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La savoir-faire français séduit le marché de la lingerie à New York

Depuis lundi et jusqu’à mercredi, le salon Curve dédié à la lingerie a fait une halte à New York après Las Vegas. L’occasion pour 17 marques françaises de continuer à se positionner sur le marché américain.

Une semaine après la Fashion Week de New York, et après le salon Curve de Las Vegas,  ce sont les marques de lingerie qui ont gagné la Grosse Pomme à l’occasion du salon Curve de New York organisé depuis trois ans par deux Français, Laurence and Jean-Luc Teinturier.

Pendant trois jours, 221 marques de sous-vêtements, maillots de bains et autre prêt-à-porter de nuit ont présenté leur collection automne/hiver 2011 avec l’objectif de séduire les réseaux de distribution et les grands magasins américains. Parmi ces exposants, 17 Français, rassemblés sous la bannière Lingerie française, une association dont le but est de promouvoir les corsetiers hexagonaux à l’international.  « Les marques de lingerie françaises ont une place très haut de gamme sur le marché américain », explique Anne-Laure Linget, responsable internationale pour la Fédération de la maille et de la lingerie.

Des marques qui ont compris, un peu tard, que les mensurations des mannequins n’étaient pas la seule loi aux Etats-Unis. «  Il y a une tendance globale à agrandir les tailles, face à l’augmentation générale des poitrines »,  ajoute la représentante. Le savoir-faire français s’adapte donc aux formes généreuses, en allant jusqu’au bonnet H, tout en gardant ce côté glamour qui a fait sa réputation. « C’est assez culturel, dans les pays latins, il faut que tout le monde soit dans une norme. Aux Etats-Unis, les gens sont plus tolérants sur les différences physiques », continue Tiffany Berrier, qui gère la marque Chantelle aux Etats-Unis.

Quand glamour rime avec body shaping

Paradoxalement, l’autre tendance, c’est celle du shape wear, ces sous-vêtements qui permettent de renforcer les courbes tout en corrigeant les défauts. « Le fitting est aussi devenu une vraie expertise », souligne Anne-Laure Linget. « Les entreprises françaises de lingerie sont en pleine réflexion et elles recherchent la technicité car elles ont compris que c’était un marché porteur. » Alors place à la lingerie qui sculpte les corps pour en effacer les imperfections. Dépassés les push-up et leurs strings coordonnés. On retrouve de plus en plus des lignes très retro faisant la part belle aux soutiens-gorges foulard ou en coque – pour dissimuler les pointes de sein -,  aux shorty moulants et autres culottes hautes à l’image de la dernière collection d’Aubade.

La marque Simone Pérèle a collaboré avec un chirurgien esthétique afin d’améliorer le confort des sous-vêtements jusqu’à même ne plus les sentir. Chantelle travaille quant à elle sur de la lingerie thermoformante, qui sous l’action de la chaleur permet au soutien-gorge de s’adapter à la forme du sein. Enfin, Empreinte vient de lancer Diva, une ligne de guipure moulée donnant un effet invisible. « C’est très important ici que l’on ne voit pas les coutures », insiste Paul Fabrizio, le directeur de la maison pour l’Amérique du Nord.

Au niveau des coloris, le marché restera conservateur pour l’automne/hiver prochain. A côté du noir, du peau et du blanc, les clientes américaines retrouveront des tons de prune, bleus foncé ou kaki dans les rayons lingerie.

 

Ces marques françaises qui partent à la conquête de l’Ouest :

Pull-in, les ludiques de l’underwear

C’est avec la mode du pantalon taille basse, que Pull-in, avec ses bandes larges et ses tissus en lycra, s’est fait une réputation aux Etats-Unis. La marque possède depuis deux ans une boutique à New York et une à Los Angeles. « Ces deux magasins étaient pour nous des vitrines. Nous allons bientôt ouvrir des bureaux sur Bowery », confirme Guillaume Baché, responsable commercial. « On aimerait aussi s’associer à des artistes américains pour créer une ligne axée sur les besoins de la population de ce pays. » L’entreprise était une des seules à représenter les dessous de ces messieurs lors du salon. Pull-in aura donc une carte à jouer puisque le marché de la lingerie masculine reste quant à lui une affaire américaine.

Emilie Cousteau, la petite nouvelle

Emilie Cousteau, la petite nièce du commandant Jacques Cousteau,  participait pour la première fois au salon. Avec sa marque éponyme, elle crée depuis un an et demi des chemises de nuit, robes de maternité, de chambre ou d’hôtesse, inspirées des différentes modes de l’Histoire française. « C’est pour cette raison que tout le monde m’a dit de venir aux Etats-Unis. Je travaille pour l’instant beaucoup à l’export, notamment dans les pays de l’Est et les pays du Golfe, pour des clientes qui ont en moyenne 30 ans »,  explique-t-elle. L’époque du Directoire mais aussi la Renaissance ou le XIXe siècle inspire beaucoup cette jeune designer qui réfléchit à une ligne de deshabillés haute-couture avec des pierres précieuses pour la prochaine saison.

Gerbe, le retour des collants

C’est une renaissance pour les collants Gerbe aux Etats-Unis. Autrefois, la marque y était développée grâce à la licence Dior. « Lorsque la maison a stoppé ses licences il y a une quinzaine d’année, le marché américain s’est fermé pour nous », explique Audrey Ramage, assistante pour le développement à l’export. « Il y a des gens qui nous cherchaient depuis car les Américains aiment ce côté un peu ce côté glamour à la française mais aussi sexy chic comme dans Moulin Rouge. » La nouvelle collection sera présentée lors du défilé de Gaspard Yurkievich, le 4 mars prochain dans le cadre de la Fashion Week à Paris.

 

Pour en savoir plus :

http://www.la-federation.com/

http://www.curvexpo.com

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