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Laurice Rahmé capture l’essence de New York avec Bond n°9

Laurice Rahmé est une femme d’affaires mais Bond n° 9 est avant tout une histoire de cœur : la déclaration d’amour d’une Française à New York, qu’elle décline depuis 2003 avec des parfums qu’elle a baptisés d’après les quartiers de la Grosse Pomme.

Laurice Rahmé trouve son inspiration dans les pages de la rubrique immobilier du New York Times qu’elle parcourt chaque samedi. Une mine de renseignements pour celle qui balise depuis plus de cinq ans la carte de New York avec ses flacons de parfums… Soho, Harlem, Madison Avenue, Central Park : seize quartiers d’abord pour rendre hommage à la ville frappée par les attentats du 11 septembre. « Même trois mois après, il y avait toujours cette odeur indescriptible qui persistait, surtout avec les vents qui remontaient de Downtown… » se souvient-elle.

Sous le coup de l’émotion, cette femme de tête a alors l’idée, qu’elle estime très française, de créer un parfum dont le thème serait New York, comme Yves Saint Laurent l’avait fait avec Rive Gauche ou Guerlain avec Champs Elysées pour Paris. « Au début, je pensais juste développer une petite ligne pour les New-Yorkais », explique-t-elle. Laurice Rahmé possédait déjà à l’époque une boutique au no. 9 sur Bond Street et une autre sur Madison Avenue. Elle avait fait ses armes dans la cosmétique chez L’Oréal avant  de  devenir présidente de Creed USA puis de diriger la division américaine de Annick Goutal. De solides références. « Mais  je n’avais pas de budget. Par contre beaucoup de créativité. J’ai contacté les plus grands nez de la profession, comme Maurice Russel ou Michel Almairac  et je les ai défiés de sélectionner un des  quartiers et d’en faire un parfum… » Pas de partition imposée pour ces artistes qui se comparent parfois à des musiciens, sauf  la keynote…. « Par exemple pour Harlem c’était une note de café. », précise-t-elle. Mais pour les matières premières, qui déterminent le prix du « jus », ils ont eu carte blanche.

La gamme d’abord vendue aux États-Unis dans ses boutiques  et la chaîne des magasins Saks Fifth Avenue s’est vite élargie puisqu’elle compte aujourd’hui 34 parfums. « On ne fait pas trop de communication autour de Wall Street », plaisante-t-elle en ouvrant le flacon noir et or. Un vendeur la rassure : « Les réactions ne sont pas forcément négatives… Ils préfèrent en rire… »

Laurice Rahmé a elle-même dessiné, « en deux secondes lors d’un meeting ennuyeux », la bouteille d’origine dont les courbes étaient censées représenter une silhouette. « Les Américains, eux, l’ont surnommé la “superstar”… »  Une étoile dont l’habillage est devenu au fil des années presque aussi important que le parfum lui-même avec certains flacons signés Andy Warhol – « C’est sa fondation qui m’a contactée », précise-t-elle.  Un mariage avec l’art qui par un effet ricochet inattendu, a permis de fidéliser une clientèle de collectionneurs à l’affut de nouveaux modèles, et ce à travers le monde.

Car ces parfums au design et aux notes si identifiables, ont vite connu un succès fulgurant à l’exportation. La marque a séduit aussi bien à Dubai, où elle est numéro 1, qu’à Tokyo,  une  anomalie quand on sait que les Japonais apprécient les parfums au sillage plus discret. Les Anglais aussi ont craqué pour Bond n°9, mais si en France les produits ont bien été distribués un  temps par Sephora, les ventes n’ont jamais décollé. Laurice Rahmé avoue chercher encore le bon distributeur et la formule gagnante.
En attendant, elle semble avoir trouvé celle qui immunise contre la crise grâce à son son sens inné des affaires. Avant les fêtes, sa société affichait une croissance de +17 %  alors que le secteur de la parfumerie marquait le pas. Elle venait de sortir une ligne de produits recession proof (anti-récession) à moins de 100 dollars en même temps  que des fontaines en crystal swarosky à 3 500 dollars pièce « qui se sont arrachés comme des petits pains. L’acheteuse de Saks n’y croyait  pourtant  pas ! »

Interrogée sur la résistance de Bond n°9 sur le marché de la parfumerie, Laurice Rahmé reste persuadée que son principal atout est, avec la soif de consommation inextinguible des Américains, son concept, « éternel comme New York ».  « Les quartiers évoluent et se réinventent »,  dit-elle faisant allusion au World Trade Center dont elle attend patiemment la renaissance pour mieux en capturer l’essence.

www.bondno9.com
www.warholfoundation.org

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