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La passion de Marion Cotillard

L’histoire pourrait se répéter pour Marion Cotillard. Elle vient d’être nominée aux Golden Globes dans la catégorie meilleure actrice pour sa prestation dans la nouvelle comédie musicale de Rob Marshall, Nine, qui est sorti le 25 décembre aux États-Unis. Interview avec une actrice qui mène une carrière digne des plus belles icônes du cinéma et dont le seul mot d’ordre est la passion. Extrait de l’entretien publié dans l’édition de de décembre de France-Amérique.

France-Amérique : Le film Nine sort le 25 décembre aux États-Unis. Comment le scénario est-il arrivé entre vos mains ?

Marion Cotillard : Rob Marshall avait vu La Vie en Rose et voulait me rencontrer. J’ai passé des auditions de chant et de danse à Londres, puis des essais pour plusieurs rôles. J’ai fini par décrocher un des rôles pour le film. Mon premier aux États-Unis.

F.-A. : Après les Oscars ?

M.C. : Non. C’était six mois avant les Oscars. J’ai obtenu le rôle en juillet de l’année précédente. C’était extraordinaire pour moi de pouvoir jouer dans une comédie musicale américaine. Et encore une fois, c’était vraiment grâce à La Vie en Rose, car il n’était pas encore question d’Oscars à ce moment-là.

F.-A. : Aviez-vous déjà chanté sur un plateau de tournage ?

M.C. : Oui, j’avais déjà chanté dans un film français qui s’appelait Edy. J’aime beaucoup le chant, c’est une expression particulière. La voix, c’est quelque chose qui permet d’exprimer différentes émotions. Et lorsqu’on chante, cela change d’un rôle, c’est plus personnel, même si on interprète une petite histoire pendant quatre ou cinq minutes seulement. Donc, il y avait tout ce travail de préparation. Pour ce rôle, je me suis plongée dans la vie de Fellini et celle de sa femme, parce que Louisa dans Nine est un personnage assez proche de Giulietta Masina (ndrl, l’épouse de Federico Fellini).

F.-A. : Aviez-vous vu la Louisa interprétée par Anouk Aimée dans 8 ½ de Fellini ?

M.C. : Oui, bien sûr. J’avais vu il y a longtemps. Je l’ai revu quand j’ai entendu parler du film avant ma première audition pour un rôle qui est développé différemment dans Nine. Au départ, j’avais passé des essais pour

d’autres rôles. Quand j’ai été choisie pour jouer Louisa, je n’ai pas revu le film de Fellini.

F.-A. : Vous en êtes-vous détachée ou au contraire inspirée ?

M.C. : Anouk Aimée est tellement extraordinaire dans ce film. J’avais de toute façon un souvenir très fort de ce qu’elle y avait fait. Mais je ne voulais pas m’en inspirer, parce que c’est son travail et qu’il est magnifique. Cela aurait été inintéressant pour moi. Je n’aurais pas pu être à la hauteur sans aller dans une direction différente. Je suis allée puiser ailleurs, même si le rôle est quelque part le même : la souffrance de Louisa est la même ainsi que son intelligence et sa sensibilité.

F.-A. : Nine rassemble des acteurs très prestigieux, comme Nicole Kidman, Penélope Cruz, Sophia Loren et Daniel Day-Lewis. Comment s’est passé le tournage ?

M.C. : Avoir la chance de faire partie d’une comédie musicale avec tant de talents réunis, c’est déjà exceptionnel. Il y avait un lien entre nous toutes dès le départ. J’admire énormément Nicole Kidman et Penélope Cruz, qui sont les deux comédiennes avec lesquelles j’ai passé le plus de temps sur le plateau. Le fait de pouvoir partager ces moments-là avec elles m’a apporté beaucoup de bonheur. Les voir travailler et investir toute leur énergie dans un personnage et me plonger dans le même travail qu’elles, fut quelque chose de tout à fait unique. Quant à Daniel Day-Lewis, il est l’un des plus grands comédiens au monde. Au départ, un autre acteur était prévu pour ce projet. Lorsque j’ai appris que Daniel Day-Lewis faisait le film, j’étais complètement… je ne sais pas quel mot employer… j’ai vraiment ressenti une immense joie !

F.-A. : Comment appréhende-t-on le travail avec un acteur de l’envergure de Daniel Day-Lewis ?

M.C. : J’avais déjà rencontré Daniel Day-Lewis pendant la saison des awards, parce qu’on était en campagne en même temps. J’ai toujours été très impressionnée par lui. Le fait de l’avoir rencontré m’a permis d’être un peu moins intimidée lorsque je suis arrivée sur le plateau…

F.-A. : … Parce qu’il est intimidant !

M.C. : Oui, il est très intimidant et en même temps c’est quelqu’un de très accessible qui a un amour et une culture du travail tellement admirables. On est tous arrivés sur le film avec beaucoup d’enthousiasme, mais aussi de peur parce que la comédie musicale est un genre très particulier. Du coup, nous étions tous dans le même bateau. Nous avions tous nos appréhensions respectives, mais aussi une immense envie de travailler…

Lire la suite dans le magazine France-Amérique.

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