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L’art des Indiens des Plaines à New York

Après un passage au Musée du quai Branly à Paris, l’exposition Indiens des Plaines, qui rend hommage à l’art des tribus des grandes plaines du centre des Etats-Unis, arrive à New York au Metropolitan Museum.

Après les premières explorations de Jacques Cartier, Samuel de Champlain au Québec, et de Cavelier de la Salle (explorateur de la vallée du Mississippi et de la région des Grands Lacs), la France établit au XVIIIe siècle son empire colonial aux Etats-Unis, surnommé alors la “Nouvelle France”.

Dans ce cadre, des rencontres ont eu lieu avec les ­Indiens. En échange de billes de verre, de miroirs et de métaux, ces Français achètent des peaux de castor et de bison. Les colons marins ont ramené ces “curiosités” en France, alors considérées comme des “sauvageries”. Ces pièces ont été conservées dans les collections royales et les cabinets de curiosités des aristocrates avant d’arriver jusqu’à nous.

Les Français parmi les premiers collectionneurs d’art indien

Pour donner une autre vision des Indiens des Plaines, le Musée Branly a rassemblé 140 œuvres d’art provenant de musées américains et européens : éventails, calumets, mocassins, peaux peintes, tuniques de guerre. Parmi cette panoplie d’objets (issus de tribus cheyennes, sioux, blackfeet, comanches, pawnee, …) figurent de grandes coiffes de plumes d’aigle, à l’origine réservées à la guerre.

L’une d’entre elles, constituée de laine et de petites perles bleues importées par des Européens (voir couverture du magazine) aurait appartenu au grand chef sioux Red Cloud. Autre pièce maîtresse de cette exposition, la “Peau des trois villages”, une peau de bison peinte, attribuée aux Indiens quapaw qui vivaient dans la vallée du Mississippi. Exceptionnelle par sa rareté, cette peau datant de 1740 raconte l’itinéraire d’un groupe d’Indiens guerriers qui traverse un fort appelé Arkansas, construit par des Français et qui va combattre une autre tribu armée de fusils. Le village a depuis donné son nom à l’État de l’Arkansas.

“Avec la conquête de l’Ouest, les massacres, les épidémies, et la mise en réserves de tous ces peuples, les Indiens ont failli disparaître”, rappelle André Delpuech, responsable des collections Amériques au Musée du quai Branly. On considère qu’il ne restait plus que 250 000 ­Amérindiens aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, quand il y en avait plusieurs millions à l’arrivée des Européens. “Il y avait une volonté d’éradiquer leur culture.”

L’art des Indiens des Plaines a cependant survécu et connaît à partir du XXe siècle une nouvelle période faste. L’exposition montre ces œuvres d’artistes indiens contemporains, inspirées par les créations traditionelles. Beaucoup rappellent l’esthétique plus ancienne, comme une magnifique robe de femme en cuir et perles de verre tissées, réalisée en 2005 par la danseuse sioux Jodi Gillette pour ses spectacles.

“Le parti pris de l’exposition, c’est de montrer que, au-delà de ces vicissitudes, l’art amérindien s’est maintenu, montre une certaine continuité, traverse ces périodes tragiques de la mise en réserves et des guerres indiennes et va se redévelopper, se revitaliser même au XXe siècle”, conclut André Delpuech.

Indiens des Plaines, au Metropolitan Museum of Art à New York, du 3 mars au 10 mai 2015.

Article paru dans le numéro de France-Amérique de juin 2014.

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