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La Grande guerre vue par des illustrateurs français s’affiche à Chicago

Dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’université de Chicago présente dans sa bibliothèque l’exposition “En Guerre, French Illustrators and World War I” jusqu’au 2 janvier 2015. L’occasion de découvrir tout un pan de la production artistique de cette époque.

Depuis les premières formes artistiques, les hommes ont représenté la guerre. Une multitude d’œuvres ont été inspirées par la Grande guerre, qui invente le “conflit total” et est responsable de plus de 8 millions de morts en Europe. La guerre a touché l’ensemble des couches de populations et tous les aspects de la vie. Selon l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau, “l’activité commémorative qui a commencé immédiatement après la Grande guerre, dans tous les pays et avec une intensité inouïe, a sans doute empêché le deuil de se clore alors que c’était le but initialement recherché. La présence si forte, de nos jours, de ce passé guerrier dans notre présent révèle, dans une large mesure, une parenthèse non refermée.”

Des auteurs ont rapidement relaté leur expérience du conflit. A l’Ouest, rien de nouveau d’Eric Maria Remarque est publié en 1929, puis adapté au cinéma en 1930 par Lewis Milestone. Les illustrations de cette époque restent cependant moins étudiées que d’autres formes artistiques. L’exposition “En guerre” de la bibliothèque de l’Université de Chicago, présentée par Neil Harris et Teri Edelsten, historiens de l’art, cherche  à palier ce manque d’étude en s’interrogeant sur les différentes représentations du conflit et sur la place de la propagande dans les démarches artistiques. La plupart des 130 illustrations (affiches, livres pour enfants; illustrations de romans, cartes) sont issues des archives de la librairie de l’Université de Chicago.

La première tentative de classification de la production iconographique a lieu en 1917. Elle est assurée par l’historien et critique Hilaire Noël Sébastien Clément-Janin. Il recense alors plus de 10 000 imprimés.

Les artistes ici présentés (Raould Dufy, Georges Barbier, André Hellé) sont alors jeunes, au début de leur carrière. Ils ont surtout recours à la couleur, au pinceau et au pochoir. Ils empruntent parfois au répertoire enfantin et onirique, comme dans le Conte de fées de Lucien Laforge. Les illustrations de Jean-Emile Laboureur (Dans les Flandres britanniques), dans leur abstraction, se situent à l’avant-garde en reprenant des influences cubistes. Leurs homologues allemands se concentrent plus sur les horreurs du conflit et sur les destructions, ce qui rappelle la poésie macabre de Paul Iribe, qui n’utilise qu’une palette réduite de couleurs.

Les affiches sont généralement encadrées en intérieur, dans les dîners mondains, dans les commerces et les bâtiments publics, souvent comme une démonstration de patriotisme. Ces images sont d’une grande diversité et ne poursuivent pas les mêmes fins. Elles assurent soit la promotion des discours officiels de mobilisation, soit la critique des narrations de guerre.

Certaines œuvres témoignent directement de l’expérience de guerre en se plaçant du côté du soldat. Ronge-maille vainqueur de Lucien Descaves adopte le point de vue d’un rat, toujours à proximité des combattants dans les tranchées. Cette série est ouvertement anti-militariste et pacifiste. Les dessins sont censurés en 1917, puis publiés à nouveau après l’Armistice. Lucien Boucher croque le quotidien dans le camp de Merseburg en Saxe dans ses Images de la vie des prisonniers de guerre.

Des magazines satiriques comme La Baïonnette, mènent une guerre visuelle anti-allemande, sans avoir recours à la photographie, avec peu de texte, en s’appuyant essentiellement sur l’illustration. Ils tournent en ridicule la culture de l’ennemi, écrasent Gustave Klimt en quelques coups de crayons et caricaturent les maîtres de l’Allemagne.

Les illustrations de guerre continuent après l’Armistice. Une dizaine d’années plus tard commence l’âge d’or des illustrateurs et des éditeurs, qui disposent alors d’un marché en pleine expansion.

Site internet de l’exposition : http://www.lib.uchicago.edu/e/webexhibits/enguerre/index.html

 

Exposition ouverte du lundi au vendredi 9h-16h45, le samedi 9h-12h30.

Pour les vacances scolaires, consulter le site http://hours.lib.uchicago.edu.

 

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