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L’Alliance française de Miami menacée d’expulsion

Samedi 28 mai, un groupe d’artistes de Miami a lancé une pétition par email pour soutenir l’Alliance française. L’institution, existant en Floride depuis 1969, est en effet menacée de quitter le bâtiment dans lequel elle s’est installée en 2007, sur Calle Ocho.

Des rumeurs de problèmes financiers couraient depuis quelques semaines autour de l’Alliance française de Miami (AFM). Samedi, une pétition lancée par un groupe d’artistes indépendants et proches de l’institution a confirmé les doutes. L’association à but non lucratif est menacée de quitter son bâtiment suite à des difficultés pour payer son prêt.

Auparavant installée dans le quartier de Coral Gable, l’Alliance française (AF) déménage fin 2007 sur Calle Ocho, surnommé « Little Cuba », non loin du quartier d’affaires de Brickell. Là, dès 2004, la structure avait conçu un projet immobilier, qui avait été retardé suite aux ouragans de 2005 et à des mises en conformité obligatoires du permis de construire. Entre l’acquisition du terrain et  la construction du bâtiment, la facture s’élevait à près de 5,6 millions de dollars. Le paiement devait être assuré grâce à un apport de 2 millions de dollars, une subvention du gouvernement français de 600 000 dollars et un prêt bancaire de 3,6 millions contracté auprès de  la Mercantil Commercebank.

« A l’époque, il était convenu de rembourser l’emprunt grâce aux loyers générés par un restaurant, une librairie, un salon de coiffure, un représentant de cognac, une agence de  voyage et le centre culturel italien Dante Alighieri qui avaient pris un bail dans le bâtiment », explique Jean-François Chénin, le directeur de l’AFM.

Un prêt de 3,6 millions de dollars difficile à rembourser

Problème, avec la crise immobilière déjà bien engagée fin 2007, ce modèle économique s’effondre, empêchant alors les locataires d’honorer leurs dûts et, les obligeant à partir. Les arrivées successives de Odli, une organisation assurant la promotion de la langue italienne dans les écoles, et de la Délégation générale de l’Alliance française ne suffiront pas à redresser la barre.

L’Alliance de Miami doit alors renégocier les mensualités de son prêt, dans un premier temps de 18 000 à 15 000 dollars, puis de 15000 à 11000 dollars, comptant de plus en plus sur l’autre principal revenu de l’association, à savoir ses cours de langue française. « Mais la crise a également touché notre clientèle à 70% hispanophone », souligne celui qui est aussi le délégué général de l’AFM. Avec ses 2 000 étudiants, la 4e Alliance du réseau américain tente alors, en septembre 2009, de trouver un accord avec la banque vénézuélienne. Un délai de tolérance est alors délivré, obligeant l’établissement francophone à refinancer sa dette de 3,6 millions de dollars avant la fin du mois d’avril 2011.

Les tentatives auprès de banques françaises et américaines débouchent sur une impasse, qui conduit la Mercantil Commercebank à mettre l’AFM en forclusion au lendemain de son ultimatum. « Mais je tiens à dire que depuis le début de la réalisation de ce projet, la banque a toujours essayé de nous aider en étant patiente », assure la direction.

Une pétition et le soutien du consulat général de France

Dans les mois à venir, la justice devra decider du sort de l’affaire. Pour l’instant, les avocats des parties respectives tentent de trouver une solution à l’amiable. Une procédure longue qui ne menacerait cependant aucun emploi.

Aujourd’hui, c’est un appel au secours que lance l’AFM afin de payer sa dette, en recherchant des sponsors, des mécènes, des institutions, ou des personnes privées prêtes à l’aider, ainsi que des locataires pour refaire vivre « ce petit village ».  Samedi, un groupe d’artistes indépendants et de professeurs ni Français, ni membre de l’association a même lancé une pétition sur Internet « pour garantir la pérennité de l’Alliance Française dans ses locaux actuels, de manière à ce qu’elle puisse continuer le plein fonctionnement de ses activités culturelles. » Hier, elle avait déjà recueilli près de 2 608 signatures. « L’Alliance joue un vraie role à Miami en contribuant à reserrer les liens qui unissent les diverses communautés du Sud de la Floride », insiste Daniel Viñoly, l’un des porte-paroles.

Au courant de cette situation délicate, le consulat général de France à Miami a réitéré son appui à l’Alliance Française. C’est d’ailleurs dans ses locaux qu’il organisera les célébrations de la fête nationale, le 14 juillet prochain.

Pour en savoir plus:

http://www.ipetitions.com/petition/afmiami/

 

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