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Laurent Fabius reproche à Barack Obama de ne pas avoir frappé la Syrie

Le régime syrien a utilisé à 14 reprises des armes chimiques, notamment du chlore, depuis octobre, a affirmé mardi à Washington le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, disant aussi “regretter” que les Etats-Unis n’aient pas frappé la Syrie l’été dernier.

“Nous avons des éléments, au moins 14 éléments, qui montrent que dans les semaines récentes, de nouveau des armes chimiques en plus petite quantité ont été utilisées, notamment du chlore”, a déclaré M. Fabius lors d’une conférence de presse. “Nous avons des témoins crédibles pour l’usage d’agents chimiques, avec au moins 14 recours (…) depuis le 25 octobre 2013”, a ajouté le chef de la diplomatie française, s’exprimant en anglais. “Nous sommes en train de faire examiner les échantillons qui ont été prélevés”, a-t-il précisé.

Simultanément, l’organisation américaine Human Rights Watch (HRW) a affirmé aussi mardi qu’il existait des preuves solides d’attaques au chlore, menées par le régime syrien dans trois villes à la mi-avril. Laurent Fabius a reconnu que “92% des armes chimiques (syriennes avaient été) détruites”, sous l’égide de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) conformément à une résolution de l’ONU de l’automne dernier. Mais “nous avons beaucoup d’éléments qui nous amènent à penser qu’un certain nombre de ces armes chimiques ont été dissimulées”, a accusé le ministre français.

En visite officielle à Washington, et à la sortie de son entretien avec le secrétaire d’Etat John Kerry, Laurent Fabius est par ailleurs revenu sur les frappes contre la Syrie prévues l’été dernier par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni et qui avaient été abandonnées par le président Barack Obama à la dernière minute. “Nous le regrettons parce que nous pensons que ça aurait changé beaucoup de choses, à beaucoup d’égards, mais c’est un fait et nous n’allons pas reconstruire l’Histoire”, a-t-il affirmé devant la presse.

A l’époque, “il s’agissait de l’utilisation massive des armes chimiques. Et à l’époque un grand dirigeant avait dit c’est la ‘ligne rouge'”, a rappelé M. Fabius, en lançant une pique en allusion à la formule utilisée par le président Obama. Des diplomates français et américains n’avaient pas caché en privé que la décision soudaine de M. Obama de renoncer à une action militaire contre la Syrie avait provoqué l’irritation de Paris et des tiraillements entre les deux alliés. Le président américain avait ensuite convié son homologue français François Hollande en visite d’Etat à Washington en février dernier.

Mardi, un haut fonctionnaire américain a répliqué à la critique de Paris, vantant au contraire la destruction de la grande majorité de l’arsenal chimique syrien. “Rien ne prouve qu’une frappe nous aurait permis de supprimer cette quantité d’armes chimiques”, a répondu ce responsable. “Nous continuons donc de croire que c’était la bonne mesure, une mesure efficace qui nous a permis d’empêcher Assad d’utiliser ces armes chimiques pour brutaliser son propre peuple”.

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