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La seconde chance américaine d’Ajinça

Revenu en NBA après un premier passage infructueux entre 2008 et 2011, le pivot international français Alexis Ajinça prend un nouveau départ sous le maillot des New Orleans Pelicans, en Louisiane. Il espère ainsi affirmer ses ambitions dans la meilleure ligue de basket du monde.

“En 2008, j’avais 20 ans et je n’écoutais pas vraiment ce que les entraîneurs me disaient. Aujourd’hui, je suis plus mature et surtout disposé à écouter tous les conseils que l’on me prodigue”, admet Alexis Ajinça du haut de ses deux mètres dix-sept. Dernier joueur français en date à intégrer la NBA, après avoir rejoint les New Orleans Pelicans en décembre, le natif de Saint-Etienne souhaite s’imposer sur les parquets nord-américains.

Recruté en 2008 par les Charlotte Bobcats pour sa grande taille et sa vivacité de jeu, la première aventure du joueur en NBA tourne pourtant au vinaigre. “C’était un rêve pour moi de jouer dans la meilleure ligue du monde, mais j’ai vite déchanté” se rappelle-t-il. “Je sentais que je ne progressais pas et que ma carrière était au point mort car je ne jouais quasiment pas. Pour un jeune joueur, il est important d’avoir du temps de jeu mais j’étais extrêmement frustré car les matches s’enchaînaient et je passais mon temps sur le banc des remplaçants”.

Transféré deux ans plus tard aux Dallas Mavericks où il rejoint deux autres joueurs français, Rodrigue Beaubois et Ian Mahinmi, Ajinça poursuit sa route au Texas. “J’avais changé de maillot mais je ne bénéficiais toujours pas de la confiance de mon entraîneur. La présence de Rodrigue et Ian m’a permis de tenir le coup”, affirme-t-il.

Cinq mois seulement après son arrivée au Texas, il est de nouveau transféré, cette fois-ci au Toronto Raptors. Une fois de plus, il est relégué au banc. En fin de contrat à l’été 2011, celui qui fut considéré autrefois comme l’un des plus grands espoirs du basketball français avec l’actuel joueur des Portland TrailBlazers Nicolas Batum, quitte la NBA par la petite porte, sans faire de bruit. Ajinça, qui a vécu une dernière saison américaine difficile avec la perte de son père et de son grand-père, a du mal à remonter la pente. “J’étais très déçu et un peu perdu. Un soir, vous êtes en NBA, et le lendemain, vous vous retrouvez sans contrat. C’est très difficile à gérer, surtout pour moi qui n’avais que 23 ans et qui rêvais de m’imposer dans cette ligue”, se souvient-il.

Partir pour mieux revenir

De retour en France à Hyères-Toulon puis à Strasbourg, Ajinça retourne à la case départ. Déterminé à reprendre sa carrière en main, il décide de travailler avec un préparateur mental et de mettre les bouchées doubles en Alsace, où l’entraîneur Vincent Collet, sélectionneur de l’équipe de France, lui fait rapidement confiance. “Vincent m’a tout de suite mis à l’aise et j’ai vite repris le goût de la compétition. Si je suis là aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à lui”, admet le pivot. Après deux saisons et demie sur les bords du Rhin couronnées de succès, Alexis Ajinça attire de nouveau l’attention des recruteurs américains.

Plusieurs franchises le contactent et les New Orleans Pelicans décident de lui ouvrir de nouveau les portes de la NBA en lui proposant un contrat de deux ans. “J’étais comme un fou” précise le joueur, “c’est une seconde chance pour moi et je donne mon maximum pour prouver que j’ai ma place dans cette ligue”. Conseillé par les superstars françaises Tony Parker, Boris Diaw et Nicolas Batum, Ajinça est aujourd’hui plus mûr, plus serein mais aussi plus expérimenté. “J’échange avec eux presque toutes les semaines. C’est important pour moi, ils me prodiguent de très bons conseils sur le jeu, sur la gestion des efforts et me soutiennent lorsque je traverse une période difficile. J’ai beaucoup de chance de pouvoir compter sur eux, ils sont en quelque sorte mes grands frères en NBA”, ajoute le pivot.

Le joueur dit aussi apprécier la culture francophone de La Nouvelle-Orléans. “Je vis dans le centre-ville où j’apprécie l’influence française” avoue-t-il. “L’héritage français est présent dans les noms des rues, on le retrouve aussi dans certaines expressions locales. C’est comme un petit coin de France aux Etats-Unis. Même la mascotte du club s’appelle… Pierre !” précise Ajinça, surnommé “Flying Eiffel Tower” par certains de ses coéquipiers. “J’aime aussi la culture populaire de la ville et les spécialités locales. J’ai d’ailleurs goûté il y a peu à la viande d’alligator”, sourit le géant français.

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