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La Seconde Guerre mondiale revisitée

Après Ken Burns et son documentaire sur la Grande Guerre, Robin Massee réalise un reportage sur le même thème, « A Hero’s welcome ». Chacun porte un regard nouveau et différent sur cette tragique et douloureuse période du XXe siècle.

Robin Massee a toujours été partagée entre deux pays : la France, où elle a fait une partie de sa scolarité car ses parents y habitent, et les États-Unis où elle est née et où elle vit. Elle a donc choisi d’être directrice de la communication à la Maison de la France aux États-Unis. Son travail : promouvoir la France et faire venir les touristes français. Ce qui fonctionnait très bien jusqu’en 2003…début d’une période de froid entre la France et les États-Unis.

Il a donc fallu réconcilier Français et Américains. D’où un premier film en 2003, « Let’s fall in love again ». Et un deuxième film de dix minutes un an plus tard à l’occasion du 60e anniversaire du débarquement des Américains en Normandie. Quoi de mieux pour réconcilier les deux pays que de montrer que la France et les États-Unis  étaient alliés dans la même guerre quelques dizaines d’années avant celle d’Irak sinon l’image des Américains venus secourir les Français ?

En France, Robin Massee a suivi des vétérans américains à plusieurs occasions : certains s’étaient déplacés pour le 60e anniversaire du « D-Day », et d’autres avaient été invités pour recevoir la Légion d’honneur. Robin Massee s’est attachée à ces gens, de jeunes soldats à l’époque du débarquement, et l’idée d’un troisième film est née. La réalisatrice a voulu faire vite car 1000 vétérans américains de la Seconde Guerre mondiale meurent tous les jours.

En voyant la façon dont les Normands cultivent le devoir de mémoire par rapport aux Américains et leur manifestent une éternelle reconnaissance, la réalisatrice de A Hero’s welcome a voulu se concentrer sur l’amitié franco-américaine. Le documentaire est divisé en trois parties de trois demi-heures chacune : l’amitié, la gratitude et le souvenir. A Hero’s welcome montre de nombreux témoignages : de vétérans américains qui ont vécu le débarquement, et de Normands qui ont vu arriver leurs « héros ». On voit aussi des enfants qui accueillent les vétérans, organisent en leur honneur un spectacle où ils les invitent à danser et où des amitiés se créent malgré les différences d’âge et de langue. Deux invités d’honneur sont présents dans le documentaire : Anne d’Ornano, présidente du conseil régional du Calvados et le  journaliste américain Tom Brokaw, auteur en 1998 de The Greatest Generation (La plus grande génération) sur les combattants de la  Seconde Guerre mondiale.

Robin Massee n’est pas la seule à se pencher sur cette sombre période. Ken Burns, après un documentaire sur  la guerre civile américaine (1861-1865) en 1990, vient de réaliser un documentaire en sept parties intitulé La Guerre, dont le premier épisode a été diffusé dimanche soir sur PBS. Il a voulu « raconter une histoire sur la Seconde Guerre mondiale, qui n’avait jamais été racontée avant ». La durée de ce reportage qui se concentre exclusivement sur une vision américaine de la Grande Guerre est certainement la nouveauté de ce reportage.

À l’inverse de Robin Massee, dont le documentaire a  été filmé principalement en France,  Ken Burns a choisi quatre villes américaines au hasard, et a demandé à une quarantaine de personnes de quelle façon elles avaient vécu la Grande Guerre. Le réalisateur espère que son reportage, A Hero’s welcome, suscitera un intérêt considérable afin de trouver un distributeur pour le diffuser.

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