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La grève continue

Alors que le mouvement de grève pour le maintien des régimes spéciaux continue ce weekend à la SNCF et RATP avec une légère tendance à l’essoufflement, les étudiants opposés à la loi Pécresse sur l’autonomie des universités redoublent leurs efforts.

250 TGV contre 700 en temps normal. C’est une légère amélioration que pourront constater les usagers de la SNCF qui ne pouvaient compter que sur 90 trains à grande vitesse il y a encore deux jours. Malgré cette reprise progressive des transports, le trafic reste perturbé avec une soixantaine de trains Corail et des temps d’attente de 15 à 50 minutes en ce qui concerne le réseau de transports en commun dans la capitale. Si la mobilisation était une des plus importantes avec toujours 61,5% du personnel en grève mercredi, le mouvement s’est progressivement essoufflé dès le lendemain avec 42,8% de grévistes jeudi et 32,2% seulement annoncés pour vendredi. Les sept syndicats, qui avaient lancé l’offensive le 18 octobre dernier avec un soutien de 75% du personnel de la compagnie des chemins de fer, n’ont toujours pas obtenu satisfaction malgré les récentes négociations avec le gouvernement. Les autorités françaises, à travers la voix du ministre du Travail Xavier Bertrand, avaient accepté de discuter la modification des régimes spéciaux, « entreprise par entreprise ». Pourtant, les syndicats critiquent le manque de précisions sur cette révision de la loi, notamment concernant l’application du calendrier. Si la gêne prévoit de durer encore un certain temps, l’épisode du 18 octobre a prouvé que les français savaient faire face à ce type de situation (voir article de France-Amérique Malgré la grève des transports, tout roule). Selon un récent sondage IFOP, ils sont d’ailleurs 62% à juger la grève "injustifiée", mais 82% à s’attendre que la grève dure quelques jours ou plus.

Le principal risque de perturbation vient aujourd’hui des étudiants, qui protestent massivement depuis deux semaines. Opposés à la loi Pécresse adoptée en août dernier (voir article précédent La France bougera-t-elle?), ils avaient déjà prévu de s’unir aux cheminots et d’envahir les gares. Le mouvement avait progressé inégalement lundi, divisant les opinions estudiantines sur l’attitude à adopter, avant de regagner une certaine ampleur allant jusqu’à toucher la moitié des universités de France. Vendredi, 46 sites universitaires (32 selon le gouvernement) sur 85 manifestaient contre la mesure de la ministre de l’Enseignement supérieur. Malgré la grogne des étudiants hostiles aux blocages, le mouvement s’est aggravé, appelant parfois la police à intervenir directement dans les amphithéâtres.

Par ailleurs, l’éventualité d’une grève des fonctionnaires, mardi, pour protester contre la baisse du pouvoir d’achat et la réduction des effectifs dans la fonction publique, fait craindre au chef de l’État une généralisation des contestations qui pourrait remettre en cause le déploiement de son programme de réformes. Nicolas Sarkozy a en effet signalé très récemment qu’il souhaitait « éviter à tout prix » la jonction entre les différents mouvements.

Le président de la République, disposé à intervenir dans tous les domaines de la vie politique pourrait bien voir l’ampleur de sa tâche redoubler dans les prochains jours. Seule perspective positive pour Nicolas Sarkozy, le constat de la situation par Jean-Daniel Levy, analyste à l’institut des sondages CSA, qui rappelle que, selon les enquêtes, les français sont majoritairement favorables à la réforme contestée par les cheminots. M. Levy écarte d’autant plus la possibilité d’un mouvement de convergence, qu’il mentionne le refus des syndicats des transports face à l’initiative estudiantine de bloquer les gares.

 

La France bougera-t-elle?

http://www.france-amerique.com/actualites/article.php?id=307

Malgré la grève des transports, tout roule

http://france-amerique.com/actualites/article.php?id=257

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