.

La “French tech” a aussi reçu le soutien de la ministre déléguée à l’économie numérique, Fleur Pellerin, qui affiche la volonté de “convaincre que la France est entrée dans le XXIe siècle”, et qui en a aussi profité pour rencontrer des dirigeants d’entreprises américaines intéressées par le marché français, comme le site de vidéo en ligne Netflix (voir encadré en bas de cet article).

“Dans le domaine des objets connectés qui va très probablement exploser (…) on a la possibilité d’avoir une place de choix”, affirme la ministre. “Nous ne sommes pas mauvais en France” pour la création d’entreprise, “notre problème c’est de transformer ces start-up en grands groupes”, juge pour sa part Pierre Gattaz, le président du Medef, qui s’est également déplacé au CES. D’autant que les entreprises françaises doivent se développer le plus rapidement possible avant l’arrivée sur le marché des mastodontes Google, Apple ou autre Microsoft.

Pénétrer le marché américain

Pour les jeunes entreprises technologiques françaises, “la difficulté c’est d’accéder au marché, qui est surtout américain” car il y a moins de fragmentation qu’en Europe et les consommateurs y ont plus d’appétit pour les nouvelles technologies, juge Eric Carreel, président et cofondateur de Withings. Cette dernière présente pour la quatrième fois au CES ses objets connectés liés à la santé, avec cette année un système d’amélioration du sommeil alliant un capteur placé sous le matelas et une lampe de chevet.

L’aspect financier peut aussi s’avérer un écueil, même si des dispositifs d’aide existent. “Le démarrage commence à être bien accompagné, la phase deux est plus difficile, quand les montants sont plus importants et qu’il faut les lever rapidement”, note Eric Carreel.

Le spécialiste du ciblage publicitaire Critéo avait d’ailleurs choisi l’an dernier de faire son entrée en Bourse au Nasdaq new-yorkais, et non à Paris. “On a eu beaucoup de mal à trouver une banque qui accepte des paiements en dollars pour des ventes en ligne”, raconte aussi Rafi Haladjian, patron fondateur de la société Sen.se qui s’est fait remarquer au CES avec sa “maman” électronique, un robot en forme de poupée russe qui gère les objets connectés dans la maison. “Vous voulez vendre un produit mondial, mais les systèmes de paiement proposés par toutes les banques françaises n’acceptent que des euros.”

Même si l’argent y est réputé plus facile à trouver, “le marché américain n’est pas une poule aux œufs d’or”, nuance Jean-Marc Le Roux, cofondateur et président d’Aerys. Sa société, qui présente une plateforme logicielle pour visualiser et partager des fichiers 3D, a réussi en trois ans à nouer des partenariats avec des groupes comme LVMH, Renault, Safran ou Ubisoft. Pour lui, un des atouts français est la qualité de sa formation. “Le recrutement pour nous est un point majeur, beaucoup plus que le financement.”

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“Rien” n’empêche Netflix de venir en France

“Rien” n’empêche l’implantation en France de Netflix, a assuré mardi à Las Vegas la ministre française déléguée à l’économie numérique, Fleur Pellerin, disant toutefois avoir rappelé quelques “pré-requis” au site américain de vidéo en ligne à la demande.

Mme Pellerin a rencontré mardi le patron de Netflix, Reed Hastings, en marge du salon d’électronique grand public International CES à Las Vegas. L’arrivée en France de Netflix, qui a commencé à s’implanter dans d’autres pays européens, fait l’objet de spéculations depuis longtemps et des représentants du groupe avaient déjà été reçus à l’Elysée début décembre à leur demande.

Interrogée mardi soir lors d’une conférence de presse au CES sur ce qui empêchait l’implantation du groupe en France, Mme Pellerin a répondu : “pour l’instant, rien”.

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