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Le Bastille Day le plus fou des Etats-Unis se tient à Philadelphie

Chaque année, la ville de Philadelphie ressuscite de façon loufoque la Révolution française de 1789. La ville a fait de la prison Eastern State Penitentiary sa Bastille locale. Le peuple s’y rebelle et Marie-Antoinette y perd annuellement la tête. Au menu, chansons, danses, blagues irrévérencieuses et décapitations… de pastèques.

L’histoire débute en 1994, quand la restauratrice Terry Berch McNally, en promenade sur le site du pénitencier de Philadelphie dans le quartier de Fairmount, avec quelques amis, s’avance baguette en main en s’écriant avec humour : “Nous allons prendre la Bastille !” Cette blague potache est devenue réalité. Chaque année, l’Américaine revêt les habits de Marie-Antoinette et avance jusqu’à l’échafaud sous les cris du peuple réclamant sa tête. C’est finalement une pastèque qui est guillotinée pour symboliser la chute de la souveraine, et avec elle, de la monarchie en France.

Gratuit et ouvert à tous, le Bastille Day d’Eastern State Penitentiary est devenu l’événement le plus fantasque de l’été à Philadelphie. Il accueille aujourd’hui plus de 6 000 personnes. Les choses ne sont pas faites à moitié : une réplique de guillotine trône sur la place. “Elle pourrait sans aucun doute décapiter quelqu’un”, assure Sean Kelley, responsable des programmes publiques de la prison qui a participé à sa construction. “La pastèque a été choisie car c’est avec elle que l’on testait les guillotines à l’époque”, précise-t-il.

Sur le site web de la prison est prodigué un véritable dress code à l’attention des particpants. Les aristocrates doivent avoir l’air “de porter des choses coûteuses. Tout doit vous aller à la perfection puisque cela a été taillé pour vous !” explique le site, “il faut miser sur la coiffure”, indique-t-il aussi. Tandis qu’il conseillera aux âmes révolutionnaires d’arborer le bonnet phrygien avec fierté.

“Irrévérencieux et drôle”

“C’est sans aucun doute la façon la plus folle de célébrer Bastille Day aux Etats-Unis. C’est irrévérencieux et drôle”, estime Sean Kelley. “Des acteurs incarnant Napoléon ou Benjamin Franklin entonnent des chants en chœur et se moquent allègrement de Marie-Antoinette. Les deux cultures sont mélangées. C’est aussi un clin d’œil à notre ville, son côté bizarre. Les acteurs font des blagues sur nos dirigeants et interagissent avec le public. Beaucoup de Français assistent à l’événement. J’entends souvent que cela ressemble à un 14-Juillet en France, parce que c’est une vraie célébration, ça ne resssemble pas aux événements institutionnels qui se font habituellement aux Etats-Unis”.

Lorsqu’elle ouvre ses portes en 1829, la prison est la plus grande et la plus coûteuse jamais construite aux Etats-Unis. Elle inspirera les suiveurs de la philosophie des Lumières qui tenteront d’y améliorer les conditions de vie carcérale, misérables à l’époque. Les méthodes des Quakers y étaient utilisées (isolement, travail, silence), afin de mener les prisonniers à la pénitence, d’où l’utilisation du terme “penitentiary”. Elle ferme en 1971, peu après avoir été reconnue monument historique et reste accessible aux visiteurs. On peut y visiter ce qui fut la première cellule d’Al Capone, décorée de moquette, de canapés et d’abat-jour.

Le programme des réjouissances inclut un spectacle de danse et de musique des Bearded Ladies, une compagnie de cabaret de la région. Elle prépare le public aux festivités en ligne, grâce à une vidéo : comment danser de façon révolutionnaire. De quoi s’entraîner pour l’an prochain.

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