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“Le cinéma français est vivant et très apprécié par le public américain” (Charles S. Cohen)

Pour ce quatrième jour cannois, rencontre avec le producteur américain Charles S. Cohen, 62 ans. Décoré aujourd’hui de l’Ordre du mérite, il préside la société Cohen Media Group, spécialisée depuis sa création en 2010 dans la distribution de films français aux Etats-Unis. La compagnie a sorti une quinzaine de films étrangers et indie sur le territoire l’année dernière. En partenariat avec Arte et Artline films, Cohen Media Group vient d’annoncer au pavillon UniFrance cet après-midi qu’il produira le documentaire Hitchcock/Truffaut, tiré des enregistrements des entretiens entre les deux réalisateurs pour le livre Le Cinéma selon Alfred Hitchcock (1966). Le documentaire est écrit par le président de la Cinémathèque française, Serge Toubina, et réalisé par Kent Jones, actuellement directeur du New York Film Festival.

France-Amérique : Votre premier métier est celui de directeur de Cohen Brothers Realty Corporation, une société immobilière qui gère des propriétés à New York, en Floride, en Californie et au Texas. Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’industrie du cinéma ?

Charles S. Cohen : J’ai toujours été impliqué dans le cinéma. J’ai fait des court-métrages quand j’avais 16 ans. A 30 ans, j’ai écris TriviaMania (1985), un livre de quiz sur le cinéma. Lorsque j’ai atteint la cinquantaine, j’ai produit le film Frozen River (2008), qui a reçu le grand prix du jury au festival de Sundance. L’immobilier, c’est juste mon emploi quotidien. Les films ont toujours été ma passion.

D’où vient cet intérêt pour le cinéma français ?

Quand j’ai commencé à m’intéresser  aux films, il n’y avait pas d’école de cinéma. Je fréquentais une petite librairie à New York, Gotham Book Mart, qui vendait les meilleurs périodiques sur les films. Je me suis ensuite immergé dans les livres sur le cinéma. Dans le petit cinéma de la petite ville où je vivais, je me souvient d’avoir vu The Two Of Us (Le vieil homme et l’enfant, 1967) de Claude Berri. J’ai découvert un monde qui m’était totalement étranger. Les thèmes étaient pourtant universels. Le cinéma français n’est pas seulement une célébration de la culture française, c’est aussi une célébration de la vie en général. D’autres pays ont évidemment de grands réalisateurs, mais je pense que la France fait un travail extraordinaire, sur le long terme, pour promouvoir sa culture à travers son cinéma. Lelouch, Godard, Truffaut, tous ces maîtres ont forgé ma curiosité pour le cinéma.

Le cinéma français est-il une niche aux Etats-Unis ?

Pour réussir, il faut se concentrer sur une niche et devenir bon à l’intérieur de celle-ci. Tout ce que j’entreprends représente une niche. Je préfère faire peu et très peu de choses, plutôt que de proposer la quantité pour une qualité médiocre. Le cinéma français aux Etats-Unis est vivant et très apprécié par le public américain, souvenez-vous de The Artist (2011). La France ne manque pas de créativité.

Lorsque vous acquérez les droits d’un film, demandez-vous des modifications en vue de la sortie américaine ?

Jamais pour les films français. Ils sont bons tels qu’ils sont.

Vous achetez aussi des droits de remake. Quels sont vos projets en cours ?

Nous faisons le remake de La Proie (The Prey, 2011) d’Eric Valette en ce moment, en partenariat avec Dreamworks. L’histoire prendra cette fois place à Seattle. Je suis certain que le publie existe pour ce film. Si notre travail est bien fait, il donnera envie aux spectateurs de voir l’original.

Avez-vous le projet de ressortir des films français classiques issus de la Raymond Rohauer Film Collection, rachetée il y a quelques années ?

Depuis cette acquisition, nous faisons la restauration de films anciens pour leur préservation et leur ressortie aux Etats-Unis. La collection compte par exemple sept films de Chabrol, sur environ quarante films français relativement récents. Notre prochaine ressortie sera L’homme de Rio (1964) de Philippe de Broca, un film que j’adore depuis que je l’ai vu enfant.

Pourquoi avez-vous souhaité produire le documentaire Hitchcock/Truffaut ?

Dès que j’en ai entendu parler, j’ai sauté dessus. C’est un projet de rêve. Tous ceux qui s’y connaissent un peu en cinéma et apprécient Truffaut et Hitchcock voudront forcément voir ce film. A chaque fois que l’on peut mettre la lumière sur des cinéastes et faire comprendre les intentions des réalisateurs, cela procure une expérience supplémentaire de cinéma pour les spectateurs.

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