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Label aventure musicale de Laurent Masset

Arrivé à New York en 2001, Laurent Masset a ouvert il y a un an son propre label dans l’optique de produire des artistes européens aux États-Unis. Un pari audacieux mais en bonne voie notamment grâce au succès en France et aux États-Unis du DJ Wax Tailor.

Laurent Masset, pas encore la quarantaine, n’en est pas à son premier coup d’essai dans l’industrie musicale. Et lorsqu’il a décidé, il y a un an, d’ouvrir un label indépendant pour produire des artistes européens aux États-Unis, il savait qu’il y avait un bon filon. « Il y a trois ans, les sociétés d’importation de disques ont fermé. Les Européens n’avaient plus de réseau de distributions aux États-Unis. Des portes se sont ouvertes. »

Cela fait maintenant quinze ans que Laurent Masset travaille dans l’industrie musicale. Tout a commencé pour lui en France à FCOM, label du DJ Laurent Garnier, et à l’origine des premiers tubes techno. Mais son attirance de toujours pour les États-Unis, « là où est vraiment née la musique électronique », va le pousser à tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. « Je suis parti à San Francisco avec ma valise, sans visa, pour implanter le label FCOM aux États-Unis. » Mais l’aventure va tourner court, lorsque quelques mois plus tard, FCOM le « lâche » et décide de s’associer à un label local américain. Décidé à rester aux États-Unis, et marié entre-temps, Laurent Masset s’installe à New York en 2001 et travaille pour différents labels underground américains et français, puis atterrit en 2005 chez Decon, fameux label de hip-hop. « De fil en aiguille, j’ai eu envie de me lancer seul. J’avais commencé à développer un réseau. » Il décide de créer le label « Le Plan Music » avec pour objectif de faire signer des artistes européens indépendants aux États-Unis. « Je ne signe que des indépendants, c’est-à-dire des groupes sans contrat. Pour moi, c’est important, et puis c’est la seule manière de débuter en solo. »

Pour l’heure, Laurent Masset a déjà fait signer trois artistes : Arnaud Rebotini, The Penelope[s] et surtout Wax Tailor, un DJ en vogue actuellement en France. « Il y a trois ans, j’avais signé le premier album de Wax Tailor aux États-Unis en faisant un deal avec la boîte où je travaillais, Decon. J’ai fait deux albums avec eux. Au moment où est arrivé le troisième album, je me suis dit qu’il était temps de passer à une échelle intensive. » Et le succès fut au rendez-vous avec 20 000 CD vendus aux États-Unis pour le premier album alors que la rentabilité se situait à 3 500 copies. « C’est ce qui m’a permis de produire pas mal d’autres choses après ! » Pour le troisième album que Laurent Masset a produit sur son label, le point de chute se situe à 10 000 copies. Pour l’instant, la moitié du chemin a été parcourue, mais « ce sont des albums qui se vendent sur la durée, assure-t-il. Je devrais être tranquillement rentable l’année prochaine. La grosse différence entre le marché américain et français, c’est qu’ici, les disques se vendent encore ! »

Laurent Masset est néanmoins conscient qu’en se lançant en solo dans la jungle new-yorkaise, rien ne sera facile. « Le problème à New York, c’est que tout est très surveillé. Donc pour avoir un groupe un peu reconnu sur la scène new-yorkaise, il faut soit mettre plus d’argent que ton voisin, soit être ami avec eux. Dès qu’un artiste commence à faire 300 personnes dans un café, c’est terminé. En tout cas pour le moment, parce que je débute. » Mais il estime que sa démarche de se concentrer sur des indépendants lui donne autant de chance par rapport aux labels américains de faire signer certains artistes. « Pour le moment, je me bats avec d’autres armes. Je reçois assez peu de démo parce que je suis récent donc il faut que j’aille démarcher des artistes ». Il est actuellement en contact avec plusieurs musiciens européens, donc un groupe de hip-hop français, mais il souhaiterait également commencer à produire des groupes américains. « Deux rappeurs m’intéressent beaucoup. Je me rends compte que je n’ai pas envie d’être confiné dans du franco-français ».

Pour le moment, il n’envisage pas de quitter New York. « J’aime ma vie ici. Culturellement, je me retrouve dans cette ville. Beaucoup plus qu’à San Francisco où au bout d’un an, je n’en pouvais plus. » Un retour en France n’est pas non plus d’actualité, même si la perspective d’une filière d’Américains voulant percer en France pourrait le faire revenir.

http://leplanmusic.com/

 

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