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La première Fête de la musique

Interview de Steven Swartz conseiller artistique sur l’évènenement Make Music New York

France-Amérique : Si vous deviez résumer la journée d’hier en un mot ?

Steven Swartz : Excitant ! Très peu de personne connaissait la Fête de la musique, maintenant les gens sont au courant. Quand je me baladais dans les rues hier, j’étais ravi. Malgré les averses, les New Yorkais ont joué le jeu, cinq cents concerts se sont tenus à travers la ville. Les passants étaient très intrigués, et pour la plupart agréablement surpris. C’est exactement ce que l’on voulait. Je crois que c’est un très bon début. Il faut être conscient que lancer un festival de musique de ce genre, sans couleur musicale bien définie n’est pas aussi évident que de lancer un festival de jazz

France-Amérique : En France, la fête de la musique existe depuis vingt-cinq ans, 340 villes le célèbrent déjà à travers le monde. Pourquoi avoir attendu pour si longtemps pour la lancer à New York ?

Steven Swartz : Ici il y a de nombreux challenges. Les New Yorkais n’ont pas l’habitude d’organiser des événements spontanés. Tout doit être planifié longtemps à l’avance. Chanter dans un bar ou dans un espace public ne requiert pas les mêmes démarches administratives.

Il y a une autre différence majeure avec la France. ‘Make Music New York’ est une initiative privée et non gouvernementale. C`est Aaron Friedman qui a importé l’évènement de France. L’année dernière, il a eu l’occasion de rencontrer les organisateurs de la fête de la musique et il s`est dit ‘quelqu’un doit tenter l`expérience, j`y vais !’ Il a alors fallu convaincre le département des affaires culturelles et s`assurer que la police. La difficulté a également été de trouver des fonds.

France-Amérique : Que comptez-vous changer pour la prochaine édition ?

Steven Swartz : Je pense que la priorité est de récolter plus de fonds et d’organiser une vrai campagne de communication autour de l’évènement. Cette année nous avons passé plusieurs mois à faire exister ‘Make Music New York’, maintenant il faut le vendre au public. L’équipe doit s’étoffer et se structurer davantage, Cette année, elle était composée d’étudiants volontaires de l’université de NYU. Nous étions une dizaine seulement à nous occuper de tout planifier. Pour améliorer l’évènement il faudrait aussi uniformiser la procédure d’inscription.

Propos recueillis par Charlotte Velut

 

La 1ère Fête de la musique de New York

surprend, agréablement, les passants

Nombre de musiciens new-yorkais, profitant de la 1ère édition locale de la Fête de la musique, ont branché jeudi leurs amplis dans les rues et offert un interlude musical à des passants souvent surpris.

 

Au pied des gratte-ciel du quartier d’affaires de Midtown, Larry Stevens, avisé de l’événement par son manager, remplit de ses chansons rock un square chaque jour bondé d’employés dévorant leurs sandwiches. "C’est incroyable, les gens adorent, c’est très positif", commente le guitariste. Lancé par un jeune créateur d’événements new-yorkais sur le modèle de l’événement créé en France en 1982, "Make Music New York" ("Faites de la musique, New York!") annonçait pour jeudi des centaines de concerts gratuits, amateurs et professionnels. En ce jour de semaine et alors que la Fête n’a reçu des autorités que la permission de 22h00, l’heure semblait surtout aux professionnels, qui bénéficiaient pour l’occasion d’une autorisation exceptionnelle de brancher leurs amplificateurs dans la rue.
Installée sur un trottoir près de la New York University (NYU), Jilli Dart est venue de Los Angeles pour présenter pendant quatre heures sa musique et son projet "Spacekitti". "C’est toujours difficile de pouvoir jouer (dans la rue). Là, c’est grâce à la Fête de la musique".

Ce genre d’événement "est rare, c’est la première fois et les gens sont un peu surpris", dit Dianne Carr, qui a organisé un concert pour enfants en face du siège de l’ONU et espère plus de monde pour l’an prochain. "Il faut qu’on rattrape l’Europe!". A Washington Square, Jack Lang, créateur de la Fête il y a 25 ans, est venu soutenir cette première édition. Dans un coin, un quatuor de jazz crée un attroupement, dans un autre un guitariste joue pendant que son épouse vend quelques disques. "C’est très sympa", relève Jack Lang, pour qui il faudra cependant donner le temps à la fête de se développer: "Ca ne se décide pas par décret, il faut que la bonne parole se propage, que les musiciens professionnels apportent leur contribution, que ce soit soutenu par les médias." "New York est à la fois une ville très libre et très ordonnée", ajoute-t-il, relevant qu’"il est embêtant que ça s’arrête à 22h00. Mais si l’idée prend, cela sera peut-être bousculé".


Parmi les spectateurs, Itsi Atkins dit qu’il "adore": "J’aimerais qu’il y ait plus d’événements comme ça". Il ajoute cependant qu’il préfèrerait des concerts en acoustique, histoire de ne pas effrayer les riverains: "Les hauts-parleurs, cela peut nuire. Il y a désormais tant de règles dans ce pays que vous ne pouvez plus vous exprimer librement!". Mark Elmore, qui comme beaucoup n’a pas entendu parler de l’événement, se montre agréablement surpris. "New York est une ville où les gens marchent, où il y a du monde dans les rues. C’est tout à fait le genre d’endroit où cela peut marcher", relève ce jeune professeur de la NYU.

 

 

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